La bande-son des Gens Pressés est sur Deezer!

ImageLa playlist du blog est sur Deezer! Aucune hésitation ne sera bien sûr admise, encore moins un mot d’excuse pour cause de piscine ou d’équitation.

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires, remarques acérées, déclarations d’amour, j’adore ça!

Le LIEN: http://www.deezer.com/playlist/569603521

La page FB, pour encore plus de précipitations et de compères Pressés:

https://www.facebook.com/pages/Les-gens-press%C3%A9s/463450307057333

Haut les coeurs!

Vive la rentrée!

Bruce-Lee

Le temps des vacances peut expliquer bien des choses…La vitesse de croisière qu’ont pris les Gens Pressés par exemple, histoire de se recharger en vitamine A, et d’essayer d’être de bonne humeur, enfin.

Et puis il y a le symptôme classique, cette empathie automnale qui pourrait nous faire perdre le rythme citadin, entre fureur des pots d’échappement, fumeurs au bout du rouleau et souliers piétinés par la foule.

Ainsi, il est temps de passer en revue les

10 résolutions à absolument éviter à la rentrée :

1. Répondre à son ex/Appeler son ex :

Ah cette bonne compagne qu’est votre bonne humeur de fin d’été risque fort de vous pousser à bien des débordements inattendus. Vous resplendissez de coups de soleil et, après un si bel été, aspirez à chasser les vieilles rancoeurs de votre vie, et à renouer avec un monde d’amour et de douceur.

Maintenant, il est temps de rentrer. Ce que veut votre ex, c’est rallumer la flamme. Ce que vous rechercher, c’est entretenir votre bronzage à travers l’hiver. Des différences de points de vue qui entraîneront de drôles de surprises au réveil.

Notre diagnostic : Adopte un chat. On a dit un chat.

2. Céder à l’appel de “VOGUE” :


La cargaison de magazines a été faite ? Vous vous sentez l’âme d’un Tom Ford ou d’une Stella Mc Cartney ? Voilà qui est bien mais évitons les accidents je vous prie, posez moi donc cette veste rose fushia unisexe. C’est que, contaminés comme vous l’êtes par toute cette euphorie incontrôlable, vous aurez tôt fait de ressembler à tous ces modeux, en sueur dans des collections prévues pour les températures polaires du mois de Novembre.

Notre diagnostic : patientez jusqu’au 15 septembre, pour une after Fashion week New-Yorkaise tout en avant-garde et en adaptation climatique. Tous n’auront d’yeux que pour vous, chaussé(e)s des dernières mules compensées de l’été prochain. Tout pour la hype, même l’hypothermie, vous dis-je.

3. Changer de coiffure :


« Je pense que je vais me faire des mèches dorées » « Moi, j’ai opté pour une coupe à la garçonne ». Folie des folies ! Pensez-vous qu’il soit réellement raisonnable de sacrifier votre scalp déjà éreinté par une précédente demie-coloration (Daphné Bürki, sors de ce corps) sur l’autel de l’optimisme automnal ? Que croyez-vous que Karim Benzema pense de sa demie- crête de coq des 80’s? Ewan Mc Gregor de sa toison viking ? Ou les hipsters de leurs moustaches?

Notre diagnostic : Songez à votre libido : vous y étiez presque, ne gâchez pas tout pour une bévue capillaire…

4. S’inscrire sur Meetic :


Rentrée équivaut aussi à la rentrée des couples. Or, n’est pas encouplé qui veut. Comme chacun le constate, les couples parisiens ont succédé aux inséparables vacanciers mexicains. Et ces férus d’art contemporain et de concerts underground auront tôt fait, pour les plus solos d’entre nous, de nous masquer le décor de leurs lèvres réunies.

Pas de quoi cependant céder à la panique et filer sur les sites de rencontres ; contrairement au monsieur de la réclame à moto, ils ne permettent pas de combler le vide laissé devant vous au restaurant. Juste de prendre douloureusement conscience, le jour de la rencontre, du pouvoir des images et d’une solide formation en PhotoShop.

Notre diagnostic : optez pour CélibParis.fr, histoire de consommer locavore.

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5. Redécorer son appartement:


Il est certain que ce couvre-lit brodé de Turquie pourrait ranimer votre fauteuil club chiné. Il est clair que ce luminaire offert lors de votre semaine à Naples serait d’un goût tout à fait pointu dans votre salle de bain. Vous songez même à contacter une certaine Valérie D. pour votre chambre.

Chers lecteurs, par égard pour vos convives et amis, pas de transformation digne du souk de Marrakech ou d’un temple indonésien. En décoration, on parle d’ « influences » pas de mutation irréversible.

Notre diagnostic : emménagez sur votre lieu de vacances, histoire d’être raccord, une bonne fois pour toute.

6. Se mettre au sport/Suivre un régime :


En ce moment, êtes-vous pain grillé/beurre demi-sel ou eau tiède citronnée et quartier de pomme granit Smith ? C’est que le déhanché de la victoire d’Amel Bent n’est pas un modèle de conduite : est-ce vraiment le moment de mourir de faim, alors que les écureuils et les ours eux-mêmes font des réserves pour l’hiver ? Avez-vous déjà noté la présence d’un vélo d’appartement ou d’un abonnement à vie au club de gym dans leur tanière ?

Alors, oui, mordre dans ce burger, c’est préserver la survie de l’espèce, la vôtre. Céder à la tendance en arborant des baskets en plein jour est déjà un acte hautement sportif.

Notre diagnostic : hibernez.

7. Fureter sur Facebook :


Vous avez passé l’été à vaquer à votre emploi, vos études, pendant que d’autres flânaient à Porto-Rico, cela est tout à votre honneur. Mais quelle idée alors d’exposer votre bronzage de Paris-Plage à la cruelle lumière du réseau social ? Il est certain que bon nombre de vos « amis » auront posté, à la minute près, clichés et vidéos-chocs, proses amoureuses et like lanscinants pendant que vous vous octroyiez une sereine pause Coca au balcon de votre bureau déserté. Surfer sur FB reviendra à vous nouer autour du cou une belle et lourde corde.

Notre diagnostic : ne serait-ce pas le moment idéal pour partir aux Seychelles en Octobre, armée de votre smartphone et de votre compte Instagram? Surtout, n’épargnez personne.

8. Critiquer les addicts:


La rentrée est la période reine pour toutes les nouvelles addictions. Alors s’ils vous font bien rire, les e-fumeurs, avec leurs narines fulminantes de vapeur, méfiez-vous, cela pourrait bien vous arriver. Le principe vaut aussi pour celles et ceux qui ne sortent qu’avec des mannequins. Etrangement, aucune prévention n’est faite à ce sujet. On s’insurge.

Notre diagnostic : se mettre à la Vodka, histoire de (re)commencer en douceur et puis, ouvrir une agence de modèles, chez vous. C’est bien cela, l’auto-entrepreneuriat, non?

9. S’inscrire à un club de pêche :


La pêche, nouveau loisir hype. Tout comme se balader en Fixie à travers la ville, encombrant chaussées et trottoirs, empêchant les ambulances de sauver des vies et les troupes de cirques de terrifier les enfants. Tuer des poissons et couiner à tous les coins de rue, le nouveau yoga urbain de la rentrée qui tue la mort de ouf ?

Notre diagnostic : jouer à la pétanque en roller avec son chien, mêlant ainsi le ridicule, la protection animale et le divertissement pour tous.

10. Opter pour le nail-art:


Tout est dans l’intitulé et en plus, vous auriez au moins deux saisons de retard.

Notre diagnostic : portez des grillz, c’est beaucoup, beaucoup plus classe.

Haut les cœurs !

Crédit photo @Daigo.org

The Versatile blogger award: et si on s’aimait?

versitle-blogger

Oui, nous les bloggers, pendant les vacances, alors que nous limons nos souris et entretenons notre bronzage, fiévreux à l’idée de présenter nos nouveaux articles dès la rentrée, nous sommes ainsi: nous nous aimons mutuellement, et nous le faisons savoir à toute la Toile!

Le Versatile Blogger Award  reste un joli mode de découvertes, entre partisans des signes et autres hyperliens poétiques.

Tout fonctionne par élections affectives :

  1. tout d’abord, célébrer l’initiative en arborant fièrement les couleurs du logo des VBA en haut d’un post dédié ;
  2. puis, remercier chaleureusement la bloggeuse/le blogger truculent qui vous aime et le fait savoir ;
  3. lister 7 points sur notre virgule ;
  4. nominer 15 autres bloggers méritants ;
  5. les prévenir que nous avons exprimé tout notre amour à leur attention par un petit message.

Tout d’abord donc, je remercie (paillettes lancées en l’air et déferlante de colombes au plumage éclatant) The Symphonic Delight, qui a eu la délicieuse attention de penser aux Gens Pressés !

Ensuite, laissons-nous aller à un petit portrait chinois :

  • un livre : « Comment Wang-Fô fut sauvé », Marguerite Yourcenar ;
  • une inquiétude : « Ne jamais avoir honte » ;
  • une fierté : « Manger des oignons lors des rencards » ;
  • un rire : « La sincérité ivre » ;
  • une amitié : « Celle que ni les coups de gueules, ni le couple, ni les baskets compensées n’altère » ;
  • une question : « Mais qu’est ce qu’ils trouvent tous au Roi Lion ? »
  • un espoir : « Que le grand n’importe quoi soit une option universitaire»

Et, ainsi, l’amour des Gens Pressés va à :

The Symphonic Delight (frais)

Kitchlover (love et paillettes)

Coco (éclectique)

Angel Arriqui (crazy)

Sous nos couettes (children friendly)

Cultur’Elles (féminin et sans complexes)

Flavie Petit Coeur (fashion  & style)

Alerte à Liège (style et fashion)

John Noa (crazy menswear)

Monsieur Gabriel (grand coup à la tête et au coeur)

Madly By Zoxy (mode et youpi)

La Tête de l’artiste (des lives, du beau son)

Caroline (so food, so design!)

Chôm’Hype (“chômer, c’est dans Vogue ce mois-ci”)

La mode pour lui (si,si, génial)

Milles baisers et vivement la rentrée,

Haut les coeurs!

Où est (vraiment) le cool?

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Sérieusement, il serait temps d’y voir un peu clair dans la coolosphère. Cela devient terriblement délicat de s’y retrouver. Entre les montures de lunettes en bois et le retour des New Balance, on oscille doucement entre lassitude et désespoir. Même les webzines tournent en rond, s’abreuvant tous au même point d’eau.

Le cool ressemble un peu à un privilège, celui de ceux qui savent où tourner leur regard lorsque tous attendent encore que la bonne option leur soit sagement indiquée. Il se fait furtif, se mouvant discrètement aux abords du dangereux fleuve mainstream.

La conséquence immédiate reste que l’amateur de culture pas encore cuite, avec ce petit trait d’acidité qui fait toute sa rareté, ne sait plus à qui se fier. Les défricheurs radiophoniques les plus rodés se laissent doucement concurrencer par des sites bricolés avec la malice du talent.

D’ailleurs, qu’est-elle est donc, cette fichue tendance ? Quelqu’un l’a t’il déjà vue se fixer plus de cinq minutes à la terrasse du Tuck Shop ? Non, elle préfère de loin s’éloigner des allées trop policées de Paris Plage pour rallier l’électro-barbue et Ray-Bannée du Glazart. Pour le meilleur?

Pour Alain Cavalier, le cool absolu, c’est un  couple de réalisateurs se  filmant pendant quarante-huit heures au quotidien, sans aucune censure, le cinéma éclatant face à tant de nouveauté. Le cinéma, peut-être, mais pas notre indifférence crasse héritée de nos années Wanadoo. Non, le cru a perdu sa saveur interlope: on veut plus! Plus d’imaginaire mais mâtiné de réalité, plus de frontières molles entre le songe et les pavés gris pastels de la rue du Nil.

Mais où est donc ce sacré cool ?

Certains forums proposent une nomenclature suprême à ceux qui s’interrogent et suivent doctement les conseils 3.0 délivrés par une Pythie toute de plastique et de cristaux liquides. D’autres tentent la paire de tongs siglée…hum…

Où loge t’il?

Dans ces soirées pyjamas fichées dans un hôtel luxueux, au perron habituellement infranchissable ? Dans ce concert illégal sous influence dans un wagon de métro ? Les bornes se fondent dans le décor et les castes éclatent.

Le cool se laisse soudain deviner au détour d’une œuvre de Théo Mercier, où le bizarre embrasse à pleine bouche une drôlerie dérangeante. Il montre une mèche peroxydée du côté d’Ostende, histoire de marcher dans les pas d’un Marvin Gaye en perte de vitesse, plus borderline et inspiré que jamais. Il abhorre les films centrés sur les jeunes filles en fleur, leur préférant les fables douces-amères d’Alice et Virgile, peuplées de garçons de bonne famille terriblement beaux et lâches, et d’amoureuses venimeuses, un poil obscènes, pour notre plus grande confusion des genres.

Surtout, on souhaiterait que le cool n’aime ni le bubble tea, ni les Vans customisées (mais aux Gens Pressés, on veut bien vous les garder, si, on insiste!), plutôt un Fuzati éméché en costume trois pièces jetant des canettes de vin rouge sur l’équipe de tournage de Paris Dernière.

Et tandis que kim Novak nous abandonne au coeur d’un paysage musical fait d’amour absolu et de fins de partie amères, de douce latérite mélancolique et de mouvements de danse que l’on n’aurait jamais osé esquisser, le cool sommeille un peu, lessivé par tant d’écarts de conduite, certain que d’ici une heure ou deux, ses poursuivants, par paresse ou manque de malice, auront tôt fait de le confondre avec….un album de Daft Punk. Cool ou pas cool ? Ah !

Hauts les cœurs !

ps: les liens soulignés en rose sont faits pour être cliqués et dévorés. Enjoy!

Crédit gif @Tumblr

Pour devenir un timide heureux, musclez donc votre vision latérale

timide

Il s’agit ici d’admettre une tendance naturelle qui commence peu à peu à nous empêcher de conclure, et ce en tout point : la Timidité. Oui, elle est, passé un certain âge, un crime d’état. « Mais c’est mignon, un Timide, cela rougit brusquement, comme s’il bouillonnait intérieurement! » Non, ça, c’est de la colère envers la vacuité de tes remarques, mais passons…

Solide manque de confiance en soi, soupçon d’ego en berne (visionnage d’un long métrage avec Nicolas Cage post « Volte-Face », énième client de bar PMU fleurant bon le pastis vous accostant au pied de votre immeuble…) et un bon cor plantaire: ça y est, vous y êtes, l’espiègle Fée Timidité ne vous lâchera pas d’une semelle. Prenant soudain possession de la moindre de vos émotions sans même une petite sonnerie d’alerte sur votre smartphone, la voici qui profite de votre coup de grisaille pour vous conférer la souplesse et la spontanéité d’un éléphant chaussé de ballerines en mousseline de béton.

Ce n’est pas par mauvaise volonté, mais la perspective de devoir affronter une soirée d’une trentaine de personnes, avec pour seule compagne une verrine tomate-pois gourmands, ou un entretien d’embauche face à un jury – Gollum, Grincheux et Chucky – si elle reste une occasion de se dépasser, peut très vite virer à l’épreuve olympique.

Et si les réseaux sociaux deviennent les nouveaux pinceaux du néo-Timide, lui permettant de tracer des lignes sur une toile jamais vraiment entamée, ils lui confèrent l’avantage (l’illusion) de se bâtir une vie sociale numérisée, loin des remous de la jungle urbaine et des restaurants en vogue. Il croit vaincre son démon domestique en se manifestant à mots couverts.

Lui qui aime tant la tiédeur ouatée de ses infernales hésitations, il est donc temps de l’en extirper, avec un ménagement tout relatif. En la matière, chez les Gens Pressés, nous y excellons. Le tout est de commencer par petites touches (non, les agressions physiques ne l’aideront pas, on a déjà essayé, sans succès).

Tout d’abord, tenter des expériences gustatives inédites, comme le foie gras en guise de quatre heures en compagnie d’une bande de voisins bavards et passablement éméchés. La honte, de manière surprenante, lui forgera une solide assurance.

Ensuite, quelques soirées interlopes à l’Espace B, là où il est certain de ne croiser que des félins dans son genre, la mine basse, l’air taiseux mais avec un œil qui frise à chaque nouvelle arrivée/arrivant(e).

Enfin, le convaincre qu’il n’y a pas de moment idéal pour fuir la routine liée à l’entrée dans l’âge adulte: parler au moins une fois dans la journée à un(e) inconnu(e) (non, la boulangère, ça ne compte pas, d’ailleurs, ô mes aïeux, mais que faîtes-vous donc dans une boulangerie en pleine saison du mono-kini ?), oser s’adresser au serveur quant au plat du jour plutôt que d’enfourner inlassablement une salade César trop sèche (que vous abhorrez, de toute manière).

Et puis saupoudrez le tout de paillettes et de rouge à lèvres couleur grenat. Quoi, vous portez la moustache? Vous devriez, dans ce cas, grâce à votre super-vison latérale (ultra-développée chez les Timides avertis, leur permettant de voir sans être vus) déjà être en train d’offrir une boisson fraîche à cette jeune fille, assise en compagnie d’un livre dont elle relit la cinquième page pour la dixième fois depuis qu’elle a croisé votre regard. Et oui, entre timides, l’entraide, ça n’a pas de prix.

Haut les cœurs !

Crédit photo @Walt Disney

Dans la tête de l’artiste, en toute intimité

chat

Ps: pas  de clip en guise de final mais des mots soulignés, qui vous mèneront, au fil de la lecture, vers les sons qui ont peuplé ma semaine 🙂

Qui ne s’est jamais interrogé sur le pacte secret qui nous lie à la musique ? Sur son inépuisable aptitude à nous révéler à nous-même, nous et nos instants de fragilité pure ou de vaillance absolue ?

Il est doux de se laisser porter par la mélodie, sans aucun a priori, juste en s’agrippant à elle, et de sentir nos pieds se détacher du sol. Libérés du poids de notre corps, nos lourdes carapaces craquent sous la pression de toutes nos pensées secrètes. Soudain, les voici qui reprennent plus que l’espace restreint où nous les avions circonscrites. Toute cette joie et ces larmes, enfin libérés.

Une mélodie, c’est un savant mélange de toute une gamme de matériaux précis. Pour commencer, il suffit de se placer dans la rue, dans un couloir de métro ou dans un grand magasin : la rencontre est là, qui couve l’artiste de ses longs cils. Elle lui offre de beaux entrechocs de personnalités, de quoi le faire trembler dans ses racines et l’éloigner de sa zone de confort. Elle sait que c’est souvent dans le regard ou le sourire d’un(e) autre que tout se joue. La belle personne, au bon moment, qui fera de son instrument le vecteur idéal d’expression, et la juste continuation de son bras.

Viendront s’ajouter, par touches rares et précieuses, des pincées de notes, dont l’évidence étonne toujours l’auditeur. Comme si l’artiste savait, par avance, qu’elle s’emboîtera à la perfection dans un repli de notre âme, dans un espace laissé vide par une émotion fugace, un amour qui s’éloigne, un rire oublié. Et de cette architecture de notes, de vies et de sentiments mêlés, la construction prend forme : une main serrée, des lèvres effleurées, une pierre posée.

Parfois, l’artiste a envie de tout renverser, parce que l’édifice ne correspond plus du tout à ce qu’il espérait. Il a grandit, et les bras sortent par les fenêtres, la tête par la cheminée. On m’a un jour soufflé : « ces titres qui sont en ligne, tu sais, ils sont trop anciens, j’ai vraiment évolué depuis, et j’ai envie de partager ça ». Et ce qu’ils disent, ces artistes en pleine croissance, ils le font, toujours plus fort, toujours plus lumineux. Une croissance sans bornes pour une architecture sublimée.

De mains tendues en équilibres instables, l’artiste fait de la vie une inspiration quotidienne, en songeant à alimenter le feu sacré à grandes brassées de concerts, sans lesquels il peine à savoir où il en est, et ce qu’il est déterminé à atteindre. Et il ne nous oublie pas pour autant: désormais, il nous octroie le plaisir discret de pénétrer les arcanes de son cheminement, car toutes les pierres mènent à…Lyon?

Certains s’arriment à des joies simples : “les mots sont tout aussi importants pour moi que la musique. J’aimerais que les gens fassent plus attention aux textes d’ailleurs (…) et qu’ils prennent du plaisir à les lire.”*

Suivre un artiste, c’est un peu s’arrimer aux battements de son coeur. C’est piocher dans son réel afin de faire de nos rêves des territoires d’exploration quotidiens. Il sait peu à peu nous mener vers nos climax respectifs, d’où nous serons balayés d’une indicible mélancolie vers une vrombissante montée d’enthousiasme, nous ramenant  à notre premier tour de manège, du temps où une bouchée de pomme d’amour suffisait à illuminer notre jour.

Reste la minute zéro, celle où il est bien là, de chair et de son, sous nos yeux étonnés (“il est beaucoup plus grand, en fait!” “Et ses yeux, ils sont bleus ou verts? “Elle est mariée? Zut…”), se mouvant vers la scène, la tête un peu basse, parfois pieds nus, le sourire discret, avant d’entamer le premier morceau, avec tout ce que la spontanéité de l’instant peut charrier comme moments de grâce.

Il prend son temps, boit une gorgée d’eau et ferme les yeux. Il est enfin à sa place et s’apprête à pénétrer nos coeurs, une effraction de velours. Entre chaque note, le voici qui glisse un peu de lui, faisant de nous des “je” à jamais meilleurs.

Haut les coeurs!

*: extrait d’une jolie interview

Crédit image@Philippe Geluck

La conspiration de la dosette attendra

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N’avez-vous jamais remarqué son petit air supérieur avec son opercule rutilant ? A peine née qu’elle prend déjà toute la place dans notre budget. D’ailleurs, quand on va s’en procurer, on a presque l’air de toxicos, le portefeuille bien en place, fiévreux à l’idée d’acquérir nos doses.

Un lieu spécialement dévoué à son nectar sacré lui a été érigé. Tons mats et murs polis, vitres légèrement occultantes. Un personnage tout endimanché vous adresse la parole tel à un baron, alors que dix minutes auparavant, vous n’étiez qu’un simple quidam.

Votre bon goût vous aurait-il sauvé de l’anonymat ?

Le café, enfermé dans un minuscule réceptacle d’aluminium, semble vous avoir soudain permis de prendre du galon. Adieu donc, pauvre fève, toi et ton odeur âcre de toasts carbonisés. D’ailleurs, on ne s’en souvient presque plus. Et ce ne sont pas les soupçons philosophiques d’un Raphaël Enthoven courroucé, dans sa « Matière première » (éd. Gallimard) qui diront le contraire.

Il faut admettre que le bon goût n’est pas aisé à définir. Il adopte chaque jour des codes différents. La junk-food est devenue healthy, dès lors que servie avec un steak informe et un emballage en carton recyclé. Le fait-main s’est enfin débarrassé de son aura de loisirs “Femme Actuelle”, du moins, associé à un sac à main créateur.

Le bon goût supposé rassure autant qu’il interroge sur notre aptitude à reconnaître ce qui est bon. Un peu comme ces dosettes justement calibrées pour une expérience gustative définie…par un chef de produit en gants de plastique. Et un torréfacteur, c’est un postier tourangeau. Comment cela, n’importe quoi?

Ma grand-mère disait : « ce que la foule acclame à grands cris, très vite l’oublie ». Oui, elle parlait un peu comme Maître Yoda, passons. Mais c’est dire à quel point le goût adhère, peu à peu, parfaitement aux tendances insufflées par le marché. Un peu de pastille effervescente goût thé?

Allez quoi ! Avouons qu’en pénétrant chez Nespresso, on espère UN PEU que le vendeur/confesseur/grand intendant aura autant d’égards pour nous que pour les sourcils grisonnants de Sexy-Georges. Car se faire servir avec déférence confère l’assurance d’être sur la bonne voie.

Et puis parfois, comme une persistance rétinienne inattendue, on se surprend à se contenter d’un bon jus bien corsé, à base de grains de café fraîchement moulus et pire, d’aimer cela passionnément, au point de démonter notre machine à dosettes pour en faire une fusée pour notre neveu.

Tu voudras autre chose avec ton expresso? Quoi? Du lait lyophilisé? Tu sors par la fenêtre, tout de suite.

Hauts les cœurs !

Fumée-moi?

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Le tabac tue. Le tabac pue.

Même si la bouche qui serre la clope touche au sublime, on pourra difficilement lui pardonner nos cheveux enfumés, nos narines irritées. Et le regard suspicieux de nos proches “mais puisque je te dis que je ne fume pas!“. Cependant, entre deux quintes de toux, on peut offrir au mégot un intérêt plus sincère.

La cigarette est un vilain défaut. Celui de ceux qui ne parviennent pas à exister cinq minutes sans tenir un bout de papier tiède entre les lèvres. De ceux qui considèrent qu’un café le matin ne s’accompagne pas de tartines grillées mais d’un fumet âcre et amer. C’est le défaut de ceux qui n’ont toujours pas compris que dans une cigarette, il n’y avait quasiment pas de tabac.

Alors, pourquoi avoir envie de fumer, maintenant que l’information se propage à une vitesse inouïe, qu’on ne peut que juger coupable ce ”bâton de cancer” et que la circonstance atténuante du « bin, je ne savais pas » demeure irrecevable?

Parce que cela reste un étrange instrument de socialisation, cette fichue baguette. Elle fascine, et interroge notre solitude. S’en griller une revient à décider pour soi, envers et contre tout et tous, malgré la terrible réalité à laquelle est aussitôt rattaché tout fumeur de gitanes. Elle favorise la conversation en pleine rue, réunit après un repas, oppose les collègues. Elle fait circuler des millions de consommateurs sur une corde raide et courte, si courte !

Cette fumée s’échappe des commissures des lèvres telles des hésitations qui s’envolent et des inquiétudes qui se consument, enfin. Une cigarette, c’est une introspection de goudron et un remord à chaque bouffée.

Quelle est donc la cause profonde de cet étrange rituel dont tous connaissent la funeste issue ? La faute à Uma Thurman, toute perruquée de noir, un bâtonnet entre les doigts ? La responsabilité est-elle à rechercher auprès de la figure tutélaire du père ou du grand-père, s’en grillant une paisiblement, le front penché sur son journal ? Ou ce satané Lucky Luke, son petit air supérieur et son slim bien trop moulant?

La cigarette est un des rares sujets à pouvoir réunir des convives autour de thématiques aussi variées que la santé, l’économie, la naissance, la fin de vie, le respect d’autrui, le destin. Un simple mélange de produits toxiques pour parvenir à des conversations hautement philosophiques, sans même le réaliser et s’ennuyer.

Il ne sera jamais l’heure de réhabiliter la cigarette. Tenter de saisir toutes les nuances de la psyché de son consommateur pourrait peut-être offrir des réponses plus percutantes, tant le tabac s’imbrique dans un genre social singulier (et auquel le succès des enseignes dédiées à la cigarette électronique fait évidemment écho). L’avenir aura t-il donc la forme de narines fulminantes ?

Quant aux autres, les conquis et récidivistes, mis à part cacher leur briquet, la zone fumeur sous la canicule, la pluie et le froid reste un mode de pression tout à fait fascinant.

Hauts les cœurs !

« Dis -moi ce que tu écoutes, et je te dirai…nooOO!!»

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Êtes-vous musico-hypersensible ? C’est une pathologie de plus en plus courante, qui sévit chez ceux qui considèrent que W9 est à la musique ce que Cerbère est à l’antre des Enfers : le taulier de nos cauchemars. Elle se manifeste dans les lieux réunissant de larges foules : boîtes de nuit, cafés-concerts, soirées d’anniversaire chez des amis.

Vue d’ensemble: vous sirotez en paix une flûte de champagne. Soudain, vos tympans sifflent, vous avez chaud puis très froid. Et, dans votre torpeur, un son infernal s’insinue sournoisement dans votre esprit bouleversé. Il y a trop de monde pour hurler d’éteindre la musique, et puis, vous n’êtes pas chez vous. Alors, vous subissez vos symptômes en silence tandis que s’acharnent sur vos oreilles des effluves rétro-électro-dance toxiques.

 Comble de l’horreur, votre proie, la silhouette que vous aviez élue pour vous raccompagner chez vous fredonne le son démoniaque ! Pire, elle bat la mesure de ses souliers Rautureau vernis ! Et tend les bras vers vous, vous proposant instamment d’entrer dans la danse, de vous oublier, au son du potage infâme !

 Solution : un coup de sac baguette sur son nez, afin de lui faire retrouver ses esprits et fuir ensemble vers des auspices plus heureux. Sinon, en cas de mouvements de danse révélant que l’individu est totalement contaminé, courir, seul, en bousculant toute entité souhaitant vous barrer le passage, nourrissons et chatons compris.

 Dans de tels instants, le potentiel séduction est au plus bas. A peine se sent-on assez honteux de reconnaître de quel artiste il est question. Inviter une personne à danser dans ces conditions relèverait forcément du trauma à vie : « allez, viens, on fait la Saga Africa ! »

 La mauvaise musique se reconnaît à la certitude d’une Apocalypse à venir en l’écoutant. Vous ne parvenez pas à déterminer si c’est le DJ, votre ex, qui tente de se venger de vous ou si c’est un simple bogue informatique. Et vous considérez, tétanisé, la capacité de nuisance de votre hôte, cet hérétique, à l’hermétisme musical suffisamment étendu pour programmer dans sa playlist la SEULE chanson de Mickael Jackson sur laquelle il est impossible de danser, entre Pitbull et Patrick F., sans faire une attaque.

 La musique est le nouveau critère de sélection des citadins en manque de valeurs sûres. Il est certain qu’un goût prononcé pour offrir des macarons pistache, un caractère foncièrement sympathique ainsi qu’une aptitude à mettre des chaussettes noires dans des souliers noirs demeurent un bon début mais, sans la bande-son idéale, tous ces beaux atouts s’évaporent !

 Alors, on fait comment ? On éteint la télévision, et on revient aux basiques : fouiner entre les vinyles, bichonner les disquaires de son quartier, aller en concert au hasard de la direction qu’ont pris nos pieds. Et écouter un album jusqu’à la fin (c’était quand, la dernière fois, hum?) même si la proposition musicale est complètement foutraque. On peut ne pas aimer James Blake (si,si, on peut) ; savoir qui c’est, c’est déjà un pas hors de la caverne mainstream.

Et si tu fais un petit effort, allez…je veux bien prendre un café avec toi…bon, au moins entrer dans le café avec toi…

Hauts les cœurs !

« Merci, mais je ne danse pas »

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L’été, les nuits s’étirent et les journées filent, occupées par de longues heures de planification de soirées. L’on a d’yeux que pour les afterworks (un truc de trentenaires, ça), les cinés en plein air et les glaces à l’eau trop sucrées. L’été arrive, et avec lui, une flopée de festivals,  bals de rue et autres concerts sauvages.

C’est à cette période de l’année que les filles, au grand dam des lois de la physiques et du confort, décident d’escalader leurs escarpins les plus vertigineux, qu’ils soient faits de corde, de bois ou de cuir. Elles ont à cœur de s’élever, à la chaude saison. Besoin d’une nouvelle perspective ? Nécessité d’éviter les gros lourds proches du sol ?

Les faits sont là et perdurent, malgré les chutes quotidiennes et autres torsions involontaires des chevilles.

Il ne s’agit pas de « savoir marcher avec ». Cela tiendrait plutôt de l’automutilation et de principes élémentaires de survie en milieu de mode aiguë. Comment résister à l’appel du huit centimètres et (surtout) plus, lorsque la vendeuse, glossée, peroxydée et juchée sur des salomés de douze (quinze?) vous fait remarquer que « dix, ça va encore, c’est supportable ». Supportable ? Mais qui supporte qui, à ce petit jeu là, Madame ? Certainement pas mes chaussures, non, elles ont pris leur indépendance depuis bien longtemps !

Les pieds des filles, en été, ne leur appartiennent plus. Elles trottinent tout juste, le port altier, bien que leurs orteils ne soient qu’un lointain souvenir. Il y a bien sûr les « autres », celles qui considèrent leur confort comme primordial mais qui pourrait prendre une jeune femme au sérieux avec des Birkenstock au pied ?

Ce constat s’adresse également aux hommes qui, dans leur grande sagesse, adoptent des attitudes décontractées au possible. Deux injections de rappel :

  • la pédicurie n’est pas un sport féminin. Non, messieurs, l’ongle incarné ne révélera jamais votre virilité. Votre notion floue de l’hygiène, cela est par contre certain;
  • le port de la sandale citadine ET orthopédique est formellement interdit. Mais à quoi reconnaître une telle sandale, me direz-vous ? Au seul fait que c’est une sandale pour homme, tout simplement.

L’été ne fait pas seulement le bonheur des podologues et la colère d’Anna Wintour. Il charrie également son flot d’estivants passablement frustrés. Car la danse, mes amis, la danse demeure la secrète formule qui saura changer un « bon été » en un « été de folie ». Les corps qui s’entrechoquent et s’enlacent, au nom de la déesse Chorégraphie improvisée, sont LA formule afin de réveiller les couples, booster votre ego, et agiter les particules de rencontres.

Alors, oui, les talons hauts sont tels des presse-purées ceints aux chevilles. Oui messieurs, les mocassins sans chaussettes, c’est comme déambuler nu sur le boulevard Jean Jaurès (on en a tous un près de chez soi). Pourtant, ils sont l’apanage de ceux qui osent se laisser aller à d’inexplicables gesticulations musicales avec style, au lieu de ressortir du placard à excuses le sempiternel « moi ? Non, non, merci, je ne danse pas ».

Comment cela, vous m’avez croisée avec des spartiates à Paris Plage? Malotru, va !

Hauts les cœurs !