Bas les masques

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Oui, ses prières avaient enfin été entendues.

Des rencards foireux aux blagues contenues, des mecs aux préliminaires dignes d’une autopsie dans NCIS, tous ces grands moments de solitude trouvaient enfin, enfin ! un heureux dénouement.

C’est à la faveur d’un anniversaire costumé qu’elle l’avait rencontré.

Son total-look Reine des Neiges l’avait tout de suite charmée…ou était-ce plutôt sa manière de lui proposer une tartine de houmous, un bout d’olive noire coincé entre les dents ?

Très vite, ils s’étaient mis à injurier chacun des personnages de Dora l’exploratrice, comme ça, d’instinct. Ils avaient critiqué la mode des carreaux, les hipsters dans leurs triplex à Montreuil ou Pantin, les écrivains qui, se sachant belles.beaux gosses, étaient toujours en photo sur leurs livres…et à quel point ils ne lisaient que ceux-là, du coup.

  • Leurs références musicales ? Why Mud et Jordan Rakei en boucle sur leurs platines ;
  • Lost vu et revu en streaming jusqu’à en perdre le sommeil (puisqu’on vous dit que la fin est beaucoup claire qu’il n’y paraît!) ;
  • Passion commune pour les courgettes sautées et le poulet rôti-mayo, en sortant d’une soirée très raisonnablement arrosée ;
  • Finir mutuellement leurs phrases, avant même de les avoir commencées, check.

A la fin de la soirée, ils s’esclaffaient sans raison, et la connivence, palpable, les isolaient peu à peu du reste des convives. Ou alors ces derniers s’excluaient-ils eux-mêmes, comme tous ceux qui assistent, impuissants, à la naissance d’une idylle ?

Une heure du matin. La fête bat son plein, mais il est temps pour eux de partir, question de principe.

Devant la bouche de métro, leurs œillades se font plus insistantes, le flux de paroles ralentit…Elle ose lui souffler « tu as quelqu’un, en ce moment ? », «Je te dirais que c’est très, très, compliqué, et toi ? » « La même ».

Il lui propose alors un « dernier verre…de thé vert » qu’elle accepte en un éclat de rire bien trop nerveux pour être innocent.

« Au fait, il serait temps de les retirer, non ? » Parce qu’avec l’euphorie, ils avaient complètement oublié de retirer leurs masques, lui de Deadpool (oui, avec un costume de Reine des Neiges), et elle de chat (déguisement de Neytiri déguisée en serveuse déguisée en félin).

« Ok, en même temps à trois. Un…»

C’est quoi son prénom, déjà ?

« Deux… »

Ah oui, Romain !

« Et trois ! »

Romain…Comme son mec.

J’ai testé pour vous: ne pas avoir d’humour pendant un rencard

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La sagesse populaire n’a jamais raison…excepté concernant l’humour féminin.

Oui, les hommes ont peur des filles qui font des blagues.

Déjà, en 3ème B, je revois Thomas courir à travers la cantine lorsque je lui fais comprendre que “sa braguette ouverte, c’est pour aérer ses neurones ou quoi”? J’ai ri, il n’a pas compris, j’ai essayé de lui expliquer, il a filé, la bouche encore pleine de purée. C’est qu’en général, mes vannes jaillissent comme un Alien hors de Sigourney Weaver: incontrôlables.

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Un jour, j’apprendrai de mes erreurs… Adieu Raymond Devos, Amy Schumer, Conan O’Brien…Et c’est avec ce vœu sincère que j’ai croisé le chemin d’Adam.

Adam est beau.

La sueur d’Adam sent naturellement le musc et la vanille.

Quand Adam sourit, le monde s’illumine et les gens descendent de leurs voitures pour danser sur la chaussée, tandis que des écureuils roux offrent des billets de vingt euros aux enfants. Sérieusement.

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On se retrouve donc dans un restaurant à l’éclairage tamisé-ce-soir-c’est-le-grand-soir-chérie, et j’ai osé ma (toute) petite robe rouge. Il fait juste assez chaud pour boire des spritz, et nos joues rosissent à mesure que la soirée avance.

C’est là que tout a failli basculer.

Il me dit qu’il s’interroge sur ses choix professionnels, et si…désolée, j’ai perdu à ce moment précis le fil de la conversation, entre mon troisième cocktail et ses yeux gris. Un médecin aux yeux gris? Je craque.

Je lui lance “qu’est ce qui pourrait te rendre ta bonne humeur?

– Hum…Des vacances, et des sous…et des ondes positives.

– Les ondes positives, ça je sais faire, pour le reste, j’ai entendu que Madame Bettencourt était un cœur à prendre, intéressé?

– …”

Son silence estomaqué me ramène à la douloureuse réalité: mais qu’est ce que les mecs ont avec les filles (qui espèrent être) drôles? Ils pensent qu’il s’agit là d’une affection contagieuse qui, en se répandant partout, démontrerait qu’on peut largement rire sans eux, et à leurs dépens?

Je baisse les yeux, gênée par son regard blasé plein d’incompréhension. Je pose alors mon verre déjà vide (l’alcool me rend encore plus drôle qu’à l’accoutumée) et essaie de m’appliquer.

Il me parle de sa pré-commande Iphone (nan, pas possible?!) et de son collègue qui a porté un caleçon vert pour la St Patrick (le fou!!). Il rit, et je ris aussitôt, mais trop fort pour que ce soit crédible.

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Il me narre son dernier rhume qui l’a cloué au lit, pendant une semaine, l’empêchant de finir sa partie de World Of Warcraft (monde cruel) : je parviens presque à avoir les larmes aux yeux, en songeant, pour m’y aider, à la fin de “The NotebookN’oublie jamais“.

Lorsqu’il aborde la thématique de son hamster Filou qui a préféré rejoindre l’état sauvage (le jardin municipal en face de son immeuble), je crains le faux-pas irréversible : “quoi, il a préféré se faire bouffer par un chat plutôt que de supporter ton haleine au réveil?” Mais ouf, il n’a pas entendu, tout occupé qu’il était à commander les desserts.

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A la fin de la soirée, j’ai l’estomac noué, j’ai chaud-froid, et des blagues qui tournent dans ma tête aussi grosses que l’USS Enterprise. Adam a l’air tout satisfait, et je prie le Ciel de le garder suffisamment longtemps à mes côtés pour crâner un peu devant mes proches et mes amis, histoire qu’ils comprennent que non, je ne sors pas qu’avec des mecs imaginaires (puisque je vous dis que Brad est un ami!).

On se retrouve devant l’arrêt de bus et, me dardant de son regard brûlant, il m’offre un baiser à faire pâlir toutes les ligues de censure d’Europe réunies. Mes efforts sont donc récompensés, au placard ma soirée série-Ben & Jerry’s Cookie Dough.

Lui: “On rentre ensemble? Tu en dis quoi?

Moi: “Eh bien, j’en dis que ton ego et toi formez déjà un très joli couple, et que je n’ai aucun goût pour la polygamie”.

Juré, demain, j’arrête l’humour…mais une promesse faite à son pot de glace, ça compte, ou pas ?

Clap de fin?

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Il fait si chaud, que tu n’arrêtes pas de fixer la fenêtre, espérant qu’un courant d’air glacé la fasse voler en éclat et inonde toute la salle d’une onde rafraîchissante. Il t’a convoquée comme pour un entretien d’embauche, et tu te sens telle une candidate, nerveuse, un brin trop bien habillée pour un simple café informel.

Vous êtes arrivés en même temps, et cette soudaine synchronisation des montres a le don de t’angoisser d’autant plus que cela ne s’était jamais produit. La bise qu’il fiche sur ta joue accroît ta détresse.

Il prononce des mots interdits, qui contredisent l’harmonie dans laquelle tu t’insérais jusqu’alors. Tu songes à tous ces instants étirés, à ces petits-déjeuners que vous ne prendrez plus ici, sur le pouce, à ces fous rires silencieux, dans la torpeur d’une soirée interminable. A cette anecdote, que tu voulais lui narrer, mais qu’il n’aura plus envie d’entendre. Ces amis communs qui choisiront, et s’évaporeront.

Est-ce l’étiquette de ta robe qui, en te labourant l’omoplate, te protège de l’impact de ses mots? Tu ne supportes pas ces bouts de tissus rêches qui, en se focalisant sur un interstice de peau, à présent t’empêchent d’être vraiment actrice de ta rupture.

Tu le regardes.

L’air calme, mais tapant frénétiquement le zinc du doigt. Est-ce qu’il a chaud, lui aussi? Il semble que le temps passé ensemble se soit réduit à cette minute précise. Tu aimerais enlacer ses doigts entre les tiens, l’entraîner vers la sortie, loin de toute cette sentimentalité capricieuse qui empêche les cœurs pressés de s’unir à l’envi.

Lorsqu’il se lève, tu comprends soudain que c’est vraiment fini, parce qu’il s’excuse, il remercie aussi, beaucoup trop, pour des instants qui ne méritent aucune congratulation, sinon la gratitude de les avoir traversés ensemble. Jamais il ne t’a paru si sincère et, sur un malentendu, un donut, un cataclysme météorologique et un sourire, tu pourrais presque lui donner une seconde chance, le bel idiot.

Il te serre contre sa poitrine, et tu t’écrases contre le bitume comme un cornet de glace vanille-citron. Sur l’arête de son nez, une goutte de sel, de musc, de regrets. Vous vous toisez, à nouveaux des inconnus.

Tandis que tu t’éloignes, tu ne peux t’empêcher d’entendre le chahut des feuilles mortes sous tes pieds, les rires lointains, et toute cette lumière, qui souffle, déjà, sur les nuages…

… c’est à ce moment précis que tu te réveilles…

 

 

 

 

Tellement!

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Je vais tellement sur Facebook que j’aimerais être payée pour ça..

Je vais tellement sur Twitter que je cherche désespérément un oiseau bleu lorsque je fais une citation marrante.

Je vais tellement sur Tinder que lorsque je croise un garçon, j’essaie de le faire glisser à gauche pour parler à celui assis juste derrière lui.

Je déteste tellement le nouveau slogan Meetic que je n’ai qu’une envie, me poster devant un de leur panneau publicitaire du RER A et crier aux usagers: “arrêtez de m’attendre, et VE-NEZ!”

J’entretiens une relation tellement intime avec mon IPhone que j’arrive à m’engueuler avec Siri, parfois. Souvent.

J’utilise tellement Messenger qu’à table, j’envoie un gif de chaton quand on tarde à me passer le plat.

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Je vais tellement sur Happn que je suis l’itinéraire des célibataires de mon quartier au lieu de rentrer chez moi.

J’ai pris de mauvaises habitudes avec mon smartphone, du coup, lorsque je sors avec un mec, je tente d’agrandir tout ce que je peux avec deux doigts.

Je fais office de cinquième roue du carrosse depuis si longtemps que je me souviens du lieu, de la date et de l’heure de rencontres de mes amis en couple (ça aide pour leurs anniversaires).

Lors d’un entretien via Skype, j’ai tellement pensé à tout…que j’en ai oublié être toujours en pyjama.

Lassée de rappeler mes ex en période de grande faiblesse, je leur ai attribué des photos de contact terrifiantes (les jumelles dans Shinning, Anthony Hopkins dans tous ses rôles, photo de l’ex de mon ex, Bob Kelso…). Et non, ça ne marche pas du tout.

J’ai tellement pris l’habitude de sortir avec des boulets que lorsque je menotte ma cheville à un haltère de trente kilos, je me sens tout autant amoureuse.

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Je sors tellement tard du boulot que la rame est toujours vide mais, par snobisme, je préfère rester debout…

Je n’ai tellement pas le temps de faire des after-work que je danse directement dans la rue avec des gens ivres, histoire de gagner du temps.

danse

Je ne sais tellement plus comment emballer les mecs que j’ai tenté la carte de l’inattendu, comme arriver à un rencard le visage couvert de scotch. Et oui, ça marche!

Haut les coeurs!

À poil.

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A quoi ressemblerait une fille canon ? Elle serait sportive, souriante, parfumée, parfaitement lookée ?
A quoi ressemblerait un mec canon ? Il aurait la mèche contrôlée, la chemise à la papa aux manches retroussées juste sous les coudes ?

Chez les Gens Pressés, c’est chaque jour que l’on essaye de dresser un portrait-robot exhaustif de la moitié parfaite, celle qui nous ferait indiscutablement tourner le menton au premier regard. Il n’y aurait plus les adeptes de Vincent Gallo ou de Jamie Dornan, les groupies de Georgia-May Jager ou de Naomi Campbell, non, juste un archétype enfin dévoilé, qui mettrait tout le monde d’accord…

Mais qu’en serait-il de la personne QU’IL NOUS FAUDRAIT ? Comment se décider, et décider si la personne assise en face de vous, dévorant un muffin bio est bien la bonne? Pour votre serviteur, une interrogation en forme de mot d’ordre : tous à poil ?

Samedi dernier, je demandais à un copain de se positionner clairement sur le sexe au premier regard. Et selon lui : “on appartient à une génération qui ne parvient plus à prendre son temps ». Well, well, well…

gif into the wild

Pourtant, il semble que le fait d’être nus vite et bien (ou pas!) dévoile aussi un bel idéal, celui de s’ouvrir sans ambages, sans attendre, en faisant fi du danger d’être très vite déçu. Au cœur de nos cités urbaines débordées, la fulgurance de la relation charnelle apparaît comme le dernier bastion d’une intensité sincère, véritable, que l’on peut « toucher ».

Comme un contre-poison au sulfureux qui nous entoure et nous écrase (publicités, séries, romans…), nous obligeant, peu à peu, à une plus grande pudeur de nos sentiments, de nos espérances, nous cédons volontiers à la mise à nu (au premier degré) imposée, transcendant ainsi les instants les plus parfaits.

Et malgré les écueils vertigineux que cela implique, il ne semble y avoir aucun doute : c’est à nu que tout est dit, c’est à nu qu’on a la sensation de caresser les âmes, du bout des lèvres, à fleur de peau…cela est tout à la fois fou et absurdement risqué, mais c’est ce qui rend la quête d’autant plus désirable, non ?

Haut les cœurs !

Créditphoto@Photo Art Shay/Courtesy Stephen Daiter Gallery
Créditgif@cinyma.tumblr.com

“Ma copine est cultivée, moi pas. Que faire?”

-Lucien-Freud

Le jour où vous l’avez rencontrée, rien ne laissait présager une telle mésaventure. Elle riait de toutes vos plaisanteries, même de celles dont l’intrigue se situait entre la braguette et la doublure du caleçon. Elle était restée sereine lorsque vous aviez ronflé au cinéma, supportait avec classe vos copains rasoirs.

Pourtant, le jour où vous avez découvert la terrible vérité, tout a basculé.

Vous aviez proposé de flâner au Centre Pompidou. Vous détestiez ce lieu, mais ravi de vous moquer de ces prétentieux artistes contemporains, capables de bailler contre une toile, puis de la vendre pour 20,000 euros à un collectionneur danois, l’intitulant « le sommeil de l’homme invisible ».

Vous retrouvez votre belle, rêveuse, devant un atroce tableau tout de tâches ruisselantes, comme si la chair sortait du tableau. « Beurk ! », vous écriez vous, « non, mais tu as vu cette horreur ? Il aurait vomi sur la toile, cela aurait été la même ».

A peine regrettez vous votre remarque que votre amoureuse subit une mutation-éclair : elle cite quelques bribes de la vie du peintre, fait des connections entre le peintre – Lucian Freud – et Baudelaire…et vous la perdez entre une citation de Bertold Brecht et une imitation de Denis Podalydès.
Vous sombrez dans une sourde torpeur. On appelle le SAMU. Elle vous tient la main, tente de vous rassurer en vous sifflotant du Robert Desnos : vous êtes pris de violentes convulsions.

Le bilan est douloureux mais nécessaire : oui, vous êtes tombé amoureux d’une fille cultivée!
Que faire, alors?
1. D’abord, commencez par accepter la situation. On vous en avait parlé mais vous n’y croyiez pas :toutes les femmes savent lire, votre petite amie est une femme donc, elle sait inévitablement lire. Mais elle ne vous mordra pas, rassurez-vous !

2. Surtout, écoutez-là, d’un air inspiré : il est hors de question qu’elle visualise dans votre regard le vide intersidéral  hérité de votre scolarité tourmentée. Elle parlerait encore plus, ce que vous souhaitez éviter ;

3. Ne la blâmez pas pour sa culture : elle a attendu le Prince charmant toute son enfance. En l’attendant, elle a lu pour s’occuper. C’est donc votre faute, oui, vous auriez dû la délivrer de son donjon bien plus tôt, au lieu de devenir sociologue, pauvre fou ;

4. Ne lui offrez surtout pas d’ouvrages à sa fête ou son anniversaire : elle risquerait de l’avoir lu en 6ème et vous seriez cramoisi de confusion. Au contraire, surprenez-la avec une place au Salon de la saucisse, ou une table ronde avec des braconniers canadiens lors d’un meeting Chasse et Pêche. Elle appréciera votre humour acide, elle qui milite à Greenpeace tout en étant végétarienne, depuis l’âge de onze ans ;

5. Surtout, offrez régulièrement des verres aux libraires de votre quartier, prêtez leur votre voiture, l’objectif étant de rattraper toutes ces années de glandes et pouvoir ressortir à votre douce, à un moment idéal, la citation-qui-tue. Ça vous semble exagéré ? Soyons honnête : vous aimez la surprendre, l’impressionner, voire même lui couper le sifflet, parfois. Alors la bluffer une fois par mois, ça n’a pas de prix, quitte à lire Nicolas Fargues devant un match de basket.

Haut les cœurs !

Image Copyright@The Lucian Freud Archive / The Bridgeman Art Library

6 conseils pour un parfait rencard avec un parfait con

le con

Diverses conversations en compagnie des filles merveilleuses qui composent mon entourage m’ont permis de saisir leur inquiétude quant à leur rencontre avec le Prince charmant, elles qui, selon leur dire « n’ont de rencard qu’avec des gros cons ».

Histoire de leur faire gagner du temps, les Gens Pressés se sont efforcés d’ébaucher une liste de conseils précieux à leur attention, pour que leur prochain dîner avec l’homme le plus malotru de la planète se déroule dans les meilleures conditions possibles. Non, ne nous remerciez pas.

Vous avez réussi à décrocher un rencard, ça, c’est bien ! Mais tandis que vous vous dirigez vers la table à laquelle IL vous attend voilà maintenant dix bonnes minutes, une interrogation vous saisit d’effroi : comment vous tenir ? Devrez-vous aborder la crise au Moyen-Orient ? La concurrence effrénée entre Las Vegas et Macao ?
Pour ne pas passer pour un génie au mauvais moment, voici quelques astuces qui, je l’espère, sauront vous placer dans les meilleures dispositions possibles afin de conquérir votre bel Apollon de pacotille.

1. N’essayez pas d’avoir de la conversation :
Le con ne supporte pas les femmes parlantes ; il fuit toutes celles qui parviennent à utiliser des conjonctions de coordination. Efforcez vous de parler lentement, avec des mots simples. Faites des assemblages reconnus par l’Académie des goujats : « j’aime Paris », « j’adore l’art », « ah oui, tu es allé en Suisse ? ». Restez de marbre s’il aborde le caractère soluble des marchés financiers, alors que vous venez d’obtenir une promotion à la Bourse. Pourquoi ne pas plutôt lui faire part de votre passion pour le rose, le film « Babe » et la réglisse? Il en sera ravi.

2. Ne donnez jamais les détails de votre curriculum vitae :
Oui, vous avez un Bac+7 tout brillant accroché au mur de votre salle de bain, dans votre loft neuf de l’avenue Montaigne. Est-ce une raison pour partager votre réussite avec votre partenaire potentiel ? Que nenni !
Demeurez donc silencieuse sur votre parcours professionnel. Tandis qu’il lèvera le bras, l’air de rien, histoire de vous laisser découvrir subrepticement sa Rolex de compétition, vous aurez eu la bonne idée de cachez sous un petit foulard votre nouveau collier Cartier que vous vous êtes offert à l’occasion de votre anniversaire. Rappelez-vous que votre emploi ne doit pas être bien payé, qu’il doit se sentir le maître à table, et tout ira bien.

3. Mangez peu :
Après une longue journée de travail et trois heures passées à la salle de sport, vous êtes moulue, et une copieuse assisette de frites croquantes, une part généreuse de lasagnes ou une entrecôte à point pourraient combler aisément votre appétit. Mais comment donc ? Souhaitez-vous rester célibataire pour les vingt années à venir ? Une fille telle que vous mangera peu : soupe, salade légère, mijoté de légumes seront vos alliés pendant ce rencard. Vous devez maintenir dans la psyché masculine l’idée reçue suivante: les femmes sentent toujours la rose car elles s’en nourrissent exclusivement.

4. Donnez des signes de stupidité avancée :
Riez de tout. De ses plaisanteries stupides, des blagues de ses collègues qu’il vous répète la bouche pleine, de la serveuse qui a renversé tout un plateau de fruits de mer et qui s’est fait renvoyer sur-le-champ sous vos yeux, de Patrick Sébastien. Ayez de la sollicitude pour les pauvres, les chatons, les enfants: à ses yeux, vous aurez l’aura d’un Gandhi.

5. Jurez sur la tête d’Homer Simpson à tout prix :
Les citations de grands auteurs, les vers célèbres de poèmes universels, oubliez. Vous devez vous montrer digne d’intérêt en opérant une mutation totale de votre culture vers la sphère clairsemée de l’ignorance. Citez allègrement des répliques de…non, abandonnez l’idée même de citer des répliques. Bannissez Bob Dylan de votre mémoire au profit d’un couplet de Chris Conrad « j’ai dit oh la, dans la nuit bleue ». Votre rencard pose sa main sur la vôtre, vous y êtes presque !

6. Raccourcissez votre mini-jupe :
Le costume-pantalon créé pour le corps féminin, ce fut Saint Laurent. Pour conquérir le cœur du con assis en face de vous, une révision des clips des Pussycat Dolls et de “Cinquante nuances de Grey” sera nécessaire afin de faire de vous une niaise dans des vêtements de princesse.
Célébrez votre très maigre expérience quant à l’horizontalité auprès de divers partenaires. Restez évasive quant à votre vie amoureuse passée (« quelle vie amoureuse, voyons, Edmond ? ») et déclarez votre flamme au chat que vous n’avez pas encore acquis. Le mystère de la Vierge effarouchée est un célèbre piège à boulet.

Ça y est, vous y êtes, le parfait con est ferré ! Vous pouvez poursuivre votre relation avec ce rigolo et contacter un agent, histoire de monayer ce nouveau don pour la comédie. Ou prendre dès à présent un abonnement de vingt ans chez votre psy…chiatre. Ne nous remerciez pas, voyons !

 

Crédit photo@New Line Productions

Six indices qui prouvent que vous êtes vraiment en couple

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Vous l’avez voulu.
Vous avez écumé tous les bars à la mode, les anniversaires d’amis d’amis de votre ex-colocataire. Vous avez pleuré toutes les larmes de votre corps devant « Sex & the city », jeté des canettes de Coca Zero à la face de ce fichu Mister Big qui, décidément, ne comprend rien aux femmes.

Vous avez accepté de rencontrer les candidats à la corde au cou ayant réussi le casting de vos parents et meilleurs amis…et regretté aussitôt d’avoir acquiescé pour un tête-à-tête avec ledit prétendant (vos proches pensent encore que vous privilégiez l’intelligence au physique, ahaah!).

Dans cette marée de déception, vos fidèles destriers, un pot de glace Ben & Jerry’s, et une rediffusion de « (500) jours ensemble » ne vous ont jamais lâché…jusqu’au jour où vous avez croisé son regard…

Le temps passe et, tandis que vos deux univers se confrontent et s’imbriquent, vous réalisez que certaines choses ne pourront vraiment plus être comme avant…

1. Vous avez renoué avec votre esthéticienne
Avant, la cire, la pince à épiler, le laser n’étaient de sortie que pour les grandes occasions : mini-robe, rencard, été, piscine. Pas plus. L’état de nature était pleinement assumé. On riait du petit duvet rebelle de nos aisselles ; les shampoings secs étaient des partenaires au long court.
Désormais, abonnée comme vous l’êtes chez l’esthéticienne, le coiffeur et l’onglerie, la possibilité d’un emploi nocturne afin de financer votre beauté vous semble parfaitement possible. Oui, le peep-show reste une option.

2. L’amour sur écran plat n’est plus
Hugh Grant ? Un ami proche. Benicio del Toro ? Un ex-amant un peu récalcitrant. Nos héros du grand écran à sex-appeal hautement déraisonnable étaient nos compagnons de fin de soirée. Nous récitions le nombre de leurs fossettes, les prénoms de leurs rejetons non reconnus.
Désormais, l’objet de votre attention prend tant de place que vous avez remisé votre téléviseur à la cave. Car oui, ses défauts et autres habitudes étranges valent n’importe quel soap opera.

3. La diétiétique est un mot interdit
Oui, vous étiez très stricte. Les légumes peuplaient votre table telle une forêt vierge plantée au beau milieu de votre salle à manger. Vous vous accordiez une tartine beurrée une fois par mois mais compensiez avec une centaine d’abdominaux. Vous méprisiez intensément les dévoreuses de macarons et autres insensées du rouleau à pâtisserie.
Désormais, le poulet pané, les frites-ketchup-mayo, les lasagnes, les crèmes au chocolats, le soda, la bière,le tout, au cours d’un seul week-end, sont une évidence. D’ailleurs, un pack de Kinder maxi coule des jours heureux dans notre sac à main. Vous êtes amoureuse.

4. Ses amis font partie du paysage
Nos amis nous suffisaient. On riait des même blagues absurdes. On prenait des photos compromettantes qu’on s’envoyait ensuite par mail aux heures de bureau ou en cours. On passait des heures mémorables sur Bitstrip et Snapchat. On googlelisait les maitres de stage sexy.
Désormais, on supporte en silence les appels/textos intempestifs du meilleur ami/boulet qui profite toujours d’un verre de trop pour révéler la vie sexuelle trépidante (passée) de notre partenaire pendant la soirée. Une enquête minutieuse quant à ses incursions en milieu transformiste pourrait vous aider à faire taire cet imbuvable quidam.

5. La nuit ne nous appartient plus
Ah, la nuit…Cet espace de liberté sans limites, le cœur bondissant à chaque regard… Ce brun ensorcelant vibrant contre nous, le temps d’un slow, puis rejoignant son épouse furieuse, ce baiser volé à l’haleine persillée…ni mec ni maître !
Désormais, entre le moment câlin et l’instant film du soir, la grande nouba, ce n’est plus votre objectif, l’essentiel se résumant plutôt à se lover le plus tendrement possible contre votre amoureux(se). Bin quoi, c’est l’hiver, non ?

6. La douche n’est plus notre territoire exclusif
Quand on se douchait, aucune serviette surabondante PSG ou Godzilla n’était superposée à notre robe de chambre parfumée. Aucun poil de barbe mais une vraie douche de fille, avec pinceaux à maquillage débordant d’une part, et crayons à paupières roulant contre une bougie parfumée.
Désormais, entre le tube de dentifrice jamais rebouché et le savon desséché au bord de la baignoire, vous vous êtes fait une raison…et puis ses rasoirs sont tellement plus efficaces…

Haut les cœurs !

Crédits@© 2012 Home Box Office, Inc.

Le come-back du gentleman n’attend pas

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Du sentiment amoureux, de la rencontre et des fissions qu’elle provoque, on en parle souvent, chez les Gens Pressés, et avec quel intérêt ! Il s’agit d’un des rares instants où toute personne se retrouve face à son destin, vulnérable et pourtant déterminée, hésitante et s’exprimant sans détours. Elle avance, la belle âme, vers l’objet de ses aspirations, et rien ne la freine, tout la projette, bien au contraire, vers cette dimension rêvée : échanger, enfin, avec l’élu(e) !

C’est malheureusement là que la maladresse de l’homme 3.0 complique tout. Plus de fleurs, plus de boîtes de nougats laissées sur le bureau, à la pause déjeuner, de mots doux dans la boîte aux lettres. Alors, on s’insurge, on s’élève et on trépigne. Et non, l’homme moderne se terre dans un silence assourdissant.

Voici donc une courte liste, ô combien non exhaustive, sorte de guide de survie à l’attention de cette gente qui recherche désespérément des repères d’approche sincères, entre masculin décomplexé (mais pas macho) et petit farceur du cœur enchâssé d’une flèche (mais pas con) :

1. Du bon usage du texto/du mail :

Vous l’avez rencontrée fortuitement et sa modernité vous a retourné, comme une fulgurance. Vous l’avez ajoutée parmi vos amis FB. Elle like vos actualités, vous de même. Quelques mails, bref, que vous souhaitez gonflé de toute votre sincérité « J’adore la pelote basque! ». C’est certain, vous dîtes vous, elle vous proposera un verre bientôt. Sauf que ça, c’était il y a huit mois.
Notre conseil : la proposition, c’est votre tâche, pas la sienne. Sauf que le temps que vous vous décidiez, elle sera sûrement déjà mariée et mère d’un adorable garçonnet. Le bon moment, c’est maintenant ! Mais lisez tout de même la fin de la chronique, cela pourrait vous servir.

2. Du mot derrière le mot :

Flash-back : elle s’inquiète de votre santé, vous interroge sur votre actualité, est enthousiaste de partager le même artiste de cœur que vous. Et vous lui répondez. A ses questions, rien qu’à ses questions, et toujours à ses questions. Pauvre de vous…
Notre conseil : armez-vous d’un sonotone et écoutez bien. Vous n’entendez rien ? Vraiment rien ? Pourtant, lorsqu’elle vous lance ce petit « ah, je sais qu’il sera en concert dans quinze jours », ne serait-ce pas une invitation au voyage…du moins musical, pour l’instant ? En deux clics, vos billets Digitick vous attendront dans votre boîte mail.

3. De la constante ironie, et autre second degré :

Vous aimez rire, voilà qui est enchanteur. Du coup, vous pensez la flatter en lui faisant part de vos dernières imitations de Tonton Bob, le bûcheron canadien, juste après qu’elle vous ait confié sa nostalgie quant à son Toronto natal. Ou vous lui présentez cette vidéo.
Notre conseil : écrivez un One Man Show, devenez célèbre et offrez lui un Jeff Koons. Sinon, évitez de vous payer sa tête. Le second degré, c’est au dixième rendez-vous. Avant, cela risque de mener à une claque, ou un verre de vin sur votre belle chemise.

4. De l’importance d’être constant :

Vous l’avez enfin rencontrée autour d’un café. Vous avez ri, cela a été l’un de vos rares moments de détente depuis ces six derniers mois. Elle vous propose de faire une expo. Problème, à cette date, c’est soirée Assassin’s Creed et pizza. Autant reporter vos retrouvailles à dans trois semaines, elle comprendra, songez-vous.
Notre conseil : vous affectionnez particulièrement rouler des pelles à des pixels ? Si non, vous savez que donner à Emmaüs une console, c’est rendre un enfant heureux. Et vous n’êtes pas cet enfant, non.

5. Le cycle de l’addition :

Ah, ce curieux moment de l’addition. Avouez que vous n’aimez pas trop cela : ça se remue vers le comptoir, une coupelle arrive avec cette note blanche, toujours très mal détaillée…Vous vous souvenez de la première fois que vous en avez vu une?

peur

Pas de doute, pas d’inquiétude, vous êtes un radin.
Notre conseil : premier, deuxième, troisième, vingtième…autant de rendez-vous pour autant de notes à régler. C’est comme cela, une norme sociale absurde (ou pas), un fardeau (ou pas), le fait est que le portefeuille doit se tenir prêt, sauf si elle insiste (insiste = attendre qu’elle prononce le cinquième « mais si, ça me fait plaisir » pour lâcher prise. Avant, cela risque de sonner faux).

6. La règle, c’est qu’il n’y a pas plus de règles :

Oui, après cette lecture, vous vous interrogez. Et alors ? Est-ce obligatoire ? Et si j’ai envie de la laisser payer, est-ce que ça fait de moi un salaud ? Assassin’s Creed, je l’aimais avant elle ! Hum…
Notre conseil : la galanterie, cet art discret qui favorise le maniement des mots et du cœur, est d’un exercice délicat et, pourtant, parfaitement adapté à la psyché féminine. Courtiser, c’est être pro-actif. Il ne s’agit pas d’insister mais d’être une force de proposition. Non pas la recouvrir de fleurs, à son anniversaire, plutôt lui en offrir une, à chaque rencontre.

Exploiter le « oui » à 200%, prendre le « non » pour ce qu’il est, une règle précieuse qui vous évitera une désagréable plainte pour distribution intempestive de roses ou de nougats !

Hauts les cœurs !

Crédit photo@Lucasfilm

Pour devenir un timide heureux, musclez donc votre vision latérale

timide

Il s’agit ici d’admettre une tendance naturelle qui commence peu à peu à nous empêcher de conclure, et ce en tout point : la Timidité. Oui, elle est, passé un certain âge, un crime d’état. « Mais c’est mignon, un Timide, cela rougit brusquement, comme s’il bouillonnait intérieurement! » Non, ça, c’est de la colère envers la vacuité de tes remarques, mais passons…

Solide manque de confiance en soi, soupçon d’ego en berne (visionnage d’un long métrage avec Nicolas Cage post « Volte-Face », énième client de bar PMU fleurant bon le pastis vous accostant au pied de votre immeuble…) et un bon cor plantaire: ça y est, vous y êtes, l’espiègle Fée Timidité ne vous lâchera pas d’une semelle. Prenant soudain possession de la moindre de vos émotions sans même une petite sonnerie d’alerte sur votre smartphone, la voici qui profite de votre coup de grisaille pour vous conférer la souplesse et la spontanéité d’un éléphant chaussé de ballerines en mousseline de béton.

Ce n’est pas par mauvaise volonté, mais la perspective de devoir affronter une soirée d’une trentaine de personnes, avec pour seule compagne une verrine tomate-pois gourmands, ou un entretien d’embauche face à un jury – Gollum, Grincheux et Chucky – si elle reste une occasion de se dépasser, peut très vite virer à l’épreuve olympique.

Et si les réseaux sociaux deviennent les nouveaux pinceaux du néo-Timide, lui permettant de tracer des lignes sur une toile jamais vraiment entamée, ils lui confèrent l’avantage (l’illusion) de se bâtir une vie sociale numérisée, loin des remous de la jungle urbaine et des restaurants en vogue. Il croit vaincre son démon domestique en se manifestant à mots couverts.

Lui qui aime tant la tiédeur ouatée de ses infernales hésitations, il est donc temps de l’en extirper, avec un ménagement tout relatif. En la matière, chez les Gens Pressés, nous y excellons. Le tout est de commencer par petites touches (non, les agressions physiques ne l’aideront pas, on a déjà essayé, sans succès).

Tout d’abord, tenter des expériences gustatives inédites, comme le foie gras en guise de quatre heures en compagnie d’une bande de voisins bavards et passablement éméchés. La honte, de manière surprenante, lui forgera une solide assurance.

Ensuite, quelques soirées interlopes à l’Espace B, là où il est certain de ne croiser que des félins dans son genre, la mine basse, l’air taiseux mais avec un œil qui frise à chaque nouvelle arrivée/arrivant(e).

Enfin, le convaincre qu’il n’y a pas de moment idéal pour fuir la routine liée à l’entrée dans l’âge adulte: parler au moins une fois dans la journée à un(e) inconnu(e) (non, la boulangère, ça ne compte pas, d’ailleurs, ô mes aïeux, mais que faîtes-vous donc dans une boulangerie en pleine saison du mono-kini ?), oser s’adresser au serveur quant au plat du jour plutôt que d’enfourner inlassablement une salade César trop sèche (que vous abhorrez, de toute manière).

Et puis saupoudrez le tout de paillettes et de rouge à lèvres couleur grenat. Quoi, vous portez la moustache? Vous devriez, dans ce cas, grâce à votre super-vison latérale (ultra-développée chez les Timides avertis, leur permettant de voir sans être vus) déjà être en train d’offrir une boisson fraîche à cette jeune fille, assise en compagnie d’un livre dont elle relit la cinquième page pour la dixième fois depuis qu’elle a croisé votre regard. Et oui, entre timides, l’entraide, ça n’a pas de prix.

Haut les cœurs !

Crédit photo @Walt Disney