“Traffic Lights” de Victor Solf : balade nocturne

Ce qui me bouleverse toujours, en matière de musique, c’est la manière dont celle-ci parvient à s’installer au bon moment dans ma vie. Pourquoi aujourd’hui, pourquoi cet instant-là, alors que la pluie claque contre les vitres de mon appartement, et que le meilleur choix possible semble de me confronter à mon canapé, dans une lutte perdue d’avance ?

Traffic Lights est de la veine de ces titres qui s’impriment pour toujours dans nos instants intimes parce qu’il porte en lui toute cette pulsion, cette espérance indicible, aussi déterminés qu’incertains que nous sommes à revêtir nos frêles armures, prêts à affronter les défis vers lesquels nous portent nos petits cœurs vaillants.

Dans la voix de Victor Solf, dans ses soupirs déchirés, ses touches de piano, se dessine un éveil nouveau pétri de tout le tragique, de toute la lumière aussi, qui ne cessent de nous pousser un peu plus vers l’avant, à chaque pas chancelant.

@Antoine Hénault

Ce qu’on reconnait, chez cet artiste, désormais en solo, c’est la mélancolie heureuse vers laquelle il parvient à emporter l’auditeur. Solf ne feint pas sa passion pour la soul, le classique, l’électro, son public, ses proches, ne masque pas ce qui l’émeut. De tout ce creuset d’amours et de déchirures, il dévoile, avec une sensibilité rare, sa différence ; l’un des nôtres, en somme. Tout comme nous, il tente, se forme, recommence, et parvient ici, à force de travail et de passion, à ciseler une cellule d’or et d’espérance où il fait bon souffler un peu.

Traffic Lights touche par la richesse pudique de son orchestration, par l’infinie ténacité qui s’en dégage et qu’il transmet ; un temps pour se tenir debout, malgré tout.

Aftermath, Victor Solf (EP) – UMG (Universal Music Division Neuve)

Leave a Reply

Proudly powered by WordPress | Theme: Baskerville 2 by Anders Noren.

Up ↑

%d bloggers like this: