Et à vos souhaits!

the big lebowsky

Ah, cher virus du rhume… Avec lui, vous oscillez entre perte de confiance en vous (parce que nez rouge et fièvre hypnotique) et abattement total (parce bouffées de chaleur et nez dégoulinant).

Vous voudriez rester planqué chez vous, mais au boulot, l’excuse du rhume est aussi valable que celle du hamster mangeur de dossiers urgents (et pourtant!).

Vous sortez donc, armé d’un rouleau de papier essuie-tout (pour les no limits) ou d’une cartouche de Kleenex extra-soft (pour les snobs).

Pour draguer, il semble que passer votre tour soit plus sage. Car même si votre cible vous approche, surmontant sa crainte de la contagion, la vue de votre poche gondolée de mouchoirs figera, en elle, toute envie de conclure.

Alors? Tout est loin d’être perdu!

Tout d’abord, donnez un twist trendy à vos tire-jus: roses, imprimés bande-dessinée, tout sera bon pour éviter les mouchoirs mentholés, en tissu ou pire, votre papier…PQ?! Vous êtes sérieux? Ah, il est rose…Tu sors!

Ensuite, souriez en permanence, quitte à en avoir des crampes! Avec votre nez rouge, mieux vaut avoir l’air d’un clown joyeux que d’un Pierrot.

Tentez de maîtriser l’art de se moucher: pourquoi ne pas lancer une plaisanterie odieuse (impliquant un chaton ou Vincent Cassel) juste avant, afin de détourner l’attention? La technique fonctionne également en tirant une alarme-incendie en pleine conférence.

Songez enfin à revêtir des vêtements aux couleurs chaudes qui flatteront votre teint. A éviter, le gris ou le vert, qui se confondraient avec votre mine ainsi que les pyjama-pilou et autres bonnets Mickey, oui, même pour aller à la boulangerie, en bas de votre immeuble.

Et votre vie sociale alors, me direz-vous?

Disons que pour les miracles, il faudra repasser. Mais quant à se plaire, rien que soi, n’est ce pas déjà mission accomplie?

Haut les cœurs!

Crédit photo@Universal Studios Home Entertainment

“Pourquoi le bon mec ne se trouve jamais dans le bon wagon?”

poupée ken

…sachant que le seul wagon qui existe reste le nôtre, retraçons ensemble le postulat de départ.

Il y a de ces jours où l’on se sent particulièrement prête à séduire et à être séduite. Tout a été mis en œuvre: les ongles sont sertis de la bonne teinte, notre crinière, aussi souple que dans une réclame, glisse voluptueusement sur notre front. Notre émail dentaire devient un phare dans la brume matinale, les piétons dansent au son de “Let’s dance” sur notre passage, les voitures nous laissent traverser au feu vert et klaxonnent comme pour un mariage.
Oui, il y a de ces jours où notre potentiel à choper ne fait aucun doute. Et c’est malheureusement en de tels instants que l’élégie tourne à la parodie, une sorte de énième “Die Hard” où l’on note qu’après dix-huit cascades et douze truands éliminés, l’homme chauve à l’écran n’est pas Bruce Willis:

→ Scénario n° 1, “la malédiction de la rame d’en face” :

Les portes du compartiment s’ouvrent. Vous vous efforcez de choisir le strapontin le moins hygiéniquement douteux. Vous vous retenez d’un doigt à l’une des barres du métro, juste un doigt, hein, car, et cela est de notoriété publique, les microbes ne colonisent que les mains entièrement agrippées. Passons.
Vous tournez la tête vers la vitre et, what? Un brun, un blond cendré, un roux, un rasé vous contemplent, vous, la Désirable ! Et ce sourire qui répond au vôtre : enfin des hommes à jeun qui ne craignent pas les femmes sûres d’elles! Mais la lumière s’éloigne: vous plaquez votre visage contre la vitre, faisant fi de toutes les précautions sanitaires élémentaires, le nez et la bouche écrasés contre la glace pour mieux distinguer (?!) les silhouettes célestes déjà passées, l’oeil hagard…Vous faites peur à voir.

Pourquoi diantre a t’il fallu que vous choisissiez la direction de métro que n’empruntent que les vieux, les enfants et les harpies? Affrète t’on des rames spécialement pour les beaux garçons résidant dans le sens opposé? Existe t’il un numéro vert où l’on peut s’inscrire?
Lorsque l’incident devient la loi, on peut aisément convenir que cela tient de la malédiction. Quant à ce picotement dans votre gorge, c’est la certitude d’une journée fichue à venir…

→ Scénario n° 2, “le supplice des deux wagons d’avant”:

Toujours aussi belle et désirable. Vous atteignez enfin votre quai en bon état de séduire, malgré ces interminables couloirs nauséabonds, notamment grâce à un déodorant dont une goutte seule ferait fondre de l’acier. Comme des milliers de citadins, vous avez pris la savante habitude de vous placer au niveau de l’embouchure de votre sortie/changement. Corollaire immédiat : LE beau mec du jour vous passe littéralement sous le nez, deux wagons avant le vôtre, avec juste assez de cette attitude parfaitement sereine et décontractée pour laisser s’insinuer en vous l’atroce pressentiment qu’il aurait consenti de bonne grâce à un café en votre compagnie. Ce chien qui aboie en vous regardant fixement? Si, si, il se fiche de vous.

Alors? Jusqu’à quand, ces opportunités qu’on ne peut rattraper et qui filent entre les mailles du temps, qui coulent le long de nos bras ballants?
La routine est un fichu salaud et, de ce fait, suffisamment prévisible pour être dompté. Car, il est temps de se l’avouer, la peur de l’échec et de la désillusion est curieusement la plus forte de nos angoisses. Personnellement, je n’ai encore jamais vu quelqu’un se faire brutalement éconduire par un homme: “PARDON? ME PROPOSER UN CAFÉ? VOUS ÊTES CINGLÉE !!”
Houspiller les vendeurs ambulants de roses n’y changera rien, il va falloir tenter une expérience relevant de l’hystérie pure : détacher son nez d'”A Nous Paris” et faire retrouver l’usage de nos zygomatiques un peu rouillés, faute de flexions régulières. Comment cela, vous ne voyez rien?
Et ce pardessus kaki, à côté de l’abominable personnage sur votre droite, le nez dans son bouquin, ne serait-ce pas un potentiel Lui? Et ledit abominable personnage d’ailleurs qui, une fois sa frange relevée, s’avère être un spécimen tout à fait plaisant, bien que passablement renfrogné par un vilain rhume, qu’en fait-on ?
Bousculer le bon vieux quotidien ou survoler sa vie sans obligation d’achat, il va falloir choisir.

Haut les cœurs !

Crédit photo : Mattel