La bande-son des Gens Pressés est sur Deezer!

ImageLa playlist du blog est sur Deezer! Aucune hésitation ne sera bien sûr admise, encore moins un mot d’excuse pour cause de piscine ou d’équitation.

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires, remarques acérées, déclarations d’amour, j’adore ça!

Le LIEN: http://www.deezer.com/playlist/569603521

La page FB, pour encore plus de précipitations et de compères Pressés:

https://www.facebook.com/pages/Les-gens-press%C3%A9s/463450307057333

Haut les coeurs!

« Dis -moi ce que tu écoutes, et je te dirai…nooOO!!»

psychose-1960-19-g

Êtes-vous musico-hypersensible ? C’est une pathologie de plus en plus courante, qui sévit chez ceux qui considèrent que W9 est à la musique ce que Cerbère est à l’antre des Enfers : le taulier de nos cauchemars. Elle se manifeste dans les lieux réunissant de larges foules : boîtes de nuit, cafés-concerts, soirées d’anniversaire chez des amis.

Vue d’ensemble: vous sirotez en paix une flûte de champagne. Soudain, vos tympans sifflent, vous avez chaud puis très froid. Et, dans votre torpeur, un son infernal s’insinue sournoisement dans votre esprit bouleversé. Il y a trop de monde pour hurler d’éteindre la musique, et puis, vous n’êtes pas chez vous. Alors, vous subissez vos symptômes en silence tandis que s’acharnent sur vos oreilles des effluves rétro-électro-dance toxiques.

 Comble de l’horreur, votre proie, la silhouette que vous aviez élue pour vous raccompagner chez vous fredonne le son démoniaque ! Pire, elle bat la mesure de ses souliers Rautureau vernis ! Et tend les bras vers vous, vous proposant instamment d’entrer dans la danse, de vous oublier, au son du potage infâme !

 Solution : un coup de sac baguette sur son nez, afin de lui faire retrouver ses esprits et fuir ensemble vers des auspices plus heureux. Sinon, en cas de mouvements de danse révélant que l’individu est totalement contaminé, courir, seul, en bousculant toute entité souhaitant vous barrer le passage, nourrissons et chatons compris.

 Dans de tels instants, le potentiel séduction est au plus bas. A peine se sent-on assez honteux de reconnaître de quel artiste il est question. Inviter une personne à danser dans ces conditions relèverait forcément du trauma à vie : « allez, viens, on fait la Saga Africa ! »

 La mauvaise musique se reconnaît à la certitude d’une Apocalypse à venir en l’écoutant. Vous ne parvenez pas à déterminer si c’est le DJ, votre ex, qui tente de se venger de vous ou si c’est un simple bogue informatique. Et vous considérez, tétanisé, la capacité de nuisance de votre hôte, cet hérétique, à l’hermétisme musical suffisamment étendu pour programmer dans sa playlist la SEULE chanson de Mickael Jackson sur laquelle il est impossible de danser, entre Pitbull et Patrick F., sans faire une attaque.

 La musique est le nouveau critère de sélection des citadins en manque de valeurs sûres. Il est certain qu’un goût prononcé pour offrir des macarons pistache, un caractère foncièrement sympathique ainsi qu’une aptitude à mettre des chaussettes noires dans des souliers noirs demeurent un bon début mais, sans la bande-son idéale, tous ces beaux atouts s’évaporent !

 Alors, on fait comment ? On éteint la télévision, et on revient aux basiques : fouiner entre les vinyles, bichonner les disquaires de son quartier, aller en concert au hasard de la direction qu’ont pris nos pieds. Et écouter un album jusqu’à la fin (c’était quand, la dernière fois, hum?) même si la proposition musicale est complètement foutraque. On peut ne pas aimer James Blake (si,si, on peut) ; savoir qui c’est, c’est déjà un pas hors de la caverne mainstream.

Et si tu fais un petit effort, allez…je veux bien prendre un café avec toi…bon, au moins entrer dans le café avec toi…

Hauts les cœurs !

La “folk afro-belge” est un art à vivre.

Aller à la rencontre de la voix et de la guitare de Paul van Eersel, c’est réapprendre à découvrir la musique: surtout, se fier aux vibrations de son cœur, surtout, éviter les liens de filiation et autres raccourcis artistiques trop aisés. De la folk oui, en un français libérateur et une rythmique inattendue.

Dès lors, en se pressant à une de ses scènes, on s’étonne à peine d’éprouver le sentiment de retrouver une bande de copains que les aléas du quotidien auraient écartée de notre quotidien. Le sourire s’installe sur les lèvres pour ne plus les quitter, longtemps encore après la dernière corde pincée.
Un paysage musical où l’on va à la rencontre de l’autre, où l’on abandonne l’implacable temporalité pour se fixer sur un point de fuite chaleureux et arboré, cela reste un luxe précieux.

Lors de son dernier concert à l’Ogresse (Paris 20ème), un violoncelliste (Gabriel Mimouni) était de la fête, parsemant de touches lumineuses et délicates les mélodies saturées de bonheurs simples d’un artiste en état de joie pure. Défilent sous nos yeux les films sépia de notre enfance, en costume de Mardi Gras, des confettis pleins les cheveux. Un premier baiser, puis un second sous une pluie battante, en plein été. Et le soleil qui se glisse entre les doigts.

Écouter Paul van Eersel, c’est s’inonder du bonheur de vivre, à en perdre haleine.

NDA: l’expression “folk afro-belge” est sous copyright @Paul van Eeersel