6 conseils pour un parfait rencard avec un parfait con

le con

Diverses conversations en compagnie des filles merveilleuses qui composent mon entourage m’ont permis de saisir leur inquiétude quant à leur rencontre avec le Prince charmant, elles qui, selon leur dire « n’ont de rencard qu’avec des gros cons ».

Histoire de leur faire gagner du temps, les Gens Pressés se sont efforcés d’ébaucher une liste de conseils précieux à leur attention, pour que leur prochain dîner avec l’homme le plus malotru de la planète se déroule dans les meilleures conditions possibles. Non, ne nous remerciez pas.

Vous avez réussi à décrocher un rencard, ça, c’est bien ! Mais tandis que vous vous dirigez vers la table à laquelle IL vous attend voilà maintenant dix bonnes minutes, une interrogation vous saisit d’effroi : comment vous tenir ? Devrez-vous aborder la crise au Moyen-Orient ? La concurrence effrénée entre Las Vegas et Macao ?
Pour ne pas passer pour un génie au mauvais moment, voici quelques astuces qui, je l’espère, sauront vous placer dans les meilleures dispositions possibles afin de conquérir votre bel Apollon de pacotille.

1. N’essayez pas d’avoir de la conversation :
Le con ne supporte pas les femmes parlantes ; il fuit toutes celles qui parviennent à utiliser des conjonctions de coordination. Efforcez vous de parler lentement, avec des mots simples. Faites des assemblages reconnus par l’Académie des goujats : « j’aime Paris », « j’adore l’art », « ah oui, tu es allé en Suisse ? ». Restez de marbre s’il aborde le caractère soluble des marchés financiers, alors que vous venez d’obtenir une promotion à la Bourse. Pourquoi ne pas plutôt lui faire part de votre passion pour le rose, le film « Babe » et la réglisse? Il en sera ravi.

2. Ne donnez jamais les détails de votre curriculum vitae :
Oui, vous avez un Bac+7 tout brillant accroché au mur de votre salle de bain, dans votre loft neuf de l’avenue Montaigne. Est-ce une raison pour partager votre réussite avec votre partenaire potentiel ? Que nenni !
Demeurez donc silencieuse sur votre parcours professionnel. Tandis qu’il lèvera le bras, l’air de rien, histoire de vous laisser découvrir subrepticement sa Rolex de compétition, vous aurez eu la bonne idée de cachez sous un petit foulard votre nouveau collier Cartier que vous vous êtes offert à l’occasion de votre anniversaire. Rappelez-vous que votre emploi ne doit pas être bien payé, qu’il doit se sentir le maître à table, et tout ira bien.

3. Mangez peu :
Après une longue journée de travail et trois heures passées à la salle de sport, vous êtes moulue, et une copieuse assisette de frites croquantes, une part généreuse de lasagnes ou une entrecôte à point pourraient combler aisément votre appétit. Mais comment donc ? Souhaitez-vous rester célibataire pour les vingt années à venir ? Une fille telle que vous mangera peu : soupe, salade légère, mijoté de légumes seront vos alliés pendant ce rencard. Vous devez maintenir dans la psyché masculine l’idée reçue suivante: les femmes sentent toujours la rose car elles s’en nourrissent exclusivement.

4. Donnez des signes de stupidité avancée :
Riez de tout. De ses plaisanteries stupides, des blagues de ses collègues qu’il vous répète la bouche pleine, de la serveuse qui a renversé tout un plateau de fruits de mer et qui s’est fait renvoyer sur-le-champ sous vos yeux, de Patrick Sébastien. Ayez de la sollicitude pour les pauvres, les chatons, les enfants: à ses yeux, vous aurez l’aura d’un Gandhi.

5. Jurez sur la tête d’Homer Simpson à tout prix :
Les citations de grands auteurs, les vers célèbres de poèmes universels, oubliez. Vous devez vous montrer digne d’intérêt en opérant une mutation totale de votre culture vers la sphère clairsemée de l’ignorance. Citez allègrement des répliques de…non, abandonnez l’idée même de citer des répliques. Bannissez Bob Dylan de votre mémoire au profit d’un couplet de Chris Conrad « j’ai dit oh la, dans la nuit bleue ». Votre rencard pose sa main sur la vôtre, vous y êtes presque !

6. Raccourcissez votre mini-jupe :
Le costume-pantalon créé pour le corps féminin, ce fut Saint Laurent. Pour conquérir le cœur du con assis en face de vous, une révision des clips des Pussycat Dolls et de “Cinquante nuances de Grey” sera nécessaire afin de faire de vous une niaise dans des vêtements de princesse.
Célébrez votre très maigre expérience quant à l’horizontalité auprès de divers partenaires. Restez évasive quant à votre vie amoureuse passée (« quelle vie amoureuse, voyons, Edmond ? ») et déclarez votre flamme au chat que vous n’avez pas encore acquis. Le mystère de la Vierge effarouchée est un célèbre piège à boulet.

Ça y est, vous y êtes, le parfait con est ferré ! Vous pouvez poursuivre votre relation avec ce rigolo et contacter un agent, histoire de monayer ce nouveau don pour la comédie. Ou prendre dès à présent un abonnement de vingt ans chez votre psy…chiatre. Ne nous remerciez pas, voyons !

 

Crédit photo@New Line Productions

Boulets, mode d’emploi

mister bean

Ici, on parle beaucoup de rencontres, de regards impromptus à la faveur d’une tiède soirée d’été. Mais qui songe à tous ces grossiers personnages qu’il a fallu écarter, ces hommes de mauvaise vie qui, gourmette bien en valeur, ont osé croiser votre chemin, sans aucun respect pour votre espace vital ? Oui, il est temps de rendre justice à tous ces instants où l’on a douté de soi, se reniflant la manche, à la recherche d’une odeur anormale qui pourrait justifier l’attraction des goujats vers nous. Portraits choisis :

1. L’über-isé :

Son temps est précieux. Bien plus que vous, d’ailleurs. A peine rencontrés, vous vous retrouvez sous sa couette. C’est qu’il sait y faire : il a même pensé à la bouteille d’eau fraîche de votre côté du lit, et au petit carré de chocolat sous l’oreiller. Mais pas de créneau pour un câlin matinal avec lui : déjà, une autre femme à satisfaire l’attend, à l’autre bout de la ville. Pas de repos pour les pros !

Le risque : qu’il vous demande combien d’étoiles vous lui attribuerez.
La solution : commander un gigolo. En cas de pépin, leur hotline est très efficace, et l’appel non surtaxé.

 

2. Le TOC-é :

Lui, il commence à reprendre son souffle lorsque vous avez retiré vos chaussures dans l’entrée, et que vous vous êtes passé deux fois les mains au Sanytol. Il repousse poliment vos baisers (il préfère que vous vous brossiez les dents d’abord). Avant de plonger dans un sommeil réparateur, vous tentez un ultime baiser : vous vous heurtez à son masque de nuit et à son baume à lèvres triple-protection (anti-dessèchement, anti-ride, anti-mites).

Le risque : d’accepter sa proposition de vivre avec lui dans une cabine stérile.
La solution : faire tomber son croissant dans la litière du chat, et le lui révéler alors qu’il y mord à pleines dents.

 

3. Le lève-tôt :

Lui, il a tout pour plaire. Une douce complicité s’est créée, vous vous sentez enfin vous-même dans ses bras. Il vous a même promis des crêpes pour le petit-déjeuner. Mais en guise de réveil, un cri : “merde, mais réveille toi, elle arrive dans quinze minutes chrono !” C’est là que vous notez, encore groggy de sommeil, sur la table de nuit, la photo d’une jeune femme qui n’a pas l’air d’être sa sœur.

Le risque : dormir avec vos baskets, pour fuir plus vite le matin venu.
La solution : oublier de le rappeler.

 

4. Le squatteur:

Deux jours après votre rencontre, il a décidé de laisser quelques affaires chez vous. La semaine d’après, il vous demandait si vous aviez une paire de pantoufles “en trop”. Puis ce fut  un double de vos clés emporté “par erreur”, une de ses chemises déposée dans votre lave-linge. Des canettes de bière jonchent le parquet de votre salon et il demande “qu’est ce qu’on mange” tous les soirs.

Le risque : héberger à titre gratuit un coup d’un soir.
La solution : alerter la SPM (Société de Protection Masculine) qu’un homme abandonné a trouvé refuge chez vous. Leur préciser qu’une fléchette hypodermique ne serait pas de trop.

 

5. Le cas soc’:

Tout se déroulait comme dans un rêve et vous le laissiez même piocher dans votre pop-corn. Faisant fi de ses mains moites, de ses bises humides, de sa calvitie, de ses chicots, de son aversion pour les vendeurs de roses, les chatons, les journalistes, les enfants, l’art moderne, il était temps, vous disiez-vous, de revoir vos a priori, et de lui donner sa chance.

Le risque : célébrer Jeanne d’Arc le 1er mai.
La solution : si vous aspirez à la charité, faites donc du bénévolat.

 

6. Le Tinder-man :

Ce qu’il est canon en photo ! Lui, il veut d’abord apprendre à vous connaître, dit l’annonce. Pour votre premier rencard, il vous emmène dans joli café (“parce que leur thé est bio hein, pas parce que c’est juste en bas de chez moi”, tient-il à préciser). Tandis que vous lui parlez de votre boulot, il swipe à droite quelques profils sur l’appli, l’autre main sur vos seins.

Le risque : vous retrouver involontairement dans un plan à trois (vous, lui, et son ego surdimensionné).
La solution : le bloquer, tout en sirotant votre thé.

 

7. Le “à l’ancienne” :

Il a beaucoup de classe, et les manières qui vont avec. Après une soirée inoubliable, il vous entraîne dans une chambre d’hôtel, à l’improviste. Au matin, une liasse est coincée sous votre oreiller. Le fixant d’un regard interrogateur, il vous demande, inquiet, si le compte y est.

Le risque :  le remercier d’avoir laissé cinquante euros en sus.

La solution : lui préciser que votre tarif est désormais soumis à la T.V.A.

Hauts les cœurs !