À poil.

beauvoir_nobs2008

A quoi ressemblerait une fille canon ? Elle serait sportive, souriante, parfumée, parfaitement lookée ?
A quoi ressemblerait un mec canon ? Il aurait la mèche contrôlée, la chemise à la papa aux manches retroussées juste sous les coudes ?

Chez les Gens Pressés, c’est chaque jour que l’on essaye de dresser un portrait-robot exhaustif de la moitié parfaite, celle qui nous ferait indiscutablement tourner le menton au premier regard. Il n’y aurait plus les adeptes de Vincent Gallo ou de Jamie Dornan, les groupies de Georgia-May Jager ou de Naomi Campbell, non, juste un archétype enfin dévoilé, qui mettrait tout le monde d’accord…

Mais qu’en serait-il de la personne QU’IL NOUS FAUDRAIT ? Comment se décider, et décider si la personne assise en face de vous, dévorant un muffin bio est bien la bonne? Pour votre serviteur, une interrogation en forme de mot d’ordre : tous à poil ?

Samedi dernier, je demandais à un copain de se positionner clairement sur le sexe au premier regard. Et selon lui : “on appartient à une génération qui ne parvient plus à prendre son temps ». Well, well, well…

gif into the wild

Pourtant, il semble que le fait d’être nus vite et bien (ou pas!) dévoile aussi un bel idéal, celui de s’ouvrir sans ambages, sans attendre, en faisant fi du danger d’être très vite déçu. Au cœur de nos cités urbaines débordées, la fulgurance de la relation charnelle apparaît comme le dernier bastion d’une intensité sincère, véritable, que l’on peut « toucher ».

Comme un contre-poison au sulfureux qui nous entoure et nous écrase (publicités, séries, romans…), nous obligeant, peu à peu, à une plus grande pudeur de nos sentiments, de nos espérances, nous cédons volontiers à la mise à nu (au premier degré) imposée, transcendant ainsi les instants les plus parfaits.

Et malgré les écueils vertigineux que cela implique, il ne semble y avoir aucun doute : c’est à nu que tout est dit, c’est à nu qu’on a la sensation de caresser les âmes, du bout des lèvres, à fleur de peau…cela est tout à la fois fou et absurdement risqué, mais c’est ce qui rend la quête d’autant plus désirable, non ?

Haut les cœurs !

Créditphoto@Photo Art Shay/Courtesy Stephen Daiter Gallery
Créditgif@cinyma.tumblr.com

6 conseils pour un parfait rencard avec un parfait con

le con

Diverses conversations en compagnie des filles merveilleuses qui composent mon entourage m’ont permis de saisir leur inquiétude quant à leur rencontre avec le Prince charmant, elles qui, selon leur dire « n’ont de rencard qu’avec des gros cons ».

Histoire de leur faire gagner du temps, les Gens Pressés se sont efforcés d’ébaucher une liste de conseils précieux à leur attention, pour que leur prochain dîner avec l’homme le plus malotru de la planète se déroule dans les meilleures conditions possibles. Non, ne nous remerciez pas.

Vous avez réussi à décrocher un rencard, ça, c’est bien ! Mais tandis que vous vous dirigez vers la table à laquelle IL vous attend voilà maintenant dix bonnes minutes, une interrogation vous saisit d’effroi : comment vous tenir ? Devrez-vous aborder la crise au Moyen-Orient ? La concurrence effrénée entre Las Vegas et Macao ?
Pour ne pas passer pour un génie au mauvais moment, voici quelques astuces qui, je l’espère, sauront vous placer dans les meilleures dispositions possibles afin de conquérir votre bel Apollon de pacotille.

1. N’essayez pas d’avoir de la conversation :
Le con ne supporte pas les femmes parlantes ; il fuit toutes celles qui parviennent à utiliser des conjonctions de coordination. Efforcez vous de parler lentement, avec des mots simples. Faites des assemblages reconnus par l’Académie des goujats : « j’aime Paris », « j’adore l’art », « ah oui, tu es allé en Suisse ? ». Restez de marbre s’il aborde le caractère soluble des marchés financiers, alors que vous venez d’obtenir une promotion à la Bourse. Pourquoi ne pas plutôt lui faire part de votre passion pour le rose, le film « Babe » et la réglisse? Il en sera ravi.

2. Ne donnez jamais les détails de votre curriculum vitae :
Oui, vous avez un Bac+7 tout brillant accroché au mur de votre salle de bain, dans votre loft neuf de l’avenue Montaigne. Est-ce une raison pour partager votre réussite avec votre partenaire potentiel ? Que nenni !
Demeurez donc silencieuse sur votre parcours professionnel. Tandis qu’il lèvera le bras, l’air de rien, histoire de vous laisser découvrir subrepticement sa Rolex de compétition, vous aurez eu la bonne idée de cachez sous un petit foulard votre nouveau collier Cartier que vous vous êtes offert à l’occasion de votre anniversaire. Rappelez-vous que votre emploi ne doit pas être bien payé, qu’il doit se sentir le maître à table, et tout ira bien.

3. Mangez peu :
Après une longue journée de travail et trois heures passées à la salle de sport, vous êtes moulue, et une copieuse assisette de frites croquantes, une part généreuse de lasagnes ou une entrecôte à point pourraient combler aisément votre appétit. Mais comment donc ? Souhaitez-vous rester célibataire pour les vingt années à venir ? Une fille telle que vous mangera peu : soupe, salade légère, mijoté de légumes seront vos alliés pendant ce rencard. Vous devez maintenir dans la psyché masculine l’idée reçue suivante: les femmes sentent toujours la rose car elles s’en nourrissent exclusivement.

4. Donnez des signes de stupidité avancée :
Riez de tout. De ses plaisanteries stupides, des blagues de ses collègues qu’il vous répète la bouche pleine, de la serveuse qui a renversé tout un plateau de fruits de mer et qui s’est fait renvoyer sur-le-champ sous vos yeux, de Patrick Sébastien. Ayez de la sollicitude pour les pauvres, les chatons, les enfants: à ses yeux, vous aurez l’aura d’un Gandhi.

5. Jurez sur la tête d’Homer Simpson à tout prix :
Les citations de grands auteurs, les vers célèbres de poèmes universels, oubliez. Vous devez vous montrer digne d’intérêt en opérant une mutation totale de votre culture vers la sphère clairsemée de l’ignorance. Citez allègrement des répliques de…non, abandonnez l’idée même de citer des répliques. Bannissez Bob Dylan de votre mémoire au profit d’un couplet de Chris Conrad « j’ai dit oh la, dans la nuit bleue ». Votre rencard pose sa main sur la vôtre, vous y êtes presque !

6. Raccourcissez votre mini-jupe :
Le costume-pantalon créé pour le corps féminin, ce fut Saint Laurent. Pour conquérir le cœur du con assis en face de vous, une révision des clips des Pussycat Dolls et de “Cinquante nuances de Grey” sera nécessaire afin de faire de vous une niaise dans des vêtements de princesse.
Célébrez votre très maigre expérience quant à l’horizontalité auprès de divers partenaires. Restez évasive quant à votre vie amoureuse passée (« quelle vie amoureuse, voyons, Edmond ? ») et déclarez votre flamme au chat que vous n’avez pas encore acquis. Le mystère de la Vierge effarouchée est un célèbre piège à boulet.

Ça y est, vous y êtes, le parfait con est ferré ! Vous pouvez poursuivre votre relation avec ce rigolo et contacter un agent, histoire de monayer ce nouveau don pour la comédie. Ou prendre dès à présent un abonnement de vingt ans chez votre psy…chiatre. Ne nous remerciez pas, voyons !

 

Crédit photo@New Line Productions

Boulets, mode d’emploi

mister bean

Ici, on parle beaucoup de rencontres, de regards impromptus à la faveur d’une tiède soirée d’été. Mais qui songe à tous ces grossiers personnages qu’il a fallu écarter, ces hommes de mauvaise vie qui, gourmette bien en valeur, ont osé croiser votre chemin, sans aucun respect pour votre espace vital ? Oui, il est temps de rendre justice à tous ces instants où l’on a douté de soi, se reniflant la manche, à la recherche d’une odeur anormale qui pourrait justifier l’attraction des goujats vers nous. Portraits choisis :

1. L’über-isé :

Son temps est précieux. Bien plus que vous, d’ailleurs. A peine rencontrés, vous vous retrouvez sous sa couette. C’est qu’il sait y faire : il a même pensé à la bouteille d’eau fraîche de votre côté du lit, et au petit carré de chocolat sous l’oreiller. Mais pas de créneau pour un câlin matinal avec lui : déjà, une autre femme à satisfaire l’attend, à l’autre bout de la ville. Pas de repos pour les pros !

Le risque : qu’il vous demande combien d’étoiles vous lui attribuerez.
La solution : commander un gigolo. En cas de pépin, leur hotline est très efficace, et l’appel non surtaxé.

 

2. Le TOC-é :

Lui, il commence à reprendre son souffle lorsque vous avez retiré vos chaussures dans l’entrée, et que vous vous êtes passé deux fois les mains au Sanytol. Il repousse poliment vos baisers (il préfère que vous vous brossiez les dents d’abord). Avant de plonger dans un sommeil réparateur, vous tentez un ultime baiser : vous vous heurtez à son masque de nuit et à son baume à lèvres triple-protection (anti-dessèchement, anti-ride, anti-mites).

Le risque : d’accepter sa proposition de vivre avec lui dans une cabine stérile.
La solution : faire tomber son croissant dans la litière du chat, et le lui révéler alors qu’il y mord à pleines dents.

 

3. Le lève-tôt :

Lui, il a tout pour plaire. Une douce complicité s’est créée, vous vous sentez enfin vous-même dans ses bras. Il vous a même promis des crêpes pour le petit-déjeuner. Mais en guise de réveil, un cri : “merde, mais réveille toi, elle arrive dans quinze minutes chrono !” C’est là que vous notez, encore groggy de sommeil, sur la table de nuit, la photo d’une jeune femme qui n’a pas l’air d’être sa sœur.

Le risque : dormir avec vos baskets, pour fuir plus vite le matin venu.
La solution : oublier de le rappeler.

 

4. Le squatteur:

Deux jours après votre rencontre, il a décidé de laisser quelques affaires chez vous. La semaine d’après, il vous demandait si vous aviez une paire de pantoufles “en trop”. Puis ce fut  un double de vos clés emporté “par erreur”, une de ses chemises déposée dans votre lave-linge. Des canettes de bière jonchent le parquet de votre salon et il demande “qu’est ce qu’on mange” tous les soirs.

Le risque : héberger à titre gratuit un coup d’un soir.
La solution : alerter la SPM (Société de Protection Masculine) qu’un homme abandonné a trouvé refuge chez vous. Leur préciser qu’une fléchette hypodermique ne serait pas de trop.

 

5. Le cas soc’:

Tout se déroulait comme dans un rêve et vous le laissiez même piocher dans votre pop-corn. Faisant fi de ses mains moites, de ses bises humides, de sa calvitie, de ses chicots, de son aversion pour les vendeurs de roses, les chatons, les journalistes, les enfants, l’art moderne, il était temps, vous disiez-vous, de revoir vos a priori, et de lui donner sa chance.

Le risque : célébrer Jeanne d’Arc le 1er mai.
La solution : si vous aspirez à la charité, faites donc du bénévolat.

 

6. Le Tinder-man :

Ce qu’il est canon en photo ! Lui, il veut d’abord apprendre à vous connaître, dit l’annonce. Pour votre premier rencard, il vous emmène dans joli café (“parce que leur thé est bio hein, pas parce que c’est juste en bas de chez moi”, tient-il à préciser). Tandis que vous lui parlez de votre boulot, il swipe à droite quelques profils sur l’appli, l’autre main sur vos seins.

Le risque : vous retrouver involontairement dans un plan à trois (vous, lui, et son ego surdimensionné).
La solution : le bloquer, tout en sirotant votre thé.

 

7. Le “à l’ancienne” :

Il a beaucoup de classe, et les manières qui vont avec. Après une soirée inoubliable, il vous entraîne dans une chambre d’hôtel, à l’improviste. Au matin, une liasse est coincée sous votre oreiller. Le fixant d’un regard interrogateur, il vous demande, inquiet, si le compte y est.

Le risque :  le remercier d’avoir laissé cinquante euros en sus.

La solution : lui préciser que votre tarif est désormais soumis à la T.V.A.

Hauts les cœurs !

La bonne fringue, au bon moment

james bond + girl

La fringue, c’est le maquis dans lequel on se réfugie lorsque plus personne ne nous comprend, la tour d’ivoire nous permettant de nous refaire une meilleure mine, un ego tout neuf. Et chaque occasion, aussi minime soit elle, requiert un doigté absolu, histoire de ne pas opter pour une robe blanche le jour du mariage de votre cousine (que celui qui n’a jamais péché de cette manière…).

Aussi vous, oui vous qui n’a pas envie de passer pour un désespéré en fin de vie depuis votre rupture, vous qui avez envie de clouer le bec au père de votre moitié, ce post a été écrit pour VOUS.

1) Un filtre Instagram, pour un premier date :
Vous avez décroché un rendez-vous, ça y est, adieu pyjama-Nutella ! Bon, ce n’est pas la perfection espérée, mais ça s’en rapproche. Vous hésitez alors pour le costume de Franck Sinatra, la robe futuriste de Whitney Houston période Bodyguard ou la tenue de Tomb Raider… Hum…Attendez une seconde. On parle ici d’un premier date, soit de votre premier rencart depuis votre rupture avec José(e), en septembre 2011 (officiellement 2012), c’est bien cela ?

Notre conseil : ne nous mentons pas : il s’agit de ferrer l’élu(e), peu importe les sacrifices vestimentaires à commettre. Jarretières discrètes et costume bien repassé seront de mise. Surtout, emportez un filtre Instagram avec vous, et ajustez-le bien en face de votre visage. Tout est tellement plus chic en Nashville !

A éviter ? Ne commettez rien d’irréversible : les tatouages, la chirurgie mammaire ou l’extension pénienne peuvent bien attendre quelques jours de plus, si, si !

2) Un slip de secours, pour un premier matin :
Il y a eu une nuit, puis il y a eu ce matin. Vous vous réveillez en un ultime ronflement, avec un sentiment de profonde félicité. Mais l’œil cruel du miroir de la salle de bain vous achève : rouge à lèvres fossilisé sur le front, mascara tel des peintures de guerre barrant les joues, pour elle, bouche barbue bordée d’une mousse séchée pour lui. Les cheveux ? La tignasse d’une sorcière attaquée par des corbeaux, cela vous parle ?

Notre conseil : que la nuit ait été torride, assommante ou acrobatique, n’oubliez pas de régler le réveil suffisamment tôt pour faire un brin de réparations d’urgence. Pour vous et surtout, pour l’autre. Une brosse à dents de voyage et un slip de secours devraient d’ailleurs trouver domicile dans votre sac, de façon perpétuelle.

A éviter ? Le costume De Fursac ou la combi-pantalon compressés dans la boîte à gants ne sont vraiment pas indispensable, mais on n’est pas contre.

3) Le combo petite-laine/jean, pour un brunch :
Ah, fichu brunch de trentenaires. Quelle idée, mais vraiment, quelle idée ont-ils tous de se réunir en bande vers onze heures du matin pour un bagel et deux tranches de saumon se battant en duel sous un litre de café tiède ? Pourtant, votre nouvel(le) élu(e) a cru bon de vous y convier, histoire de vous prouver le délice de l’exercice. Vous vous souvenez de votre régime actuel à base de soupe et sole en papillote et vous pleurez doucement, à l’intérieur de vous.

Notre conseil : on privilégiera plutôt une tenue cosy et décontractée, comme un pull tout doux et un jean, histoire d’ajouter une pointe de sérénité au cœur de cette fiesta de la bouche pleine.

A éviter ?  Les talons hauts, les souliers dit péniches pour ces messieurs car le spectacle d’une rondelle de bacon coincé à leur extrémité risque d’être rédhibitoire pour un coït ultérieur. Et reposez-moi ces pancakes choco-confiture-beurre demi-sel, cela devient lassant, vraiment…

4) Des fripes, pour un déjeuner chez les beaux-parents ?
Oui, les beaux-parents sont des personnes (oh, qui a dit vampires ?) formidables. Elles trouvent toujours le moyen de convaincre leur rejeton de vous inviter à un repas dominical et vous questionnent sur votre avenir sans même que vous le réalisiez, en général à la troisième bouchée de rôti (pourquoi toujours du RÔTI?). Tandis que vous tentez de les convaincre que le métal progressif est un secteur d’avenir, vous réalisez que votre sweat n’était peut-être pas le plus approprié pour cette journée (avec un logo Sinister Day, par exemple, true story!).

Notre conseil : pantalons moulants, micro-jupes, talons hauts, t-shirt Abercrombie & Fitch ou de foot, peigne coincé dans les cheveux, tout est bon pour leur faire passer l’envie de vous réinviter. Parler la bouche pleine est hautement recommandé.

A éviter ? les bonnes manières, les cols Claudine.

5) Un sweat régressif, pour une nuit interdite ?
Oui, vous vous êtes fait avoir. Et c’est un peu compréhensible. Votre ex vous a proposé un dîner « en toute amitié » chez lui, un verre de vin jamais vide à la main. Entre bons souvenirs et petits baisers fous, vous vous êtes réveillé dans son lit, seul. Tout en vous offrant un bol de café, on vous a prié de partir, parce que « j’invite du monde à midi ».

Notre conseil : la honte et les remords, il n’y a pas pire pour brouiller le teint. Optez pour un pantalon saumon et un sweat jaune ou rigolo/régressif type Mickey ou Bambi. Lorsque vous vous maudirez devant la glace de votre ex au petit matin, la vue de votre accoutrement ridicule saura vous remonter (un peu) le moral. Vous parviendrez même à lui faire passer définitivement l’envie de vous toucher à nouveau. Parce qu’on ne couche pas avec le sosie de Dorothée.

A éviter ? les chaussures inconfortables, qui rendraient votre fuite boitillante (et donc ridicule).

6) Le déguisement fou, pour un café-rupture :
Votre ex-moitié vous a proposé une belle et tendre amitié en lieu et place de votre fusion langoureuse. Vos matins et vos nuits sont rythmés par le son de vos larmes et de votre nez dégoulinant. Vous ne voulez plus jamais le revoir. SAUF QUE vous avez omis de lui rendre ses clefs de scooter. C’est con. Rendez-vous est pris dans un lieu neutre de tout souvenir commun : le café du commerce senteur friture.

Notre conseil : abandonnez le temps d’une heure votre regard humide de cocker neurasthénique. Faîtes lui regretter, soyez aussi apprêté qu’un sapin de Noël : robe de sirène, talons hauts, déguisement de James Bond…quel que soit votre genre, vous êtes une diva! Surtout, ne craignez pas d’en faire trop : Miss France, à votre vue, doit vous glisser sa couronne, oui Monsieur.

A éviter: le mouchoir usé coincé dans la manche, le foulard offert pour vos six mois.

Haut les coeurs!

crédit photo : @MGM

« Let’s talk about sex»

parental advisory

Et, à ce titre, rien ne vaut une immersion en terrain inconnu.

Du courage.
Je m’interroge sur la situation des livres interdits. Entre la section « Développement personnel » et « Naissance », je localise un micro rayon, une colonnade de cent quatre vingts centimètres sur quarante. Une fantaisie face au colossal rayon Régime-minceur et, lui faisant face telle une réponse/une cure, le secteur « Cuisine ». L’ultime pugilat entre bonne chère et mauvaises graisses, un délice de paradoxe.

La place semble désertée, juste quelques futures mamans et des chefs de rayon affairés. Pourtant, j’hésite: ne devrait-on pas attendre la bonne rencontre avant de se lancer dans de telles lectures ? Et si cela me renvoyait à une nouvelle sexualité, trop cérébrale, vide de toute spontanéité? Mais renverser les a priori de mes congénères homo sapiens aux ébats officiellement accomplis, cela n’a décidément pas de prix.

Admettre qu’on veut savoir…
Pas envie de m’endormir devant mon ordinateur, en mode navigation privée. L’objectif de cette immersion est aussi d’admettre que cette thématique est trop volontiers abandonnée à une triviale grivoiserie plutôt que d’être abordée frontalement. Un éternuement dans mon dos et je me jette sur le premier livre qui traîne : « Bientôt Papa ». La belle affaire.

Nouveau calme environnant. Je tend la main. Des éclats de rire. En nage, je fais mine de me passionner pour l’insondable « Comment réussir ses recettes à base de Kiri ». Une bande d’ados laisse éclater des voix en mue, et s’attarde à mes côtés, feuilletant le Kâmasûtra. Amateurs, va.

…et réaliser qu’on n’est pas seul dans ce cas.
Quelques hommes solitaires, la soixantaine boudeuse, se risquent à parcourir des yeux ledit rayon. Ils ne tremblent pas, se contentent de lire les titres roses, blancs (code couleur discutable) sans les toucher, tels des collectionneurs avisés. J’ose jeter un regard vers leurs visages : neutralité de l’expert. Interprétation choisie: “le sexe, bah, il n’y a que les novices et les gamins que ça excite. Moi, j’ai passé l’âge !”.

Redoublement de confusion sous mon chapeau à large bord (me cacher des regards indiscrets? Moi? Pff). Se documenter, est-ce impudique, ouvertement déviant ? Et si je filais plutôt avec un énième ouvrage de facture plus classique ? Un bon Nicolas Fargues, un Camus, un passe-montagne, tout est bon pour éviter la remise en question.

Deux jeunes femmes s’avancent. « D’après toi, comment je pourrais réussir à lui faire ÇA? » soupire l’une d’elle, sous la mine désolée de l’autre. Tout un programme! Mais où sont-elles donc passées, les conversations badines entre amis, autour de deux cafés latte? Celles qui vous empêchent de vraiment regarder dans les yeux  leurs  tendre moitiés? Planquées à l’ombre d’un volume de “Cinquante Nuances de Grey”, je suppose?

Je sais que je ne sais rien.
Une pause dans le fourmillement incessant de chalands m’indique le signal du « défi à soi-même de la journée ». Le crissement d’un chariot : je serre les dents, m’efforçant de faire taire mes craintes puritaines, ancrées dans chacune de mes phalanges tremblantes.

J’arrache de sa gangue de teck premier prix ma cible. Rien de neuf sous le soleil, si ce n’est le plaisir de lire une auteure qui, enfin, pose des substantifs précis et fournit un éclairage sincère sur ce qui reste un apprentissage, souvent relégué au bon-vouloir des partenaires (plus ou moins pédagogues) et de films en clair-obscur. L’instinct donc, et puis, surtout, la chance. Beaucoup de chance…
tumblr_m1e9a7WvGb1qe0eclo1_r4_500

Assumer toutes ses lectures.
Alors je me plonge dans mon livre, je souris, je redécouvre. Je tourne fébrilement les pages, avec la mine de quelqu’un qui brave un interdit, a brûlé la voiture du maire par erreur, qui a critiqué un artiste sans savoir que son interlocuteur était l’artiste en question et…c’est là que je repère une lectrice de quatre-vingts ans environ sur mon aile droite. Elle fixe la couverture, suivi d’un clin d’œil complice… Really ?

En caisse, je présente quatre ouvrages, dont trois de cuisine.  Pâtisserie et câlineries, pourquoi choisir?

Haut les cœurs !

“Femme qui rit va t’elle (vraiment) au lit?”

marilyn

 

«…et c’est là que j’ai sorti mon nez rouge de ma poche de veste »

Eclat de rire de la Belle tant convoitée. Ses dents rayonnent telles les facettes polies du diamant que vous espérez qu’elle souhaitera peut-être que vous lui glissiez un jour au doigt, mais cela est déjà une autre histoire. Elle a la beauté singulière des femmes de goût, rayonne. De ses mouvements exhale l’Ambre de Serge Lutens. C’est celle qu’il vous faut, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Et puis, pierre précieuse ou pas, un coït dans les règles de l’art entre adultes consentants, ce serait déjà très satisfaisant.

Pour le moment, vous constatez que votre méthode d’approche longuement rôdée auprès de ses camarades du sexe faible fonctionne enfin. Oui, c’est bien sa main douce aux ongles vernis qui se déroule sur votre avant-bras, c’est bien dans son regard profond que se reflètent vos yeux, c’est le son de sa voix que votre cerveau télécharge automatiquement dans votre bibliothèque musicale du siècle, aux côtés de Neil Young et de Jack Of Heart.

Vous le sentez bien, depuis quelques semaines, elle semble vous attendre à la machine à café. Elle est délicatement vêtue (à votre attention?), soutient votre regard et n’est pas avare de clins d’oeil lorsqu’au détour d’un couloir ou d’une baie vitrée, vous vous croisez, malgré le tourbillon de la vie professionnelle ou sociale à la faveur desquels vous vous êtes rencontrés.

Alors, ferrée?

Pour répondre à cette question au plus vite, et vous éviter de vous retrouver devant un Conseil disciplinaire extraordinaire, voire au tribunal pour délit sexuel, ou, pire, d’être éconduit sur la place publique dans votre beau costume anglais et souliers Church’s acquis spécialement pour l’occasion, revenons à la génèse de la Femme moderne.

La lecture, l’écriture, la régulation de la fertilité, la musique, le droit de vote, autant de domaines et libertés où les femmes excellent et où l’homme n’a plus le privilège exclusif. Il est loin, le temps où Amantine Aurore Lucille Dupin signait ses œuvres George Sand afin d’éviter la vindicte de ses pairs écrivains. Plus d’époux dévoué afin de faire états de précieuses avancées scientifiques tel Monsieur Curie pour son illustre épouse. La femme est devenue savante, cela est certain. Quoi, vous l’aviez compris depuis des lustres ? Bien, bien…Dès lors, pourquoi tant d’hésitations devant votre Belle ?

Il semble que votre cogito ait saisi bien avant votre instinct de chasseur que la femme s’est ancré solidement dans son rôle d’animal politique. Et, comme tel, elle évolue dans différents cercles, cherchant parfois partenaires ou, plus trivialement, un entourage amical. Et que font les amis ? Ils échangent sur diverses thématiques, se trouvent des points communs, se lancent des piques innoffensives, se touchent le bras, l’épaule, pour appuyer un propos ou une confidence, plaisantent, rient à gorge déployée. Oui ! La femme aime rire, non pour flatter votre ego de mâle hésitant mais parce que le rire et la camaraderie font partie intégrante de sa nature, tout comme vous.

Cessez donc vos billevesées d’un autre âge, et, avant de vous fourvoyer honteusement en prenant votre Douce pour une sotte qui n’aurait pour unique body language révélateur qu’un simple élan naturel du corps face à un propos effectivement hilarant (oui, vous parvenez à être drôle, rassurez-vous ! Du moins, à défaut de séduire, héhé), relisez donc les lettres de Victor Hugo à Juliette Drouet (www.juliettedrouet.org). Dès lors, vous aurez le bagage nécessaire pour prolonger votre cour plus adroitement et, de là, rechercher d’autres signes plus probants de la possibilité d’une ile, avec elle pour unique partenaire de solitude.

Haut les cœurs!

Crédit photo : @pixers.fr