La tartine

tartine laboiteverte.fr


Les cheveux ressemblant à s’y méprendre à un nid d’hirondelles, vous n’avez pas entendu le réveil, enfoncé comme vous l’étiez sous la masse mousseuse de votre édredon.Vous émergez lentement ; à vos tympans fredonne encore la cohue du Bus Palladium d’il y a quelques heures à peine.

Lorsque vous parvenez enfin à ouvrir une paupière, une heure s’est encore écoulée.
Vous vous arrachez de vos draps: vos jambes se figent, le contraste de température manque de vous faire hurler. Le t-shirt constellé d’une substance inconnue, vous voilà titubant vers la cuisine, les bras tendus, telle une momie vers un pilleur de pyramide.

Une dosette et le café est en route. Un pied?! Le détail ne vous était pas paru de taille au réveil mais à présent, les yeux rivés sur la machine à café, vous réalisez qu’il y avait bien un pied, hors de la couette. Sûrement un effet d’optique, vous dîtes-vous.

Le temps de vous verser un second bol du nectar fumant, un grincement vous fait tressaillir. C’est que, avec votre caleçon de secours, vous n’êtes plus le tombeur absolu de la veille. Le froid polaire de la rue vous fait abandonner l’idée d’une fuite jusqu’au bar du coin de la rue. Et votre récente nouba vous a privé, pour longtemps, de tout secours éventuel du côté de votre voisine du dessous.

La porte qui s’ouvre. Un pied, le haut d’une cuisse, puis un visage.
La forme vous parle. Y aurait-il du café chaud pour elle ? Vous hochez la tête et lui en servez une grande rasade, histoire qu’elle ne parle pas pour un bon moment. Sauf qu’en fait, non, elle ne dit rien. Elle boit en silence, aussi discrète qu’une ombre. Et, de façon surprenante, ce mutisme ne vous pèse pas, tout comme son joli minois.

C’est à cet instant précis que vous la repérez.
Elle avait été tranchée la veille, pour une convive de passage qui avait lâchement déserté la maisonnée en ”oubliant” de laisser son numéro de téléphone. Elle avait été disposée sur un plateau, pour l’ami féru de beurre demi-sel, qui avait finalement opté pour un Granola. Elle avait failli être recouverte de miel pour une nièce dont la visite avait été reportée.

Vous dégainez votre pot de crème chocolat-noisettes avec une certaine fierté. Est-ce qu’une tartine lui dirait ? La forme, devenue soudain personne, semble hésiter. Et vous vous sentez soudain l’air stupide, votre tranche de pain entre les doigts.

Elle fixe votre proposition d’un air effaré. Une tartine ? Non, elle ne se sent pas prête à s’engager pour le moment, sort d’une rupture difficile et commence à peine à se sentir équilibrée. Vous lui précisez qu’il ne s’agit là que d’une tartine au chocolat, et que si elle préfère, vous avez aussi de la confiture d’abricots. Elle se lève, les joues cramoisies, la voix tremblante. Pas prête murmure t’elle, pas prête ! Ne faudrait-il pas apprendre à se connaître d’abord ? Dans votre main, le pain pèse une tonne.

Elle se saisit de son grand manteau, s’y love et empoigne son sac à main posé là. La reverrez-vous? osez-vous lui demander, alors qu’elle franchit le seuil de votre porte. Elle lance un terrible “on s’appelle bientôt!”. La tartine vous en tombe.

Hauts les cœurs !

Crédit photo@laboiteverte.fr

Le come-back du gentleman n’attend pas

chewbacca

Du sentiment amoureux, de la rencontre et des fissions qu’elle provoque, on en parle souvent, chez les Gens Pressés, et avec quel intérêt ! Il s’agit d’un des rares instants où toute personne se retrouve face à son destin, vulnérable et pourtant déterminée, hésitante et s’exprimant sans détours. Elle avance, la belle âme, vers l’objet de ses aspirations, et rien ne la freine, tout la projette, bien au contraire, vers cette dimension rêvée : échanger, enfin, avec l’élu(e) !

C’est malheureusement là que la maladresse de l’homme 3.0 complique tout. Plus de fleurs, plus de boîtes de nougats laissées sur le bureau, à la pause déjeuner, de mots doux dans la boîte aux lettres. Alors, on s’insurge, on s’élève et on trépigne. Et non, l’homme moderne se terre dans un silence assourdissant.

Voici donc une courte liste, ô combien non exhaustive, sorte de guide de survie à l’attention de cette gente qui recherche désespérément des repères d’approche sincères, entre masculin décomplexé (mais pas macho) et petit farceur du cœur enchâssé d’une flèche (mais pas con) :

1. Du bon usage du texto/du mail :

Vous l’avez rencontrée fortuitement et sa modernité vous a retourné, comme une fulgurance. Vous l’avez ajoutée parmi vos amis FB. Elle like vos actualités, vous de même. Quelques mails, bref, que vous souhaitez gonflé de toute votre sincérité « J’adore la pelote basque! ». C’est certain, vous dîtes vous, elle vous proposera un verre bientôt. Sauf que ça, c’était il y a huit mois.
Notre conseil : la proposition, c’est votre tâche, pas la sienne. Sauf que le temps que vous vous décidiez, elle sera sûrement déjà mariée et mère d’un adorable garçonnet. Le bon moment, c’est maintenant ! Mais lisez tout de même la fin de la chronique, cela pourrait vous servir.

2. Du mot derrière le mot :

Flash-back : elle s’inquiète de votre santé, vous interroge sur votre actualité, est enthousiaste de partager le même artiste de cœur que vous. Et vous lui répondez. A ses questions, rien qu’à ses questions, et toujours à ses questions. Pauvre de vous…
Notre conseil : armez-vous d’un sonotone et écoutez bien. Vous n’entendez rien ? Vraiment rien ? Pourtant, lorsqu’elle vous lance ce petit « ah, je sais qu’il sera en concert dans quinze jours », ne serait-ce pas une invitation au voyage…du moins musical, pour l’instant ? En deux clics, vos billets Digitick vous attendront dans votre boîte mail.

3. De la constante ironie, et autre second degré :

Vous aimez rire, voilà qui est enchanteur. Du coup, vous pensez la flatter en lui faisant part de vos dernières imitations de Tonton Bob, le bûcheron canadien, juste après qu’elle vous ait confié sa nostalgie quant à son Toronto natal. Ou vous lui présentez cette vidéo.
Notre conseil : écrivez un One Man Show, devenez célèbre et offrez lui un Jeff Koons. Sinon, évitez de vous payer sa tête. Le second degré, c’est au dixième rendez-vous. Avant, cela risque de mener à une claque, ou un verre de vin sur votre belle chemise.

4. De l’importance d’être constant :

Vous l’avez enfin rencontrée autour d’un café. Vous avez ri, cela a été l’un de vos rares moments de détente depuis ces six derniers mois. Elle vous propose de faire une expo. Problème, à cette date, c’est soirée Assassin’s Creed et pizza. Autant reporter vos retrouvailles à dans trois semaines, elle comprendra, songez-vous.
Notre conseil : vous affectionnez particulièrement rouler des pelles à des pixels ? Si non, vous savez que donner à Emmaüs une console, c’est rendre un enfant heureux. Et vous n’êtes pas cet enfant, non.

5. Le cycle de l’addition :

Ah, ce curieux moment de l’addition. Avouez que vous n’aimez pas trop cela : ça se remue vers le comptoir, une coupelle arrive avec cette note blanche, toujours très mal détaillée…Vous vous souvenez de la première fois que vous en avez vu une?

peur

Pas de doute, pas d’inquiétude, vous êtes un radin.
Notre conseil : premier, deuxième, troisième, vingtième…autant de rendez-vous pour autant de notes à régler. C’est comme cela, une norme sociale absurde (ou pas), un fardeau (ou pas), le fait est que le portefeuille doit se tenir prêt, sauf si elle insiste (insiste = attendre qu’elle prononce le cinquième « mais si, ça me fait plaisir » pour lâcher prise. Avant, cela risque de sonner faux).

6. La règle, c’est qu’il n’y a pas plus de règles :

Oui, après cette lecture, vous vous interrogez. Et alors ? Est-ce obligatoire ? Et si j’ai envie de la laisser payer, est-ce que ça fait de moi un salaud ? Assassin’s Creed, je l’aimais avant elle ! Hum…
Notre conseil : la galanterie, cet art discret qui favorise le maniement des mots et du cœur, est d’un exercice délicat et, pourtant, parfaitement adapté à la psyché féminine. Courtiser, c’est être pro-actif. Il ne s’agit pas d’insister mais d’être une force de proposition. Non pas la recouvrir de fleurs, à son anniversaire, plutôt lui en offrir une, à chaque rencontre.

Exploiter le « oui » à 200%, prendre le « non » pour ce qu’il est, une règle précieuse qui vous évitera une désagréable plainte pour distribution intempestive de roses ou de nougats !

Hauts les cœurs !

Crédit photo@Lucasfilm

Un mot après l’autre

Je me suis levée, un matin, et j’ai su que je l’aimais.

Je l’ai vu, hier encore, échanger avec une foule immense. Il souriait à l’infini, les bras tendus vers le ciel, et l’infini lui répondait de son silence.

Je me suis levée, ce matin, et j’ai su que nulle part ailleurs, je n’avais encore rencontré son pareil. Son pareil n’existe que dans mon imaginaire, et mes lacunes me ramènent à sa réalité.

Je me suis levée, ce matin, et j’ai senti que l’air n’avait pas la même odeur, et que mes mains n’avaient plus de prise sur mon avenir. J”ai regardé par la fenêtre. Dehors, il y avait des échos de son rire sur toutes les murailles.

Je me suis levée, ce matin, et l’aurore ne flattait plus mon visage comme à l’accoutumée. Il y avait un brûlant signe légendaire sur les nuages, et j’ai espéré de toutes mes forces guérir de ce mal écarlate au plus vite.

Je me suis levée, ce matin, et j’ai eu envie de fleurs avec toi, de cris avec toi, de lune avec toi, de mystères avec toi. J’ai ri d’être aussi fébrile. S’éteindre faute de toi semble soudain une certitude parfaite.

Je me suis levée, ce matin, et la rosée m’a murmuré une drôle de sérénade à ton attention. La nature avait alors le reflet de tes yeux, et mon dernier songe tentait encore de refermer mes paupières sur ton sourire.

Je me suis levée, ce matin, et le silence m’a rappelé ta main, large, presque carrée, ta peau, si proches, mais ton cœur, jamais, et je n’ai pas eu la force de tout te dire.

Je me suis levée, ce matin, et, comme tous les autres matins, je rassemblerai mes forces, et j’irai jusqu’au pas de ta porte, tout près de ta table, à côté de ton instrument, de tes livres, contre ta joue. Il n’y aura aucune parole ni révélation : la confidence se niche déjà dans mon regard. Tu ne la verras pas, et je me disperserai toute entière aux quatre vents, pétale par pétale.

J’ai ouvert toutes les portes, toutes les fenêtres : ne se sont échappées que les larmes grises. Reste ma tendresse silencieuse, mains en entonnoir autour de mes lèvres pour te siffloter une valse muette.

Je me suis levée, ce matin, avec mon âme un peu simple, un peu bancale.

Toi. Toi. Toi.

Like or die

fbaddict3

 

6:30
Je suis réveillée par le réveil programmé sur mon I-Phone 5S. J’ai très mal dormi, n’ayant pas eu de nouvelles de Louis. Pas de messages nocturnes. Je file prendre ma douche, et me brosse les dents en tête à tête avec ma page d’accueil.

7:45
Je fais griller mes tartines. Je jette un œil sur mes mails. Rien. Je me régale de mes courriers indésirables.

8:30
Alors que je ferme la porte d’entrée, je me souviens que je n’ai pas vérifié ma page FB : j’y avais posté huit vidéos de chatons et une autre sur un débat à l’ONU. Je bouscule cinq passants et deux poussettes, mais personne n’a le temps de maugréer, tous concentrés qu’ils sont sur leurs portables. Un coup d’épaule et je fais tomber la tablette de mon voisin: j’échappe de peu à un coup de Taser.

8:32
Marie a obtenu quatorze commentaires pour sa nouvelle photo de profil, la garce. La mienne a juste reçu deux like et encore, l’un des deux était de moi, histoire d’encourager les autres.

9:10
A nouveau dans la rue. Difficile de tenir un parapluie et un mobile devant ses yeux, mais je commence à m’y faire. Tandis que je m’étonne des photos du lunch de Christophe, lui qui avait déprogrammé notre ciné pour cause de grippe, je me console avec deux nouveaux followers: ma cousine et son chien, Arsène. Pas question de bouder mon plaisir: je décide de faire le grand tour pour atteindre le bureau, et en profiter pour acheter un pain aux raisins.

9:16
Je tombe sur le compte Insta de Juliette et sur son nouveau bikini rose. Tout en la supprimant de mon compte, cette sacrée garce, je renonce à ma viennoiserie, au profit d’un paquet de biscuits secs allégés. Sur la chaussée, un homme s’agite, pieds nus et pantalons sur les chevilles, une main sur la gorge d’une jeune femme qui hurle. Je les photographie discrètement : j’essaierai d’en tirer quelque chose d’artistique, avec les filtres disponibles.

9:35
J’arrive enfin au bureau. Tous ont le visage plongé dans leur boîte mails. La mienne contient plusieurs messages intitulés « urgent ». Je me connecte discrètement sur Tinder. Aucun célibataire ne m’a attribué de cœurs. De rage, je supprime l’application. Je la réinstallerai plus tard dans la soirée, un peu ivre, probablement.

9:45
FB. Louis a posté quelques vidéos de son vernissage. Mines enjouées, fringues Zadig & Voltaire. Je like les pages d’artistes qu’il a ajouté à ses favoris, à l’aveugle. Je note qu’il a modifié son statut sur ”en couple”. Je fais de même. Ma mère m’appelle aussitôt, un « enfin » dans la voix : je la déçois.

10:00
Annabelle a critiqué la boss sur Twitter. Elle me maile pour me faire part de ses craintes quant à son avenir professionnel si elle venait à l’apprendre. Je lui réponds que les boss sont trop stupides pour surfer sur Twitter.

10:15
J’assiste à la mise à pied d’Annabelle. En larmes, elle quitte le bureau avec un carton sous le bras, comme dans les films sur la crise des subprimes. Je photographie la scène et poste le tout sur FB. Je sais que Louis aime la lutte des classes, les colères sociales. J’intitule l’image d’un «la force de travail a aussi une âme ». Bancal mais clair, il me semble, pour une déclaration d’amour à son attention, non ?

11:30 
Toujours pas de like de Louis. Douze vidéos de pandas et un dossier survolé plus tard, je m’amuse à taper des statuts: Louis, mon amour, regarde-moi, ou Louis, je n’attends que toi. Je fais tomber une lourde gomme sur mon clavier. Le statut « Louis, mon corps t’appartient » apparaît dans le fil d’actualités.

11:31
Je supprime la photo en priant pour que personne ne l’ait remarquée. MP de Louis dont le contenu me glace « ??!! ».

11:44
Louis ne m’a pas supprimée mais cela ne saurait tarder. Comme un signe prémonitoire, le gourou de la presse underground, sur le mur duquel j’ai posté une plaisanterie pleine d’esprit, m’a soigneusement ignorée, au profit d’une photo de Bernard Minet. Je me sens chassée du Paradis.

13:40
J’ai réussi à boucler quelques dossiers, tout en ajoutant une nouvelle photo de profil : mon visage en noir et blanc, une fleur derrière l’oreille, en espérant que Louis y décodera que je ne suis pas une psychopathe, plutôt une romantique étourdie. Ma meilleure amie commente aussitôt : « et ton corps, il n’y a que Louis qui y a droit ? ». Je publie une photo de Kim Kardashian en robe fleurie, en la marquant au niveau de ses hanches. Fallait pas me provoquer.

14:02
Je sors prendre ma pause déjeuner. Je reçois un texto signé Louis. Il travaille dans mon quartier, et voudrait me parler. Il me donne donc rendez-vous, en tête à tête…sur Skype. Je m’interroge : suis-je prête ?

Hauts les cœurs !

Golden Blog Awards: et si on s’aimait, à nouveau?

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Les Golden Blog Awards, c’est une façon officielle de déclarer sa flamme à un blog qui vous plaît d’amour. C’est un présent qui récompense, enchante et encourage les auteurs 3.0, qui sillonnent le web et s’appliquent à faire de chacun de vos clics un sourire quotidien.

Ce blog, c’est une manière de se retrouver, d’échanger et des partager des considérations qu’on ose à peine se poser. Il me permet de mettre en lumière tant la chemise rose qui se languit d’être portée au fond de votre placard, ou le passager du métro qui attend de croiser votre regard, que cette jeune femme qui essaie de se faire discrète au rayon “sexe” de son libraire favori.

Les Gens Pressés sont dédiés à tous ceux qui osent, avec ou sans filtre. Alors à vos clics! Pour voter pour le blog, c’est ici:

http://www.golden-blog-awards.fr/blogs/les-gens-presses.html

Haut les coeurs!

FAN !!

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(ndla : je ne vous le dirai jamais assez, lâchez tout, votre verre ou votre chéri(e) et venez liker la page FB du blog; de plus, cliquez sur les mots soulignés dans l’article. A la clef? Du vrai bonus pour vos oreilles et vos yeux! Bisous!)

Lorsque l’on songe à un artiste qui nous laisse dans un état similaire à la jeune fille de la photo, on ressent parfois l’envie de le côtoyer, d’en savoir un peu plus sur lui. Aime t’il les boissons sucrées ou le café en dosettes, apprécie t’il la musique classique, trouve t’il l’inspiration au bord de l’eau ou les pieds sur le bitume ? De nombreuses interrogations qui se résolvent souvent, il est temps de se l’avouer, à grands coups de thé-croissant, une poignée de magazines people à la main.

Le fait de vouloir s’insérer dans leur psyché autant que dans leur quotidien, dans leur lit autant que dans leur assiette rappelle à quel point l’altérité modèle toute notre condition: l’autre, c’est un presque nous amélioré ou empiré, qui nous attire, fort, fort.

Et lorsque l’on observe les artistes devenus stars, on aimerait leur exprimer tout ce que leur œuvre a apporté à nos vies, leur rendre un peu de toute cette lumière. Le problème vient du fait qu’en général, tous ces beaux sentiments se changent en un seul et même cri « Patriiiiiick !!!! Léoooooo !!!!! ». De loin, cela fait très peur. Bon, ok, de près aussi.

Parfois, l’hystérie cède le pas à la tétanie, comme à la vue des chiffres du chômage. Je me souviens avoir croisé Nicolas Fargues sans pouvoir exprimer une seule phrase correcte : les jambes molles, les mains frissonnantes, j’avais dans l’idée de lui présenter un compliment très spirituel…lequel se réduisit à un murmuré « j’aime beaucoup ce que vous faîtes ».

Les stars semblent parfois nous considérer dans notre ensemble, c’est-à-dire telle une masse informe et hurlante, implorante et scrutatrice, les pupilles rivées sur leur poids et leurs conquêtes.

Reste que pour nous, public, il serait si bon de se sentir considéré dans son individualité, son histoire personnelle, la cuillère en bois en guise de micro. Mais il n’en est rien et la star a son existence propre, ses préoccupations. Alors sa main tendue se fait molle, son regard est vague, sa parole stéréotypée. Comme si l’artiste se sentait contraint d’établir une distance, craignant la manifestation de notre liesse.
La foule, elle, regrette le temps où il prenait plus de plaisir à lui sourire, à se souvenir de quelques visages, à serrer des mains, à oublier le succès pour ne voir que la tendresse de ceux qui le portent aux nues.

Ce conformisme face à la foule se comprend autant qu’il interroge. Va t’il contaminer leur art? Dès lors, qui ranimera la flamme de la bonne vieille attitude punk, capable de grands poings levés au nez des biens pensants? Y’ en aura t’il, des Maurice Pialat, qui auront l’audace d’un « si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus » ? Lesquels se souviendront des cafés-concerts déserts, des connaisseurs qui les invitaient à vider quelques verres après un énième vernissage raté ?

Un rêve ? Plutôt une hâte : que les stars descendent de la scène afin de jouer, de peindre, de dessiner et de chanter les pieds nus entre nos tables, au plus près de nous ! Promis, on essaiera de hurler à voix basse…

Hauts les cœurs !

Crédit photo@Milkcheck.fr

MODE HOMMES : une dernière chemise rose, pour la route?

pantone rose

La chemise rose porte en elle un impact particulier auprès de ceux qui y sont confrontés. Replaçons-nous, pour ce faire, dans un contexte fantasmé.

Vous avez été convié(e) à l’une de ces crémaillères où les verrines pois gourmands-saumon succèdent à des ballons de vin rouge un peu acide. Le volume sonore s’élève d’heure en heure, à mesure que les convives sombrent dans une ivresse tout en retenue et citations de Tristan Tzara entre deux bouchées de tzatziki. A bout de souffle, les tympans étourdis par ”Last night the DJ saved my life” et autre ”Danse des canards”, vous vous dirigez vers le balcon.

C’est là que vous l’apercevez. Sa barbe semble bien plus douce que le plus soyeux de vos pulls cachemire. Ses souliers ne sont ni pointus, ni vernis, ni pointus-carrés, ni des Converses crevées. Le pantalon est un jean brut, rien de bien criminel. C’est là qu’elle vous bondit aux yeux. Une chemise rose, vraiment ?

Le rituel n’est pas récent. Depuis quelques années déjà, nous avions été habitués à croiser les porteurs des fameux maillots Eden Park en ville, ces rugbymen de canapé, si fiers d’arborer les couleurs rose layette de la marque au petit nœud. On avait eu de l’indulgence pour eux, on les avait assimilé au XV de France, on en était presque tombé amoureux, on avait presque filé de chez eux au petit matin, un peu angoissé par tous ces polos soigneusement classés dans leurs armoires par modèle et par camaïeux…

On les avait oubliées, jusqu’au jour où elles sont apparues, les autres, leurs cousines aisées, les chemises roses. Il y en a désormais de toute sorte et toutes semblent coupables : les fines rayures, les poids, les barres transversales, les croisillons, les tye & dye, les ton sur ton, les discrètes, les fushias, les libertys, les saumons et les à carreaux, les marinières, les manches courtes…

La gente masculine s’est engouffrée dans la tendance sans jamais en revenir. Dans la plupart des garde-robes de ces messieurs est tapie une chemise rose, assumée ou inavouée. 

Sur nombre de forums féminins, il apparaît que la thématique est loin d’être aussi triviale qu’elle ne semble l’être : « atteinte à la virilité », « too much », « impossible à porter », les propos sont confus, hésitants entre assimilation de la touche de ”pink” à une orientation sexuelle ou célébrant sincèrement l’arrivée de la couleur dans le vestiaire mâle. Les magazines masculins ne sont pas en reste, prônant la teinte rose pâle et le non-conformisme altier.

Du côté des femmes, la situation reste délicate. C’est qu’elles en ont tellement croisé, des hommes bien-sous-tous-rapports-mais-têtes-de-noeud-désolé-avec-ma-copine-euh-ma-femme-euh-ma-compagne-c’est-compliqué-mais-si-c’est-juste-pour-coucher-alors-ça-va que le moindre indice, elles le saisissent au vol avec un intérêt tout particulier : cigarette ou cigare, cheveux courts ou catogan, hautbois ou violoncelle, tout élément externe est considéré comme une chance de faire le bon choix, même/surtout pour une nuit. La chemise rose fait partie du critère.

Alors, comment se situer face à l’objet ?Aux Gens Pressés, on avait pour habitude de le classer aux côtés des fans de David Guetto.

Et puis, il y eut Marc J:

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Et Drake:

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Voilà, c’est un fait, le problème, ce n’est pas vraiment la chemise, c’est plutôt celui qui la porte. “Un jour, mon prince, viendra…”

Haut les coeurs!

La bande-son des Gens Pressés est sur Deezer!

ImageLa playlist du blog est sur Deezer! Aucune hésitation ne sera bien sûr admise, encore moins un mot d’excuse pour cause de piscine ou d’équitation.

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires, remarques acérées, déclarations d’amour, j’adore ça!

Le LIEN: http://www.deezer.com/playlist/569603521

La page FB, pour encore plus de précipitations et de compères Pressés:

https://www.facebook.com/pages/Les-gens-press%C3%A9s/463450307057333

Haut les coeurs!

Vive la rentrée!

Bruce-Lee

Le temps des vacances peut expliquer bien des choses…La vitesse de croisière qu’ont pris les Gens Pressés par exemple, histoire de se recharger en vitamine A, et d’essayer d’être de bonne humeur, enfin.

Et puis il y a le symptôme classique, cette empathie automnale qui pourrait nous faire perdre le rythme citadin, entre fureur des pots d’échappement, fumeurs au bout du rouleau et souliers piétinés par la foule.

Ainsi, il est temps de passer en revue les

10 résolutions à absolument éviter à la rentrée :

1. Répondre à son ex/Appeler son ex :

Ah cette bonne compagne qu’est votre bonne humeur de fin d’été risque fort de vous pousser à bien des débordements inattendus. Vous resplendissez de coups de soleil et, après un si bel été, aspirez à chasser les vieilles rancoeurs de votre vie, et à renouer avec un monde d’amour et de douceur.

Maintenant, il est temps de rentrer. Ce que veut votre ex, c’est rallumer la flamme. Ce que vous rechercher, c’est entretenir votre bronzage à travers l’hiver. Des différences de points de vue qui entraîneront de drôles de surprises au réveil.

Notre diagnostic : Adopte un chat. On a dit un chat.

2. Céder à l’appel de “VOGUE” :


La cargaison de magazines a été faite ? Vous vous sentez l’âme d’un Tom Ford ou d’une Stella Mc Cartney ? Voilà qui est bien mais évitons les accidents je vous prie, posez moi donc cette veste rose fushia unisexe. C’est que, contaminés comme vous l’êtes par toute cette euphorie incontrôlable, vous aurez tôt fait de ressembler à tous ces modeux, en sueur dans des collections prévues pour les températures polaires du mois de Novembre.

Notre diagnostic : patientez jusqu’au 15 septembre, pour une after Fashion week New-Yorkaise tout en avant-garde et en adaptation climatique. Tous n’auront d’yeux que pour vous, chaussé(e)s des dernières mules compensées de l’été prochain. Tout pour la hype, même l’hypothermie, vous dis-je.

3. Changer de coiffure :


« Je pense que je vais me faire des mèches dorées » « Moi, j’ai opté pour une coupe à la garçonne ». Folie des folies ! Pensez-vous qu’il soit réellement raisonnable de sacrifier votre scalp déjà éreinté par une précédente demie-coloration (Daphné Bürki, sors de ce corps) sur l’autel de l’optimisme automnal ? Que croyez-vous que Karim Benzema pense de sa demie- crête de coq des 80’s? Ewan Mc Gregor de sa toison viking ? Ou les hipsters de leurs moustaches?

Notre diagnostic : Songez à votre libido : vous y étiez presque, ne gâchez pas tout pour une bévue capillaire…

4. S’inscrire sur Meetic :


Rentrée équivaut aussi à la rentrée des couples. Or, n’est pas encouplé qui veut. Comme chacun le constate, les couples parisiens ont succédé aux inséparables vacanciers mexicains. Et ces férus d’art contemporain et de concerts underground auront tôt fait, pour les plus solos d’entre nous, de nous masquer le décor de leurs lèvres réunies.

Pas de quoi cependant céder à la panique et filer sur les sites de rencontres ; contrairement au monsieur de la réclame à moto, ils ne permettent pas de combler le vide laissé devant vous au restaurant. Juste de prendre douloureusement conscience, le jour de la rencontre, du pouvoir des images et d’une solide formation en PhotoShop.

Notre diagnostic : optez pour CélibParis.fr, histoire de consommer locavore.

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5. Redécorer son appartement:


Il est certain que ce couvre-lit brodé de Turquie pourrait ranimer votre fauteuil club chiné. Il est clair que ce luminaire offert lors de votre semaine à Naples serait d’un goût tout à fait pointu dans votre salle de bain. Vous songez même à contacter une certaine Valérie D. pour votre chambre.

Chers lecteurs, par égard pour vos convives et amis, pas de transformation digne du souk de Marrakech ou d’un temple indonésien. En décoration, on parle d’ « influences » pas de mutation irréversible.

Notre diagnostic : emménagez sur votre lieu de vacances, histoire d’être raccord, une bonne fois pour toute.

6. Se mettre au sport/Suivre un régime :


En ce moment, êtes-vous pain grillé/beurre demi-sel ou eau tiède citronnée et quartier de pomme granit Smith ? C’est que le déhanché de la victoire d’Amel Bent n’est pas un modèle de conduite : est-ce vraiment le moment de mourir de faim, alors que les écureuils et les ours eux-mêmes font des réserves pour l’hiver ? Avez-vous déjà noté la présence d’un vélo d’appartement ou d’un abonnement à vie au club de gym dans leur tanière ?

Alors, oui, mordre dans ce burger, c’est préserver la survie de l’espèce, la vôtre. Céder à la tendance en arborant des baskets en plein jour est déjà un acte hautement sportif.

Notre diagnostic : hibernez.

7. Fureter sur Facebook :


Vous avez passé l’été à vaquer à votre emploi, vos études, pendant que d’autres flânaient à Porto-Rico, cela est tout à votre honneur. Mais quelle idée alors d’exposer votre bronzage de Paris-Plage à la cruelle lumière du réseau social ? Il est certain que bon nombre de vos « amis » auront posté, à la minute près, clichés et vidéos-chocs, proses amoureuses et like lanscinants pendant que vous vous octroyiez une sereine pause Coca au balcon de votre bureau déserté. Surfer sur FB reviendra à vous nouer autour du cou une belle et lourde corde.

Notre diagnostic : ne serait-ce pas le moment idéal pour partir aux Seychelles en Octobre, armée de votre smartphone et de votre compte Instagram? Surtout, n’épargnez personne.

8. Critiquer les addicts:


La rentrée est la période reine pour toutes les nouvelles addictions. Alors s’ils vous font bien rire, les e-fumeurs, avec leurs narines fulminantes de vapeur, méfiez-vous, cela pourrait bien vous arriver. Le principe vaut aussi pour celles et ceux qui ne sortent qu’avec des mannequins. Etrangement, aucune prévention n’est faite à ce sujet. On s’insurge.

Notre diagnostic : se mettre à la Vodka, histoire de (re)commencer en douceur et puis, ouvrir une agence de modèles, chez vous. C’est bien cela, l’auto-entrepreneuriat, non?

9. S’inscrire à un club de pêche :


La pêche, nouveau loisir hype. Tout comme se balader en Fixie à travers la ville, encombrant chaussées et trottoirs, empêchant les ambulances de sauver des vies et les troupes de cirques de terrifier les enfants. Tuer des poissons et couiner à tous les coins de rue, le nouveau yoga urbain de la rentrée qui tue la mort de ouf ?

Notre diagnostic : jouer à la pétanque en roller avec son chien, mêlant ainsi le ridicule, la protection animale et le divertissement pour tous.

10. Opter pour le nail-art:


Tout est dans l’intitulé et en plus, vous auriez au moins deux saisons de retard.

Notre diagnostic : portez des grillz, c’est beaucoup, beaucoup plus classe.

Haut les cœurs !

Crédit photo @Daigo.org

The Versatile blogger award: et si on s’aimait?

versitle-blogger

Oui, nous les bloggers, pendant les vacances, alors que nous limons nos souris et entretenons notre bronzage, fiévreux à l’idée de présenter nos nouveaux articles dès la rentrée, nous sommes ainsi: nous nous aimons mutuellement, et nous le faisons savoir à toute la Toile!

Le Versatile Blogger Award  reste un joli mode de découvertes, entre partisans des signes et autres hyperliens poétiques.

Tout fonctionne par élections affectives :

  1. tout d’abord, célébrer l’initiative en arborant fièrement les couleurs du logo des VBA en haut d’un post dédié ;
  2. puis, remercier chaleureusement la bloggeuse/le blogger truculent qui vous aime et le fait savoir ;
  3. lister 7 points sur notre virgule ;
  4. nominer 15 autres bloggers méritants ;
  5. les prévenir que nous avons exprimé tout notre amour à leur attention par un petit message.

Tout d’abord donc, je remercie (paillettes lancées en l’air et déferlante de colombes au plumage éclatant) The Symphonic Delight, qui a eu la délicieuse attention de penser aux Gens Pressés !

Ensuite, laissons-nous aller à un petit portrait chinois :

  • un livre : « Comment Wang-Fô fut sauvé », Marguerite Yourcenar ;
  • une inquiétude : « Ne jamais avoir honte » ;
  • une fierté : « Manger des oignons lors des rencards » ;
  • un rire : « La sincérité ivre » ;
  • une amitié : « Celle que ni les coups de gueules, ni le couple, ni les baskets compensées n’altère » ;
  • une question : « Mais qu’est ce qu’ils trouvent tous au Roi Lion ? »
  • un espoir : « Que le grand n’importe quoi soit une option universitaire»

Et, ainsi, l’amour des Gens Pressés va à :

The Symphonic Delight (frais)

Kitchlover (love et paillettes)

Coco (éclectique)

Angel Arriqui (crazy)

Sous nos couettes (children friendly)

Cultur’Elles (féminin et sans complexes)

Flavie Petit Coeur (fashion  & style)

Alerte à Liège (style et fashion)

John Noa (crazy menswear)

Monsieur Gabriel (grand coup à la tête et au coeur)

Madly By Zoxy (mode et youpi)

La Tête de l’artiste (des lives, du beau son)

Caroline (so food, so design!)

Chôm’Hype (“chômer, c’est dans Vogue ce mois-ci”)

La mode pour lui (si,si, génial)

Milles baisers et vivement la rentrée,

Haut les coeurs!