Appeler son ex

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Je l’ai bipé.

J’ai entendu “allô?”, et j’ai aussitôt raccroché, fichu réflexe de l’époque de notre rupture.

J’ai rappelé, mais ça a coupé, j’arrivai à la station de RER Auber, normal. Et puis ça a sonné. J’ai cru que c’était mon grand-père, le seul de mes proches qui ne sait téléphoner qu’en mode privé, mais qui gère son compte Insta comme un dieu, du haut de ses quatre-vingt six ans-je-vous-emmerde-tous-royalement, alors j’ai répondu, “hello hello”, toute joyeuse.

Oui?

Mais c’était bien mon ex, avec son timbre de voix d’ex, de mec mûr qui a su gérer la séparation en parfait adulte responsable, avec des baskets flambant neuves et un abonnement all inclusive  à la salle de sport la plus stylée du quartier. Et je me suis détestée d’avoir composé son numéro, qui même supprimé de mon répertoire, semblait gravé dans mon cortex.

Ce n’est que moi!

Euh, tu voulais me parler, ou bien, c’est une erreur?

Non, non, je voulais juste te souhaiter une bonne année.

Tu as conscience que c’était il y a six mois, le jour de l’An?

Ah…oui..

Et puis, j’ai…on m’attend là, en fait.

Toi, sortir un lundi soir?

Tu vois, c’est pour cela que ça ne fonctionne pas entre nous, tu es ultra-intrusive!

J’ai juste eu envie de prendre de tes nouvelles, c’est un crime maintenant, dans ton monde?

Tu vas me dire que je te manque, soudainement?

Bon, ok, je voulais t’annoncer une nouvelle, une bonne d’ailleurs.

Laquelle? Tu as eu ton permis?

Euh…non…(aïe! Vite, trouver un prétexte bidon pas trop bidon) j’ai adopté un…chat! Et il s’appelle Oliver!

C’est le prénom de mon petit-frère, tu as déjà oublié?

Ah oui? (et merde) Non mais moi, je me suis inspirée de Oliver, le chien-loup

Tu veux dire, Croc-Blanc?

Oui, voilà, c’est ça! D’ailleurs, ce n’était pas le surnom qu’on avait donné à cette fichue Caroline-je-ne-sais-pas-fermer-ma-gueule? Bref, on pourrait aller fêter ça, non?

Pff…cent quatre-vingt-deux jours…

Quoi?

Six mois, ça fait cent quatre-vingt-deux jours. Tout le temps qu’il m’a fallu pour apprendre à vivre sans toi…

Euh…

J’ai attendu cet appel jusqu’à en péter un câble, profitant d’aller à la piscine pour chialer sous l’eau comme un gosse.

Je, je…

Et puis je me suis rappelé de tes reproches, et je me suis mis au qi-qong, moi! Moi qui étais pro-gueuleton et full contact, je me suis mis à méditer, à ne jurer que par les steaks de soja, et le Bionade! Je lis Mishima et j’ai résilié mon abonnement à l’Equipe!

Attends… Tu m’as donc écouté, et tu as changé! Je n’avais pas raison, au final?

Oui, en quelque sorte, je te dois ce que je…attends, ne quitte pas…Caro, Caro, oui, je descends, chérie, c’est juste…c’est personne!

Du coup, j’ai raccroché.

Hier, j’ai appelé mon ex.

 

À poil.

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A quoi ressemblerait une fille canon ? Elle serait sportive, souriante, parfumée, parfaitement lookée ?
A quoi ressemblerait un mec canon ? Il aurait la mèche contrôlée, la chemise à la papa aux manches retroussées juste sous les coudes ?

Chez les Gens Pressés, c’est chaque jour que l’on essaye de dresser un portrait-robot exhaustif de la moitié parfaite, celle qui nous ferait indiscutablement tourner le menton au premier regard. Il n’y aurait plus les adeptes de Vincent Gallo ou de Jamie Dornan, les groupies de Georgia-May Jager ou de Naomi Campbell, non, juste un archétype enfin dévoilé, qui mettrait tout le monde d’accord…

Mais qu’en serait-il de la personne QU’IL NOUS FAUDRAIT ? Comment se décider, et décider si la personne assise en face de vous, dévorant un muffin bio est bien la bonne? Pour votre serviteur, une interrogation en forme de mot d’ordre : tous à poil ?

Samedi dernier, je demandais à un copain de se positionner clairement sur le sexe au premier regard. Et selon lui : “on appartient à une génération qui ne parvient plus à prendre son temps ». Well, well, well…

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Pourtant, il semble que le fait d’être nus vite et bien (ou pas!) dévoile aussi un bel idéal, celui de s’ouvrir sans ambages, sans attendre, en faisant fi du danger d’être très vite déçu. Au cœur de nos cités urbaines débordées, la fulgurance de la relation charnelle apparaît comme le dernier bastion d’une intensité sincère, véritable, que l’on peut « toucher ».

Comme un contre-poison au sulfureux qui nous entoure et nous écrase (publicités, séries, romans…), nous obligeant, peu à peu, à une plus grande pudeur de nos sentiments, de nos espérances, nous cédons volontiers à la mise à nu (au premier degré) imposée, transcendant ainsi les instants les plus parfaits.

Et malgré les écueils vertigineux que cela implique, il ne semble y avoir aucun doute : c’est à nu que tout est dit, c’est à nu qu’on a la sensation de caresser les âmes, du bout des lèvres, à fleur de peau…cela est tout à la fois fou et absurdement risqué, mais c’est ce qui rend la quête d’autant plus désirable, non ?

Haut les cœurs !

Créditphoto@Photo Art Shay/Courtesy Stephen Daiter Gallery
Créditgif@cinyma.tumblr.com

“Ma copine est cultivée, moi pas. Que faire?”

-Lucien-Freud

Le jour où vous l’avez rencontrée, rien ne laissait présager une telle mésaventure. Elle riait de toutes vos plaisanteries, même de celles dont l’intrigue se situait entre la braguette et la doublure du caleçon. Elle était restée sereine lorsque vous aviez ronflé au cinéma, supportait avec classe vos copains rasoirs.

Pourtant, le jour où vous avez découvert la terrible vérité, tout a basculé.

Vous aviez proposé de flâner au Centre Pompidou. Vous détestiez ce lieu, mais ravi de vous moquer de ces prétentieux artistes contemporains, capables de bailler contre une toile, puis de la vendre pour 20,000 euros à un collectionneur danois, l’intitulant « le sommeil de l’homme invisible ».

Vous retrouvez votre belle, rêveuse, devant un atroce tableau tout de tâches ruisselantes, comme si la chair sortait du tableau. « Beurk ! », vous écriez vous, « non, mais tu as vu cette horreur ? Il aurait vomi sur la toile, cela aurait été la même ».

A peine regrettez vous votre remarque que votre amoureuse subit une mutation-éclair : elle cite quelques bribes de la vie du peintre, fait des connections entre le peintre – Lucian Freud – et Baudelaire…et vous la perdez entre une citation de Bertold Brecht et une imitation de Denis Podalydès.
Vous sombrez dans une sourde torpeur. On appelle le SAMU. Elle vous tient la main, tente de vous rassurer en vous sifflotant du Robert Desnos : vous êtes pris de violentes convulsions.

Le bilan est douloureux mais nécessaire : oui, vous êtes tombé amoureux d’une fille cultivée!
Que faire, alors?
1. D’abord, commencez par accepter la situation. On vous en avait parlé mais vous n’y croyiez pas :toutes les femmes savent lire, votre petite amie est une femme donc, elle sait inévitablement lire. Mais elle ne vous mordra pas, rassurez-vous !

2. Surtout, écoutez-là, d’un air inspiré : il est hors de question qu’elle visualise dans votre regard le vide intersidéral  hérité de votre scolarité tourmentée. Elle parlerait encore plus, ce que vous souhaitez éviter ;

3. Ne la blâmez pas pour sa culture : elle a attendu le Prince charmant toute son enfance. En l’attendant, elle a lu pour s’occuper. C’est donc votre faute, oui, vous auriez dû la délivrer de son donjon bien plus tôt, au lieu de devenir sociologue, pauvre fou ;

4. Ne lui offrez surtout pas d’ouvrages à sa fête ou son anniversaire : elle risquerait de l’avoir lu en 6ème et vous seriez cramoisi de confusion. Au contraire, surprenez-la avec une place au Salon de la saucisse, ou une table ronde avec des braconniers canadiens lors d’un meeting Chasse et Pêche. Elle appréciera votre humour acide, elle qui milite à Greenpeace tout en étant végétarienne, depuis l’âge de onze ans ;

5. Surtout, offrez régulièrement des verres aux libraires de votre quartier, prêtez leur votre voiture, l’objectif étant de rattraper toutes ces années de glandes et pouvoir ressortir à votre douce, à un moment idéal, la citation-qui-tue. Ça vous semble exagéré ? Soyons honnête : vous aimez la surprendre, l’impressionner, voire même lui couper le sifflet, parfois. Alors la bluffer une fois par mois, ça n’a pas de prix, quitte à lire Nicolas Fargues devant un match de basket.

Haut les cœurs !

Image Copyright@The Lucian Freud Archive / The Bridgeman Art Library

6 conseils pour un parfait rencard avec un parfait con

le con

Diverses conversations en compagnie des filles merveilleuses qui composent mon entourage m’ont permis de saisir leur inquiétude quant à leur rencontre avec le Prince charmant, elles qui, selon leur dire « n’ont de rencard qu’avec des gros cons ».

Histoire de leur faire gagner du temps, les Gens Pressés se sont efforcés d’ébaucher une liste de conseils précieux à leur attention, pour que leur prochain dîner avec l’homme le plus malotru de la planète se déroule dans les meilleures conditions possibles. Non, ne nous remerciez pas.

Vous avez réussi à décrocher un rencard, ça, c’est bien ! Mais tandis que vous vous dirigez vers la table à laquelle IL vous attend voilà maintenant dix bonnes minutes, une interrogation vous saisit d’effroi : comment vous tenir ? Devrez-vous aborder la crise au Moyen-Orient ? La concurrence effrénée entre Las Vegas et Macao ?
Pour ne pas passer pour un génie au mauvais moment, voici quelques astuces qui, je l’espère, sauront vous placer dans les meilleures dispositions possibles afin de conquérir votre bel Apollon de pacotille.

1. N’essayez pas d’avoir de la conversation :
Le con ne supporte pas les femmes parlantes ; il fuit toutes celles qui parviennent à utiliser des conjonctions de coordination. Efforcez vous de parler lentement, avec des mots simples. Faites des assemblages reconnus par l’Académie des goujats : « j’aime Paris », « j’adore l’art », « ah oui, tu es allé en Suisse ? ». Restez de marbre s’il aborde le caractère soluble des marchés financiers, alors que vous venez d’obtenir une promotion à la Bourse. Pourquoi ne pas plutôt lui faire part de votre passion pour le rose, le film « Babe » et la réglisse? Il en sera ravi.

2. Ne donnez jamais les détails de votre curriculum vitae :
Oui, vous avez un Bac+7 tout brillant accroché au mur de votre salle de bain, dans votre loft neuf de l’avenue Montaigne. Est-ce une raison pour partager votre réussite avec votre partenaire potentiel ? Que nenni !
Demeurez donc silencieuse sur votre parcours professionnel. Tandis qu’il lèvera le bras, l’air de rien, histoire de vous laisser découvrir subrepticement sa Rolex de compétition, vous aurez eu la bonne idée de cachez sous un petit foulard votre nouveau collier Cartier que vous vous êtes offert à l’occasion de votre anniversaire. Rappelez-vous que votre emploi ne doit pas être bien payé, qu’il doit se sentir le maître à table, et tout ira bien.

3. Mangez peu :
Après une longue journée de travail et trois heures passées à la salle de sport, vous êtes moulue, et une copieuse assisette de frites croquantes, une part généreuse de lasagnes ou une entrecôte à point pourraient combler aisément votre appétit. Mais comment donc ? Souhaitez-vous rester célibataire pour les vingt années à venir ? Une fille telle que vous mangera peu : soupe, salade légère, mijoté de légumes seront vos alliés pendant ce rencard. Vous devez maintenir dans la psyché masculine l’idée reçue suivante: les femmes sentent toujours la rose car elles s’en nourrissent exclusivement.

4. Donnez des signes de stupidité avancée :
Riez de tout. De ses plaisanteries stupides, des blagues de ses collègues qu’il vous répète la bouche pleine, de la serveuse qui a renversé tout un plateau de fruits de mer et qui s’est fait renvoyer sur-le-champ sous vos yeux, de Patrick Sébastien. Ayez de la sollicitude pour les pauvres, les chatons, les enfants: à ses yeux, vous aurez l’aura d’un Gandhi.

5. Jurez sur la tête d’Homer Simpson à tout prix :
Les citations de grands auteurs, les vers célèbres de poèmes universels, oubliez. Vous devez vous montrer digne d’intérêt en opérant une mutation totale de votre culture vers la sphère clairsemée de l’ignorance. Citez allègrement des répliques de…non, abandonnez l’idée même de citer des répliques. Bannissez Bob Dylan de votre mémoire au profit d’un couplet de Chris Conrad « j’ai dit oh la, dans la nuit bleue ». Votre rencard pose sa main sur la vôtre, vous y êtes presque !

6. Raccourcissez votre mini-jupe :
Le costume-pantalon créé pour le corps féminin, ce fut Saint Laurent. Pour conquérir le cœur du con assis en face de vous, une révision des clips des Pussycat Dolls et de “Cinquante nuances de Grey” sera nécessaire afin de faire de vous une niaise dans des vêtements de princesse.
Célébrez votre très maigre expérience quant à l’horizontalité auprès de divers partenaires. Restez évasive quant à votre vie amoureuse passée (« quelle vie amoureuse, voyons, Edmond ? ») et déclarez votre flamme au chat que vous n’avez pas encore acquis. Le mystère de la Vierge effarouchée est un célèbre piège à boulet.

Ça y est, vous y êtes, le parfait con est ferré ! Vous pouvez poursuivre votre relation avec ce rigolo et contacter un agent, histoire de monayer ce nouveau don pour la comédie. Ou prendre dès à présent un abonnement de vingt ans chez votre psy…chiatre. Ne nous remerciez pas, voyons !

 

Crédit photo@New Line Productions

Six indices qui prouvent que vous êtes vraiment en couple

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Vous l’avez voulu.
Vous avez écumé tous les bars à la mode, les anniversaires d’amis d’amis de votre ex-colocataire. Vous avez pleuré toutes les larmes de votre corps devant « Sex & the city », jeté des canettes de Coca Zero à la face de ce fichu Mister Big qui, décidément, ne comprend rien aux femmes.

Vous avez accepté de rencontrer les candidats à la corde au cou ayant réussi le casting de vos parents et meilleurs amis…et regretté aussitôt d’avoir acquiescé pour un tête-à-tête avec ledit prétendant (vos proches pensent encore que vous privilégiez l’intelligence au physique, ahaah!).

Dans cette marée de déception, vos fidèles destriers, un pot de glace Ben & Jerry’s, et une rediffusion de « (500) jours ensemble » ne vous ont jamais lâché…jusqu’au jour où vous avez croisé son regard…

Le temps passe et, tandis que vos deux univers se confrontent et s’imbriquent, vous réalisez que certaines choses ne pourront vraiment plus être comme avant…

1. Vous avez renoué avec votre esthéticienne
Avant, la cire, la pince à épiler, le laser n’étaient de sortie que pour les grandes occasions : mini-robe, rencard, été, piscine. Pas plus. L’état de nature était pleinement assumé. On riait du petit duvet rebelle de nos aisselles ; les shampoings secs étaient des partenaires au long court.
Désormais, abonnée comme vous l’êtes chez l’esthéticienne, le coiffeur et l’onglerie, la possibilité d’un emploi nocturne afin de financer votre beauté vous semble parfaitement possible. Oui, le peep-show reste une option.

2. L’amour sur écran plat n’est plus
Hugh Grant ? Un ami proche. Benicio del Toro ? Un ex-amant un peu récalcitrant. Nos héros du grand écran à sex-appeal hautement déraisonnable étaient nos compagnons de fin de soirée. Nous récitions le nombre de leurs fossettes, les prénoms de leurs rejetons non reconnus.
Désormais, l’objet de votre attention prend tant de place que vous avez remisé votre téléviseur à la cave. Car oui, ses défauts et autres habitudes étranges valent n’importe quel soap opera.

3. La diétiétique est un mot interdit
Oui, vous étiez très stricte. Les légumes peuplaient votre table telle une forêt vierge plantée au beau milieu de votre salle à manger. Vous vous accordiez une tartine beurrée une fois par mois mais compensiez avec une centaine d’abdominaux. Vous méprisiez intensément les dévoreuses de macarons et autres insensées du rouleau à pâtisserie.
Désormais, le poulet pané, les frites-ketchup-mayo, les lasagnes, les crèmes au chocolats, le soda, la bière,le tout, au cours d’un seul week-end, sont une évidence. D’ailleurs, un pack de Kinder maxi coule des jours heureux dans notre sac à main. Vous êtes amoureuse.

4. Ses amis font partie du paysage
Nos amis nous suffisaient. On riait des même blagues absurdes. On prenait des photos compromettantes qu’on s’envoyait ensuite par mail aux heures de bureau ou en cours. On passait des heures mémorables sur Bitstrip et Snapchat. On googlelisait les maitres de stage sexy.
Désormais, on supporte en silence les appels/textos intempestifs du meilleur ami/boulet qui profite toujours d’un verre de trop pour révéler la vie sexuelle trépidante (passée) de notre partenaire pendant la soirée. Une enquête minutieuse quant à ses incursions en milieu transformiste pourrait vous aider à faire taire cet imbuvable quidam.

5. La nuit ne nous appartient plus
Ah, la nuit…Cet espace de liberté sans limites, le cœur bondissant à chaque regard… Ce brun ensorcelant vibrant contre nous, le temps d’un slow, puis rejoignant son épouse furieuse, ce baiser volé à l’haleine persillée…ni mec ni maître !
Désormais, entre le moment câlin et l’instant film du soir, la grande nouba, ce n’est plus votre objectif, l’essentiel se résumant plutôt à se lover le plus tendrement possible contre votre amoureux(se). Bin quoi, c’est l’hiver, non ?

6. La douche n’est plus notre territoire exclusif
Quand on se douchait, aucune serviette surabondante PSG ou Godzilla n’était superposée à notre robe de chambre parfumée. Aucun poil de barbe mais une vraie douche de fille, avec pinceaux à maquillage débordant d’une part, et crayons à paupières roulant contre une bougie parfumée.
Désormais, entre le tube de dentifrice jamais rebouché et le savon desséché au bord de la baignoire, vous vous êtes fait une raison…et puis ses rasoirs sont tellement plus efficaces…

Haut les cœurs !

Crédits@© 2012 Home Box Office, Inc.

Boulets, mode d’emploi

mister bean

Ici, on parle beaucoup de rencontres, de regards impromptus à la faveur d’une tiède soirée d’été. Mais qui songe à tous ces grossiers personnages qu’il a fallu écarter, ces hommes de mauvaise vie qui, gourmette bien en valeur, ont osé croiser votre chemin, sans aucun respect pour votre espace vital ? Oui, il est temps de rendre justice à tous ces instants où l’on a douté de soi, se reniflant la manche, à la recherche d’une odeur anormale qui pourrait justifier l’attraction des goujats vers nous. Portraits choisis :

1. L’über-isé :

Son temps est précieux. Bien plus que vous, d’ailleurs. A peine rencontrés, vous vous retrouvez sous sa couette. C’est qu’il sait y faire : il a même pensé à la bouteille d’eau fraîche de votre côté du lit, et au petit carré de chocolat sous l’oreiller. Mais pas de créneau pour un câlin matinal avec lui : déjà, une autre femme à satisfaire l’attend, à l’autre bout de la ville. Pas de repos pour les pros !

Le risque : qu’il vous demande combien d’étoiles vous lui attribuerez.
La solution : commander un gigolo. En cas de pépin, leur hotline est très efficace, et l’appel non surtaxé.

 

2. Le TOC-é :

Lui, il commence à reprendre son souffle lorsque vous avez retiré vos chaussures dans l’entrée, et que vous vous êtes passé deux fois les mains au Sanytol. Il repousse poliment vos baisers (il préfère que vous vous brossiez les dents d’abord). Avant de plonger dans un sommeil réparateur, vous tentez un ultime baiser : vous vous heurtez à son masque de nuit et à son baume à lèvres triple-protection (anti-dessèchement, anti-ride, anti-mites).

Le risque : d’accepter sa proposition de vivre avec lui dans une cabine stérile.
La solution : faire tomber son croissant dans la litière du chat, et le lui révéler alors qu’il y mord à pleines dents.

 

3. Le lève-tôt :

Lui, il a tout pour plaire. Une douce complicité s’est créée, vous vous sentez enfin vous-même dans ses bras. Il vous a même promis des crêpes pour le petit-déjeuner. Mais en guise de réveil, un cri : “merde, mais réveille toi, elle arrive dans quinze minutes chrono !” C’est là que vous notez, encore groggy de sommeil, sur la table de nuit, la photo d’une jeune femme qui n’a pas l’air d’être sa sœur.

Le risque : dormir avec vos baskets, pour fuir plus vite le matin venu.
La solution : oublier de le rappeler.

 

4. Le squatteur:

Deux jours après votre rencontre, il a décidé de laisser quelques affaires chez vous. La semaine d’après, il vous demandait si vous aviez une paire de pantoufles “en trop”. Puis ce fut  un double de vos clés emporté “par erreur”, une de ses chemises déposée dans votre lave-linge. Des canettes de bière jonchent le parquet de votre salon et il demande “qu’est ce qu’on mange” tous les soirs.

Le risque : héberger à titre gratuit un coup d’un soir.
La solution : alerter la SPM (Société de Protection Masculine) qu’un homme abandonné a trouvé refuge chez vous. Leur préciser qu’une fléchette hypodermique ne serait pas de trop.

 

5. Le cas soc’:

Tout se déroulait comme dans un rêve et vous le laissiez même piocher dans votre pop-corn. Faisant fi de ses mains moites, de ses bises humides, de sa calvitie, de ses chicots, de son aversion pour les vendeurs de roses, les chatons, les journalistes, les enfants, l’art moderne, il était temps, vous disiez-vous, de revoir vos a priori, et de lui donner sa chance.

Le risque : célébrer Jeanne d’Arc le 1er mai.
La solution : si vous aspirez à la charité, faites donc du bénévolat.

 

6. Le Tinder-man :

Ce qu’il est canon en photo ! Lui, il veut d’abord apprendre à vous connaître, dit l’annonce. Pour votre premier rencard, il vous emmène dans joli café (“parce que leur thé est bio hein, pas parce que c’est juste en bas de chez moi”, tient-il à préciser). Tandis que vous lui parlez de votre boulot, il swipe à droite quelques profils sur l’appli, l’autre main sur vos seins.

Le risque : vous retrouver involontairement dans un plan à trois (vous, lui, et son ego surdimensionné).
La solution : le bloquer, tout en sirotant votre thé.

 

7. Le “à l’ancienne” :

Il a beaucoup de classe, et les manières qui vont avec. Après une soirée inoubliable, il vous entraîne dans une chambre d’hôtel, à l’improviste. Au matin, une liasse est coincée sous votre oreiller. Le fixant d’un regard interrogateur, il vous demande, inquiet, si le compte y est.

Le risque :  le remercier d’avoir laissé cinquante euros en sus.

La solution : lui préciser que votre tarif est désormais soumis à la T.V.A.

Hauts les cœurs !

La tartine

tartine laboiteverte.fr

Les cheveux ressemblant à s’y méprendre à un nid d’hirondelles, vous n’avez pas entendu le réveil, enfoncé comme vous l’étiez sous la masse mousseuse de votre édredon. Vous émergez lentement ; à vos tympans fredonne encore la cohue du Bus Palladium d’il y a quelques heures à peine.

Lorsque vous parvenez enfin à ouvrir une paupière, une heure s’est encore écoulée.
Vous vous arrachez de vos draps: vos jambes se figent, le contraste de température manque de vous faire hurler. Le t-shirt constellé d’une substance inconnue, vous voilà titubant vers la cuisine, les bras tendus, telle une momie vers un pilleur de pyramide.

Une dosette et le café est en route. Un pied?! Le détail ne vous était pas paru de taille au réveil mais à présent, les yeux rivés sur la machine à café, vous réalisez qu’il y avait bien un pied, hors de la couette. Sûrement un effet d’optique, vous dîtes-vous.

Le temps de vous verser un second bol du nectar fumant, un grincement vous fait tressaillir. C’est que, avec votre caleçon de secours, vous n’êtes plus le tombeur absolu de la veille. Le froid polaire de la rue vous fait abandonner l’idée d’une fuite jusqu’au bar du coin de la rue. Et votre récente nouba vous a privé, pour longtemps, de tout secours éventuel du côté de votre voisine du dessous.

La porte qui s’ouvre. Un pied, le haut d’une cuisse, puis un visage.
La forme vous parle. Y aurait-il du café chaud pour elle ? Vous hochez la tête et lui en servez une grande rasade, histoire qu’elle ne parle pas pour un bon moment. Sauf qu’en fait, non, elle ne dit rien. Elle boit en silence, aussi discrète qu’une ombre. Et, de façon surprenante, ce mutisme ne vous pèse pas, tout comme son joli minois.

C’est à cet instant précis que vous la repérez.
Elle avait été tranchée la veille, pour une convive de passage qui avait lâchement déserté la maisonnée en ”oubliant” de laisser son numéro de téléphone. Elle avait été disposée sur un plateau, pour l’ami féru de beurre demi-sel, qui avait finalement opté pour un Granola. Elle avait failli être recouverte de miel pour une nièce dont la visite avait été reportée.

Vous dégainez votre pot de crème chocolat-noisettes avec une certaine fierté. Est-ce qu’une tartine lui dirait ? La forme, devenue soudain personne, semble hésiter. Et vous vous sentez soudain l’air stupide, votre tranche de pain entre les doigts.

Elle fixe votre proposition d’un air effaré. Une tartine ? Non, elle ne se sent pas prête à s’engager pour le moment, sort d’une rupture difficile et commence à peine à se sentir équilibrée. Vous lui précisez qu’il ne s’agit là que d’une tartine au chocolat, et que si elle préfère, vous avez aussi de la confiture d’abricots. Elle se lève, les joues cramoisies, la voix tremblante. Pas prête murmure t’elle, pas prête ! Ne faudrait-il pas apprendre à se connaître d’abord ? Dans votre main, le pain pèse une tonne.

Elle se saisit de son grand manteau, s’y love et empoigne son sac à main posé là. La reverrez-vous? osez-vous lui demander, alors qu’elle franchit le seuil de votre porte. Elle lance un terrible “on s’appelle bientôt!”. La tartine vous en tombe.

Crédit photo@laboiteverte.fr et Calum Lewis (on Unplash)

Le come-back du gentleman n’attend pas

chewbacca

Du sentiment amoureux, de la rencontre et des fissions qu’elle provoque, on en parle souvent, chez les Gens Pressés, et avec quel intérêt ! Il s’agit d’un des rares instants où toute personne se retrouve face à son destin, vulnérable et pourtant déterminée, hésitante et s’exprimant sans détours. Elle avance, la belle âme, vers l’objet de ses aspirations, et rien ne la freine, tout la projette, bien au contraire, vers cette dimension rêvée : échanger, enfin, avec l’élu(e) !

C’est malheureusement là que la maladresse de l’homme 3.0 complique tout. Plus de fleurs, plus de boîtes de nougats laissées sur le bureau, à la pause déjeuner, de mots doux dans la boîte aux lettres. Alors, on s’insurge, on s’élève et on trépigne. Et non, l’homme moderne se terre dans un silence assourdissant.

Voici donc une courte liste, ô combien non exhaustive, sorte de guide de survie à l’attention de cette gente qui recherche désespérément des repères d’approche sincères, entre masculin décomplexé (mais pas macho) et petit farceur du cœur enchâssé d’une flèche (mais pas con) :

1. Du bon usage du texto/du mail :

Vous l’avez rencontrée fortuitement et sa modernité vous a retourné, comme une fulgurance. Vous l’avez ajoutée parmi vos amis FB. Elle like vos actualités, vous de même. Quelques mails, bref, que vous souhaitez gonflé de toute votre sincérité « J’adore la pelote basque! ». C’est certain, vous dîtes vous, elle vous proposera un verre bientôt. Sauf que ça, c’était il y a huit mois.
Notre conseil : la proposition, c’est votre tâche, pas la sienne. Sauf que le temps que vous vous décidiez, elle sera sûrement déjà mariée et mère d’un adorable garçonnet. Le bon moment, c’est maintenant ! Mais lisez tout de même la fin de la chronique, cela pourrait vous servir.

2. Du mot derrière le mot :

Flash-back : elle s’inquiète de votre santé, vous interroge sur votre actualité, est enthousiaste de partager le même artiste de cœur que vous. Et vous lui répondez. A ses questions, rien qu’à ses questions, et toujours à ses questions. Pauvre de vous…
Notre conseil : armez-vous d’un sonotone et écoutez bien. Vous n’entendez rien ? Vraiment rien ? Pourtant, lorsqu’elle vous lance ce petit « ah, je sais qu’il sera en concert dans quinze jours », ne serait-ce pas une invitation au voyage…du moins musical, pour l’instant ? En deux clics, vos billets Digitick vous attendront dans votre boîte mail.

3. De la constante ironie, et autre second degré :

Vous aimez rire, voilà qui est enchanteur. Du coup, vous pensez la flatter en lui faisant part de vos dernières imitations de Tonton Bob, le bûcheron canadien, juste après qu’elle vous ait confié sa nostalgie quant à son Toronto natal. Ou vous lui présentez cette vidéo.
Notre conseil : écrivez un One Man Show, devenez célèbre et offrez lui un Jeff Koons. Sinon, évitez de vous payer sa tête. Le second degré, c’est au dixième rendez-vous. Avant, cela risque de mener à une claque, ou un verre de vin sur votre belle chemise.

4. De l’importance d’être constant :

Vous l’avez enfin rencontrée autour d’un café. Vous avez ri, cela a été l’un de vos rares moments de détente depuis ces six derniers mois. Elle vous propose de faire une expo. Problème, à cette date, c’est soirée Assassin’s Creed et pizza. Autant reporter vos retrouvailles à dans trois semaines, elle comprendra, songez-vous.
Notre conseil : vous affectionnez particulièrement rouler des pelles à des pixels ? Si non, vous savez que donner à Emmaüs une console, c’est rendre un enfant heureux. Et vous n’êtes pas cet enfant, non.

5. Le cycle de l’addition :

Ah, ce curieux moment de l’addition. Avouez que vous n’aimez pas trop cela : ça se remue vers le comptoir, une coupelle arrive avec cette note blanche, toujours très mal détaillée…Vous vous souvenez de la première fois que vous en avez vu une?

peur

Pas de doute, pas d’inquiétude, vous êtes un radin.
Notre conseil : premier, deuxième, troisième, vingtième…autant de rendez-vous pour autant de notes à régler. C’est comme cela, une norme sociale absurde (ou pas), un fardeau (ou pas), le fait est que le portefeuille doit se tenir prêt, sauf si elle insiste (insiste = attendre qu’elle prononce le cinquième « mais si, ça me fait plaisir » pour lâcher prise. Avant, cela risque de sonner faux).

6. La règle, c’est qu’il n’y a pas plus de règles :

Oui, après cette lecture, vous vous interrogez. Et alors ? Est-ce obligatoire ? Et si j’ai envie de la laisser payer, est-ce que ça fait de moi un salaud ? Assassin’s Creed, je l’aimais avant elle ! Hum…
Notre conseil : la galanterie, cet art discret qui favorise le maniement des mots et du cœur, est d’un exercice délicat et, pourtant, parfaitement adapté à la psyché féminine. Courtiser, c’est être pro-actif. Il ne s’agit pas d’insister mais d’être une force de proposition. Non pas la recouvrir de fleurs, à son anniversaire, plutôt lui en offrir une, à chaque rencontre.

Exploiter le « oui » à 200%, prendre le « non » pour ce qu’il est, une règle précieuse qui vous évitera une désagréable plainte pour distribution intempestive de roses ou de nougats !

Hauts les cœurs !

Crédit photo@Lucasfilm

Un mot après l’autre

Je me suis levée, un matin, et j’ai su que je l’aimais.

Je l’ai vu, hier encore, échanger avec une foule immense. Il souriait à l’infini, les bras tendus vers le ciel, et l’infini lui répondait de son silence.

Je me suis levée, ce matin, et j’ai su que nulle part ailleurs, je n’avais encore rencontré son pareil. Son pareil n’existe que dans mon imaginaire, et mes lacunes me ramènent à sa réalité.

Je me suis levée, ce matin, et j’ai senti que l’air n’avait pas la même odeur, et que mes mains n’avaient plus de prise sur mon avenir. J”ai regardé par la fenêtre. Dehors, il y avait des échos de son rire sur toutes les murailles.

Je me suis levée, ce matin, et l’aurore ne flattait plus mon visage comme à l’accoutumée. Il y avait un brûlant signe légendaire sur les nuages, et j’ai espéré de toutes mes forces guérir de ce mal écarlate au plus vite.

Je me suis levée, ce matin, et j’ai eu envie de fleurs avec toi, de cris avec toi, de lune avec toi, de mystères avec toi. J’ai ri d’être aussi fébrile. S’éteindre faute de toi semble soudain une certitude parfaite.

Je me suis levée, ce matin, et la rosée m’a murmuré une drôle de sérénade à ton attention. La nature avait alors le reflet de tes yeux, et mon dernier songe tentait encore de refermer mes paupières sur ton sourire.

Je me suis levée, ce matin, et le silence m’a rappelé ta main, large, presque carrée, ta peau, si proches, mais ton cœur, jamais, et je n’ai pas eu la force de tout te dire.

Je me suis levée, ce matin, et, comme tous les autres matins, je rassemblerai mes forces, et j’irai jusqu’au pas de ta porte, tout près de ta table, à côté de ton instrument, de tes livres, contre ta joue. Il n’y aura aucune parole ni révélation : la confidence se niche déjà dans mon regard. Tu ne la verras pas, et je me disperserai toute entière aux quatre vents, pétale par pétale.

J’ai ouvert toutes les portes, toutes les fenêtres : ne se sont échappées que les larmes grises. Reste ma tendresse silencieuse, mains en entonnoir autour de mes lèvres pour te siffloter une valse muette.

Je me suis levée, ce matin, avec mon âme un peu simple, un peu bancale.

Toi. Toi. Toi.

FAN !!

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(ndla : je ne vous le dirai jamais assez, lâchez tout, votre verre ou votre chéri(e) et venez liker la page FB du blog; de plus, cliquez sur les mots soulignés dans l’article. A la clef? Du vrai bonus pour vos oreilles et vos yeux! Bisous!)

Lorsque l’on songe à un artiste qui nous laisse dans un état similaire à la jeune fille de la photo, on ressent parfois l’envie de le côtoyer, d’en savoir un peu plus sur lui. Aime t’il les boissons sucrées ou le café en dosettes, apprécie t’il la musique classique, trouve t’il l’inspiration au bord de l’eau ou les pieds sur le bitume ? De nombreuses interrogations qui se résolvent souvent, il est temps de se l’avouer, à grands coups de thé-croissant, une poignée de magazines people à la main.

Le fait de vouloir s’insérer dans leur psyché autant que dans leur quotidien, dans leur lit autant que dans leur assiette rappelle à quel point l’altérité modèle toute notre condition: l’autre, c’est un presque nous amélioré ou empiré, qui nous attire, fort, fort.

Et lorsque l’on observe les artistes devenus stars, on aimerait leur exprimer tout ce que leur œuvre a apporté à nos vies, leur rendre un peu de toute cette lumière. Le problème vient du fait qu’en général, tous ces beaux sentiments se changent en un seul et même cri « Patriiiiiick !!!! Léoooooo !!!!! ». De loin, cela fait très peur. Bon, ok, de près aussi.

Parfois, l’hystérie cède le pas à la tétanie, comme à la vue des chiffres du chômage. Je me souviens avoir croisé Nicolas Fargues sans pouvoir exprimer une seule phrase correcte : les jambes molles, les mains frissonnantes, j’avais dans l’idée de lui présenter un compliment très spirituel…lequel se réduisit à un murmuré « j’aime beaucoup ce que vous faîtes ».

Les stars semblent parfois nous considérer dans notre ensemble, c’est-à-dire telle une masse informe et hurlante, implorante et scrutatrice, les pupilles rivées sur leur poids et leurs conquêtes.

Reste que pour nous, public, il serait si bon de se sentir considéré dans son individualité, son histoire personnelle, la cuillère en bois en guise de micro. Mais il n’en est rien et la star a son existence propre, ses préoccupations. Alors sa main tendue se fait molle, son regard est vague, sa parole stéréotypée. Comme si l’artiste se sentait contraint d’établir une distance, craignant la manifestation de notre liesse.
La foule, elle, regrette le temps où il prenait plus de plaisir à lui sourire, à se souvenir de quelques visages, à serrer des mains, à oublier le succès pour ne voir que la tendresse de ceux qui le portent aux nues.

Ce conformisme face à la foule se comprend autant qu’il interroge. Va t’il contaminer leur art? Dès lors, qui ranimera la flamme de la bonne vieille attitude punk, capable de grands poings levés au nez des biens pensants? Y’ en aura t’il, des Maurice Pialat, qui auront l’audace d’un « si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus » ? Lesquels se souviendront des cafés-concerts déserts, des connaisseurs qui les invitaient à vider quelques verres après un énième vernissage raté ?

Un rêve ? Plutôt une hâte : que les stars descendent de la scène afin de jouer, de peindre, de dessiner et de chanter les pieds nus entre nos tables, au plus près de nous ! Promis, on essaiera de hurler à voix basse…

Hauts les cœurs !

Crédit photo@Milkcheck.fr