(Sur)vivre (à) sa première jupe de l’été

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Enfin un matin ensoleillé. Tu ouvres ta penderie: jeans, jeans, et jeans. Et puis soudain, tu le remarques, ce petit bout de tissu coloré. Tu le touches de l’index: c’est frais, léger, doux. Ça ne pèse pas plus lourd que ton porte-monnaie un jour de vente privée chez Maje, ce sera parfait. C’est beau d’être une fille.

Tu te regardes quarante-huit fois avant de sortir de chez toi. Tu te demandes si elle n’est pas un peu transparente, après tout, pas un peu trop courte, cette jupe. Mais il est l’heure, tu as déjà vingt minutes de retard, il faut partir, vite. Une fille, ça a ses priorités, aussi.

Dans la rue, tu te concentres sur tes pas, histoire de ne pas te tordre une cheville devant tous ces mecs bizarres gens en terrasse qui semblent te suivre du regard, un vague rictus aux lèvres. Pour te donner du courage, tu visualises la prise de krav-maga que tu as maté sur Youtube il y a un mois, entre deux bouchées de hummus et te récites les noms de femmes de tête célèbres: Carrie Bradshaw, Toni Morrison, Olympe de Gouges, Rebelle, Anaïs Nin, Cécile Duflot, Caitlyn Jenner…Une fille, ça en a dans le shortie sans coutures, full stop.

Sur ta route, tu croises des filles au style boyish, tellement à l’aise dans leur jean 7/8ème, leurs Zizis, leurs T-shirts surtaillés. Tu songes à ton pantalon fétiche que tu as laissé traîner sur une chaise, et qui aurait parfaitement matché avec ce petit haut, là, dans la vitrine. Premier coup de vent, ta jupe se soulève en gonflant légèrement, et tu crois que cet éclat de rire, là-bas, est à ton attention, alors tu presses le pas, la tête dans tes ballerines. Une fille, ça file droit.

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Avant de t’asseoir dans la rame de métro, tu poses un magazine gratuit sur ton siège. Une fille, ça pense à tout. Et puis, quand tu te lèves, bah, le journal, il se lève aussi, mais contre le haut de tes cuisses. Malgré les yeux tout ronds de l’ado à la moustache naissante en face de toi, tu arraches négligemment le tout et le coince sous ton bras, avant de descendre d’un pas vif. Une fille, ça peut tout gérer.

Enfin, le bureau! Tu peux jeter déposer ton sac et ton journal sous ta table, allumer l’ordi, et te servir trois un café bien serré. Un peu songeuse, tu sirotes le doux breuvage en scrollant les différents blogs féministes auxquels tu voudrais prendre part, après tout. Une fille en jupe, c’est une Adjani en devenir.

Soudain, tu surprends Maxime, boulet de notoriété publique, en train de te lorgner le cuissot.

“Eh, oh, ça va, je ne te dérange pas?

– Désolé, pas eu le temps de lire les infos, ce matin” sourit-il, sarcastique, l’index pointant un gros titre comme imprimé sous ta fesse droite “Actu: le paquebot Harmony of the Seas a enfin pris le large”. Une fille, ça ne pleure jamais, jamais.

NIGHT KNIGHT / “GOD IS A MOTHERFUCKER”: FIRST ALBUM

Sooner than expected, Athens will have the duty to erect new deities statues. What the f*?, you’re asking? I’m talking about Night Knight, one of the most exciting rock release of the season.

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Since the first listening of Nadia, the space is totally gathered by Manolis Giannikios’s virtuoso drums, symbiotic with Serafeim Giannakopoulos (vocals and guitar), Stelios Provis (vocals and bass) and Minas Liakos (guitar).

The band offers a soft and genuine rock, luminous. Each melody remains thoroughly chiselled, making a point of giving a particular place for each instrument. Listening to Set it on fire, you can’t feel anything but your heart beating harder and tears in your eyes, instantly. The fault is in those songs, which radiate friendship and an uncanny tenderness for good sounds.

Their first album, God is a Motherfucker, will be release this January 29 (Inner Ear Records). In advance, I’m shivering as it is so certain the audience will levitate when heard in live. Beware, upcoming masterpiece here!

Tracklist:

1.Born Again

2.Turned back blues

3.Us

4.Between my legs

5.Crystal rivers

6.The story of a fool

7.God is a motherfucker

8.Hang me out to dry

9.Turn back time

10.Nadia

11.Set it on fire

NIGHT KNIGHT / “GOD IS A MOTHERFUCKER”: PREMIER ALBUM

Athènes devra bientôt ériger de nouvelles statues de divinités. A qui l’honneur? Night Knight, la découverte rock la plus excitante de la rentrée.

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Dès l’écoute de Nadia, l’espace est complètement rempli par la batterie virtuose de Manolis Giannikios, en symbiose avec les riffs et élancées vocales romantiques de Serafeim Giannakopoulos. Minas Liakos (guitare) et Stelios Provis (voix et basse) complètent le (beau) tableau.

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Le groupe offre un rock authentique, lumineux, d’une incroyable classe. Chaque mélodie est minutieusement ciselée, en mettant un point d’honneur à offrir une place de choix à chaque instrument. Ces titres là respirent l’amitié, une tendresse inouïe pour le bon son.

Leur premier album, God is a Motherfucker sortira ce vendredi 29 janvier chez Inner Ear Records. De mon côté, j’ai installé ma chaise longue en face de chez eux pour les convaincre de jouer en France, très, très bientôt, vous voyez le genre?

Tracklist:

1.Born Again

2.Turned back blues

3.Us

4.Between my legs

5.Crystal rivers

6.The story of a fool

7.God is a motherfucker

8.Hang me out to dry

9.Turn back time

10.Nadia

11.Set it on fire.

Sam Dew / Premier EP “Damn Sue”

Sam Dew fait partie de ces artistes dont on est fier de parler lorsque sa notoriété explose enfin. Son style, l’imagerie qui l’accompagne, ses textes, autant d’éléments qui participeront à bâtir sa légende.

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Le natif de Chicago a déjà écrit pour Rihanna, Jessie Ware, Mary J Blige, collaboré avec Skrillex. Ses influences vont de Curtis Mayfield à Hans Zimmer, en passant par Radiohead et Nine Inch Nails.

Auteur, compositeur, interprète, il nous offre, selon ses propres mots, une “soul déformée”. Son premier EP, Damn Sue, co-produit par Dave Sitek (TV on the Radio) ramène à ces diverses influences, nimbé d’un indéfinissable bliss.

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Sam Dew nous offre ses amours rêvés et ses désirs sur un plateau. Et en ce lundi, décrété par d’obscures instances, “jour le plus déprimant de l’année”, il est temps d’égayer nos tympans comme il se doit.

 

DAMN SUE Tracklist :

  1. Desperately
  2. Air
  3. Lie
  4. Rewind
  5. Reincarnation
  6. Victor

Tellement!

ah

Je vais tellement sur Facebook que j’aimerais être payée pour ça..

Je vais tellement sur Twitter que je cherche désespérément un oiseau bleu lorsque je fais une citation marrante.

Je vais tellement sur Tinder que lorsque je croise un garçon, j’essaie de le faire glisser à gauche pour parler à celui assis juste derrière lui.

Je déteste tellement le nouveau slogan Meetic que je n’ai qu’une envie, me poster devant un de leur panneau publicitaire du RER A et crier aux usagers: “arrêtez de m’attendre, et VE-NEZ!”

J’entretiens une relation tellement intime avec mon IPhone que j’arrive à m’engueuler avec Siri, parfois. Souvent.

J’utilise tellement Messenger qu’à table, j’envoie un gif de chaton quand on tarde à me passer le plat.

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Je vais tellement sur Happn que je suis l’itinéraire des célibataires de mon quartier au lieu de rentrer chez moi.

J’ai pris de mauvaises habitudes avec mon smartphone, du coup, lorsque je sors avec un mec, je tente d’agrandir tout ce que je peux avec deux doigts.

Je fais office de cinquième roue du carrosse depuis si longtemps que je me souviens du lieu, de la date et de l’heure de rencontres de mes amis en couple (ça aide pour leurs anniversaires).

Lors d’un entretien via Skype, j’ai tellement pensé à tout…que j’en ai oublié être toujours en pyjama.

Lassée de rappeler mes ex en période de grande faiblesse, je leur ai attribué des photos de contact terrifiantes (les jumelles dans Shinning, Anthony Hopkins dans tous ses rôles, photo de l’ex de mon ex, Bob Kelso…). Et non, ça ne marche pas du tout.

J’ai tellement pris l’habitude de sortir avec des boulets que lorsque je menotte ma cheville à un haltère de trente kilos, je me sens tout autant amoureuse.

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Je sors tellement tard du boulot que la rame est toujours vide mais, par snobisme, je préfère rester debout…

Je n’ai tellement pas le temps de faire des after-work que je danse directement dans la rue avec des gens ivres, histoire de gagner du temps.

danse

Je ne sais tellement plus comment emballer les mecs que j’ai tenté la carte de l’inattendu, comme arriver à un rencard le visage couvert de scotch. Et oui, ça marche!

Haut les coeurs!

Mon âge? Quoi, mon âge?

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Ma coiffeuse m’a lancé : « j’ai fais une bonne grosse fête pour mes trente ans, et toi ? ».

Je n’ai pas su quoi lui répondre. En général, ce jour se résume, pour moi, à un rituel précis : pantoufles, robe de soirée, Ice Cube en fond sonore, un torrent de larmes, et la main figée sur un pot de glace vanille-brownie. Et en chantant la bouche pleine, bien sûr.

Bon, on ne va pas se mentir, avec cet âge, on ne peut pas éviter la prise de conscience, si ?

Hors de question de faire des efforts, en tout cas: junk food, danse jusqu’à six heures du matin, jurons, numéro glissé au barman, vilaine cuite…Qui arbitre, sinon nous?

Parce que l’âge, c’est surtout dans les yeux des boulangères qu’on le réalise, lorsque le « mademoiselle” ou “jeune homme” se change, sans que l’on sache vraiment pourquoi, en « madame » ou “monsieur”, pile le jour de notre anniversaire. Je pense que ces nanas ont un radar un peu déréglé (je prends du “madame” depuis mes douze ans), mais c’est un autre sujet.

Aux yeux des parents, rien à faire, on demeure des enfants, des nourrissons, pour être précise. Un bébé qui porterait des talons hauts et serait en recherche d’emploi, oui. J’essaie désespérément de les convaincre qu’être une (presque) adulte célibataire, c’est carrément les vacances prolongées pour moi (Benicio, si tu lis ce post, c’est pour rire, appelle-moi). Eux ne peuvent pas s’empêcher de m’aider, en laissant, l’air de rien, l’ordinateur familial ouvert sur la page d’accueil d’Attractive world, tout en me resservant une quatrième assiette de pommes de terre sautées.

Cette année, j’ai innové. J’ai passé mon anniversaire à l’oublier, ce trublion. J’ai découvert, ri, exagéré, enfilé une robe terriblement glamour, souri aux passants et aidé un beau touriste à trouver sa route. Je me suis souvenue que, de nos jours, trente ans n’est que le rappel que tout est possible.

Alors même si les échecs amoureux deviennent un peu plus cuisants (se sevrer des amours chiants, c’est dur), même si être mère est une option (ou pas), même si on a de plus en plus de mal à se passer de la case démaquillage sans pousser un cri en se regardant dans la glace, au petit matin, les filles 3.0 n’ont plus peur de l’âge, ce petit chiffre sans importance. Elles vont vite, pas sans appréhension, mais avec tellement moins d’a priori. Juste absorber toutes les modernités (et les cocktails) pour en faire des instruments de notre liberté.

L’âge n’aura de prise que sur ceux qui lui accordent du crédit !

Haut les cœurs !

Amis, pas à demi

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Parfois, on ne sait plus comment se comporter avec ses amis. Suis-je assez compatissante ? Assez généreux ? Peut-être que j’en fais trop ?

Les réseaux sociaux ne nous apportent aucun réconfort à ce sujet ; au contraire, ils aggravent notre sentiment de culpabilité : « oh non, je n’ai pas écrit de message sur son mur pour Noël! », « j’ai tagué son mec, va t’elle m’en vouloir?  », « pourquoi ne like t’elle pas mon lolcat ? ».

Résultat : des amitiés tiraillées, comme si restées trop longtemps sous le soleil, des regards assassins pendant les déjeuners en terrasse et des copains qui ne rappellent plus aussi souvent qu’avant.

L’ami, on en a des images préconçues, depuis le Grand Meaulnes, libre et entier, en passant au héros de Nicolas Fargues, furtif et pas forcément de très bonne compagnie jusque dans la majorité des séries ou films américains, à la vie à la mort, sauf si « you fuck my wife ? ».

Le compagnon de route connaît tout de nous, ce qui nous fait vibrer de joie ou de rage. Cette réciprocité des armes nous confère une étonnante vulnérabilité: les chamailleries de bacs à sable se transposent devant un bon cocktail le vendredi, les rires étouffés devant les beaux garçons…sont les mêmes!

C’est que le quotidien peut avoir raison de nos grands principes de soutien indéfectible: si on devait répertorier les moments les plus risqués, au cours d’une amitié, seraient principalement cités :

  • La rupture avec un conjoint qu’on détestait : au départ, vous aviez souhaité faire un effort, rester neutre. Jusqu’au jour où cette personne a décidé de ne plus transmettre vos messages à votre ami et de critiquer votre frange. Alors lorsque leur couple a enfin pris l’eau, vous n’êtes pas parvenu à le consoler, juste à applaudir et lui présenter un proche mille fois plus séduisant ;
  • Le licenciement : son boulot consistait à ranger des feuilles dans un classeur. Pourtant votre pote était tellement fier de son entrée fracassante dans le monde du travail qu’il prenait un malin plaisir à dénigrer votre boulot à vous. Alors le jour où il s’est fait remercier pour faute grave (une des feuilles était mal classée), cela a été plus fort que vous, vous avez persiflé un petit “bienfaitpourtagueule“, suffisamment fort pour que le monde entier vous entende ;
  • Le coup d’un soir qui tourne mal : vous lui aviez conseillé de rentrer avec vous, en taxi. Mais non, votre ami(e) vous a lancé que vous étiez devenu un vieux préférant boire des tisanes devant « C’est à vous » plutôt que de profiter des joies d’une sensualité nocturne, sans limites. Vers 5h du matin, vous êtes arraché de votre lit par un appel du commissariat : votre pote s’est fait coffrer pour exhibitionnisme sur la voie publique. Vous filez de chez vous en pyjama, juste pour le plaisir de lui siffler entre les barreaux de sa cellule de dégrisement : « le vieux a bien dormi, lui ! » ;
  • Les parents imbuvables : leurs parents semblent être les rejetons cachés du Capitaine Haddock et de Picsou qui se seraient encartés auprès d’un parti extrêmement extrême  : aboyants, médisants, et en plus radins. Aussi, quand votre couple d’amis vous a proposé de déjeuner avec eux, en insistant sur le fait que tout se déroulerait bien, vous vous êtes complètement lâché quand le père s’est répandu en grossièretés auprès du serveur, lui demandant “s’il agissait ainsi en Chine” (il s’avère qu’il était en fait Cambodgien) pour un couteau tombé par terre: « mais il va la fermer, le con à moustaches?».

Si ces craquages sont souvent de simples fantasmes jamais réalisés,  ils nous rappellent ô combien nous ne sommes toujours que des débutants en amitié, et que la fréquentation la plus assidue n’empêchera jamais la casse.

Pourtant, c’est bien cette vaisselle brisée, ces grognements, ces revendications qui donnent tout leur sel à nos fratries choisies. Du meilleur bro’ moustachu qui-arrive-toujours-à-choper-les-plus-jolies-filles-du-bar au vinyle de collection jamais rendu, l’amitié a ceci de précieux qu’elle supporte tout…même l’amour !

Tomber en amitié, la nouvelle et unique tendance durable ?

Haut les cœurs !

Et à vos souhaits!

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Ah, cher virus du rhume… Avec lui, vous oscillez entre perte de confiance en vous (parce que nez rouge et fièvre hypnotique) et abattement total (parce bouffées de chaleur et nez dégoulinant).

Vous voudriez rester planqué chez vous, mais au boulot, l’excuse du rhume est aussi valable que celle du hamster mangeur de dossiers urgents (et pourtant!).

Vous sortez donc, armé d’un rouleau de papier essuie-tout (pour les no limits) ou d’une cartouche de Kleenex extra-soft (pour les snobs).

Pour draguer, il semble que passer votre tour soit plus sage. Car même si votre cible vous approche, surmontant sa crainte de la contagion, la vue de votre poche gondolée de mouchoirs figera, en elle, toute envie de conclure.

Alors? Tout est loin d’être perdu!

Tout d’abord, donnez un twist trendy à vos tire-jus: roses, imprimés bande-dessinée, tout sera bon pour éviter les mouchoirs mentholés, en tissu ou pire, votre papier…PQ?! Vous êtes sérieux? Ah, il est rose…Tu sors!

Ensuite, souriez en permanence, quitte à en avoir des crampes! Avec votre nez rouge, mieux vaut avoir l’air d’un clown joyeux que d’un Pierrot.

Tentez de maîtriser l’art de se moucher: pourquoi ne pas lancer une plaisanterie odieuse (impliquant un chaton ou Vincent Cassel) juste avant, afin de détourner l’attention? La technique fonctionne également en tirant une alarme-incendie en pleine conférence.

Songez enfin à revêtir des vêtements aux couleurs chaudes qui flatteront votre teint. A éviter, le gris ou le vert, qui se confondraient avec votre mine ainsi que les pyjama-pilou et autres bonnets Mickey, oui, même pour aller à la boulangerie, en bas de votre immeuble.

Et votre vie sociale alors, me direz-vous?

Disons que pour les miracles, il faudra repasser. Mais quant à se plaire, rien que soi, n’est ce pas déjà mission accomplie?

Haut les cœurs!

Crédit photo@Universal Studios Home Entertainment

À poil.

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A quoi ressemblerait une fille canon ? Elle serait sportive, souriante, parfumée, parfaitement lookée ?
A quoi ressemblerait un mec canon ? Il aurait la mèche contrôlée, la chemise à la papa aux manches retroussées juste sous les coudes ?

Chez les Gens Pressés, c’est chaque jour que l’on essaye de dresser un portrait-robot exhaustif de la moitié parfaite, celle qui nous ferait indiscutablement tourner le menton au premier regard. Il n’y aurait plus les adeptes de Vincent Gallo ou de Jamie Dornan, les groupies de Georgia-May Jager ou de Naomi Campbell, non, juste un archétype enfin dévoilé, qui mettrait tout le monde d’accord…

Mais qu’en serait-il de la personne QU’IL NOUS FAUDRAIT ? Comment se décider, et décider si la personne assise en face de vous, dévorant un muffin bio est bien la bonne? Pour votre serviteur, une interrogation en forme de mot d’ordre : tous à poil ?

Samedi dernier, je demandais à un copain de se positionner clairement sur le sexe au premier regard. Et selon lui : “on appartient à une génération qui ne parvient plus à prendre son temps ». Well, well, well…

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Pourtant, il semble que le fait d’être nus vite et bien (ou pas!) dévoile aussi un bel idéal, celui de s’ouvrir sans ambages, sans attendre, en faisant fi du danger d’être très vite déçu. Au cœur de nos cités urbaines débordées, la fulgurance de la relation charnelle apparaît comme le dernier bastion d’une intensité sincère, véritable, que l’on peut « toucher ».

Comme un contre-poison au sulfureux qui nous entoure et nous écrase (publicités, séries, romans…), nous obligeant, peu à peu, à une plus grande pudeur de nos sentiments, de nos espérances, nous cédons volontiers à la mise à nu (au premier degré) imposée, transcendant ainsi les instants les plus parfaits.

Et malgré les écueils vertigineux que cela implique, il ne semble y avoir aucun doute : c’est à nu que tout est dit, c’est à nu qu’on a la sensation de caresser les âmes, du bout des lèvres, à fleur de peau…cela est tout à la fois fou et absurdement risqué, mais c’est ce qui rend la quête d’autant plus désirable, non ?

Haut les cœurs !

Créditphoto@Photo Art Shay/Courtesy Stephen Daiter Gallery
Créditgif@cinyma.tumblr.com

“Ma copine est cultivée, moi pas. Que faire?”

-Lucien-Freud

Le jour où vous l’avez rencontrée, rien ne laissait présager une telle mésaventure. Elle riait de toutes vos plaisanteries, même de celles dont l’intrigue se situait entre la braguette et la doublure du caleçon. Elle était restée sereine lorsque vous aviez ronflé au cinéma, supportait avec classe vos copains rasoirs.

Pourtant, le jour où vous avez découvert la terrible vérité, tout a basculé.

Vous aviez proposé de flâner au Centre Pompidou. Vous détestiez ce lieu, mais ravi de vous moquer de ces prétentieux artistes contemporains, capables de bailler contre une toile, puis de la vendre pour 20,000 euros à un collectionneur danois, l’intitulant « le sommeil de l’homme invisible ».

Vous retrouvez votre belle, rêveuse, devant un atroce tableau tout de tâches ruisselantes, comme si la chair sortait du tableau. « Beurk ! », vous écriez vous, « non, mais tu as vu cette horreur ? Il aurait vomi sur la toile, cela aurait été la même ».

A peine regrettez vous votre remarque que votre amoureuse subit une mutation-éclair : elle cite quelques bribes de la vie du peintre, fait des connections entre le peintre – Lucian Freud – et Baudelaire…et vous la perdez entre une citation de Bertold Brecht et une imitation de Denis Podalydès.
Vous sombrez dans une sourde torpeur. On appelle le SAMU. Elle vous tient la main, tente de vous rassurer en vous sifflotant du Robert Desnos : vous êtes pris de violentes convulsions.

Le bilan est douloureux mais nécessaire : oui, vous êtes tombé amoureux d’une fille cultivée!
Que faire, alors?
1. D’abord, commencez par accepter la situation. On vous en avait parlé mais vous n’y croyiez pas :toutes les femmes savent lire, votre petite amie est une femme donc, elle sait inévitablement lire. Mais elle ne vous mordra pas, rassurez-vous !

2. Surtout, écoutez-là, d’un air inspiré : il est hors de question qu’elle visualise dans votre regard le vide intersidéral  hérité de votre scolarité tourmentée. Elle parlerait encore plus, ce que vous souhaitez éviter ;

3. Ne la blâmez pas pour sa culture : elle a attendu le Prince charmant toute son enfance. En l’attendant, elle a lu pour s’occuper. C’est donc votre faute, oui, vous auriez dû la délivrer de son donjon bien plus tôt, au lieu de devenir sociologue, pauvre fou ;

4. Ne lui offrez surtout pas d’ouvrages à sa fête ou son anniversaire : elle risquerait de l’avoir lu en 6ème et vous seriez cramoisi de confusion. Au contraire, surprenez-la avec une place au Salon de la saucisse, ou une table ronde avec des braconniers canadiens lors d’un meeting Chasse et Pêche. Elle appréciera votre humour acide, elle qui milite à Greenpeace tout en étant végétarienne, depuis l’âge de onze ans ;

5. Surtout, offrez régulièrement des verres aux libraires de votre quartier, prêtez leur votre voiture, l’objectif étant de rattraper toutes ces années de glandes et pouvoir ressortir à votre douce, à un moment idéal, la citation-qui-tue. Ça vous semble exagéré ? Soyons honnête : vous aimez la surprendre, l’impressionner, voire même lui couper le sifflet, parfois. Alors la bluffer une fois par mois, ça n’a pas de prix, quitte à lire Nicolas Fargues devant un match de basket.

Haut les cœurs !

Image Copyright@The Lucian Freud Archive / The Bridgeman Art Library