JOON MOON – “Moonshine Corner” : néo-soul virtuose

JOON MOON
A quoi tient une belle rencontre ? AU parfait alignement des astres ? A Une foi inébranlable en sa chance ? A La consommation effrénée de trèfles à quatre feuilles ? A tout le moins, il aura fallu un goût commun pour une musique aérienne, sensuelle – beauté fragile d’un air fredonné à fleur de lèvres – pour que le power groupe JOON MOON DEVIENNE INCONTOURNABLE.
JOON MOON
@Eric Nocher

A l’origine, il y a ces géants qui s’ignorent, que sont Krystle Warren, Julien Decoret et Raphaël Chassin.

Warren, on l’aime depuis son premier album Circles (2009) : tension capiteuse, phrasé précis, mélodiste blues surdouée.

Decoret, c’est un peu l’homme de l’ombre, dont on admire l’œuvre sans vraiment le (re)connaître. Membre du groupe Nouvelle Vague, il a également co-produit l’album Bamby Galaxy de Florent Marchet.

Si on ajoute le batteur, Chassin, et son touché vintage (on lui compte nombre de collaborations avec Tété, Vanessa Paradis, Hugh Coltman), on obtient le combo parfait.

JOON MOON
@JoonMoonFacebook

Au fil de l’écoute de leur premier album, Moonshine Corner, on découvre des titres à la justesse cristalline, à l’instar de Call Me, dont les touches de piano se déposent délicatement sur nos mélancolies. Help Me s’impose, marche fière au groove sexy, à faire frissonner le plus intransigeant des auditeurs. Crash pourrait devenir la BO du prochain James Bond, par son timbre feutré, et son orchestration à flux tendu, limpide, sobre.

Cet album semble compulser le meilleur de la soul des 60’s-70’s et la pop du début des années 2000. On retrouve la charge émotionnelle de Radiohead, la sérénité tellurique de Neil Young, harmonisés par la langueur rock d’une Krystle Warren qui parvient à instiller, à chaque vers, autant de puissance que d’attraction.

Pas une minute de répit avec ces rythmiques précises et précieuses, pas un silence laissé au hasard ; la beauté d’une rencontre, c’est aussi tout l’éclat inespéré qu’elle permet de créer. La beauté d’une rencontre, c’est assister à la naissance de ce que l’on attendait plus.

Un album auprès duquel passer les longs mois d’hiver, imperméable à tout sauf au précieux temps présent.

 

Moonshine Corner, JOON MOON (Kwaidan Records)

ORACLE SISTERS – « ALWAYS » : pop nostalgique

oracle sisters2
A la découverte dU groupe alternatif pop, Oracle Sisters.

oracles sisters 3

J’aime St Malo, sa lumière, ses ruelles pavées. J’y apprécie ce sentiment ténu d’y être protégée par un cocon d’air marin et d’intime battu par les flots. Il y a une douceur mélancolique à parcourir la muraille : si j’y suis parfois attaquée par un goéland myope, je reste éblouie par l’énergie tranquille de la ville.

C’est avec cette sensation émue que, dans le titre Always du groupe Oracle Sisters, je retrouve tout ce bliss océanique, ces ondulations garage, cette voix à la désinvolture joyeuse.

Enregistré dans un studio près du Canal St Martin, à Paris, on éprouve toute la volupté de cette mélodie fredonnée au fil de l’eau : malicieuse, éperdue de vie, on ne peut que tomber instantanément amoureux de cette esthétique pop alternative, émaillée de riffs de guitare aérien et désarticulé (on parle de jangle pop). On songe à l’impertinence de Mac DeMarco et Boy Pablo, au flow enjôleur de Connan Mockasin.

oracle sisters

Tourné en Finlande, le clip témoigne d’une vraie-fausse tournée, dans un style inspiré de l’œuvre de réalisateurs tels que Aki Kaurismaki et Wes Anderson. On appréciera le grain de la vidéo, oscillant entre un film sulfureux des 70’s et le marivaudage indé de Truffaut.

C’est la ville de Bruxelles qui a abrité l’amitié de Lewis Lazar et Christopher Moore, qui ont grandi en partageant leur passion pour la musique. Leurs voyages et parcours respectifs innervent leurs compositions, qu’ils débutent à Paris en 2017, rejoints par Julia Johansen (chant et batterie), puis par Jérôme Goldet, musicien accompli (basse, production).

Si, comme moi, vous les avez manqués à l’Olympic Café – haut lieu de toutes les découvertes – il est temps de suivre passionnément les sorties à venir de ces faiseurs de mélodies rêveuses et nomades.

https://www.facebook.com/oraclesisters/

Images@Oracle Sisters

Brace ! Brace ! : pop music is back in town

Vous pensiez que la bonne pop, c’était du passé ? Vous aviez tort.

Près d’un mois que leur premier EP est sorti chez Howlin Banana Records, et pourtant, je ne découvre que maintenant le quartet Brace ! Brace ! un peu à la manière d’un chercheur d’or, pas peu fière de ma trouvaille pop-barrée.

On pourra très certainement me surprendre à danser au ralenti sur la merveille Station Walls, m’électriser sur le quasi-symphonique Ominous Man, flirter sur Wobbly Legs. Le quartet parvient même à nous faire renouer avec le potentiel de séduction des synthés sur Tease (j’ai failli entonner Say you, say me dessus, pour vous dire).

Il y a une désinvolture studieuse dans ces mélodies qui finissent toujours par dérailler avec superbe,  dans ce phrasé que ne bouderait pas Damon Albarn, dans ce paysage pop-luxuriant qui ramène à Grizzly Bear et Deerhunter, la rocaille en plus. L’hiver s’annonce brûlant.

Ps : ci-dessous, l’album COMPLET en écoute sur Youtube. Praise the banana.

Brace ! Brace ! Brace ! Brace ! (Howlin Banana Records) – Release party à Le-Pop-Up-du-Label le 1er décembre 2018.

 

Crédit image @Coline Gascon

“I have sinned” par Raoul Vignal : de la beauté

A la découverte de la révélation folk de la saison

J’ai découvert Raoul Vignal lors d’une de ces nuits sans sommeil qui vous laissent un peu hagard le long du flux continu des réseaux. Under the same sky, révolution soyeuse, comme bercée par le souffle de toutes nos mélancolies. Sa guitare était là, tout près de mon oreiller, à égrainer les arpèges tel un chapelet de prières silencieuses adressées à la lune. Un mouvement longuement éprouvé, désormais ritournelle incandescente.

Mais il n’y a pas de hasard, dans cette rencontre, sa musique arrivant en terrain largement conquis : Nick Drake bien sûr, mais aussi Piers Faccini et José González, de ces hommes-mélodies dont les balades semblent affleurer au fil de l’eau. A chaque titre, une douceur liquide, évidente et transparente dans cette atmosphère en clair-obscur. Des effluves capiteuses et denses, que l’on a plaisir à retrouver dans I have sinned, extrait de Oak Leaf, nouvel album de l’artiste lyonnais.

En plus de tomber en amour pour Raoul, on retiendra l’exceptionnel label Talitres, dont le catalogue sera l’occasion de digger des pépites incontournables…

Oak Leaf, Raoul Vignal (Talitres) – Sortie le 16.11.2018

En concert le 30 novembre 2018 au Walrus (Paris)

Crédit photo @Anne-Laure Etienne (unspokenimage.com)

“L’Odyssée” de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan

Pour renouer avec le free-jazz…

 

Écouter L’Odyssée, nouvel album de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan, c’est assister à la noce inespérée entre un big band endimanché et des expérimentations pop-funk fulgurantes (à l’instar d’Haemophilus Aphrophilus, grand-messe transcendantale).

Bassiste, compositeur émérite, Fred Pallem a réussi le pari fou de réunir près de 17 musiciens (cette année, l’orchestre fête ses 20 ans) pour mener l’objectif commun le plus utile qui soit : diffuser un groove irrésistible, luxuriant, dont l’intérêt majeur est de rétablir la connexion entre le son, l’auditeur et ses tripes.

Au cœur d’une transe 70’s (L’Enfant dans la jungle urbaine), on retourne aux origines (Le village du sorcier), on s’imprègne de mélodies inspirantes, à l’élégance surannée (Death and life of a suburban guy) et on laisse résonner en soi des pulsations universelles.

Avec ce nouvel opus, sorti le 5 octobre dernier chez Train Fantôme, il est question de couleurs, de températures et d’ambiances : chaque titre se détache comme autant de touches supplémentaires ajoutées à une toile débutée en hommage aux grands (magnifique L’Odyssée).

Immanquablement, on semble retrouver la mélancolie grandiloquente d’un Morricone, l’esprit précurseur de l’afro-beat des 80’s, le génie d’Ornette Coleman, voire l’audace de Genesis…autant de références dont l’œuvre s’émancipe pour mieux leur rendre hommage. On ne s’en remet toujours pas. Et, bientôt, vous non plus.

L’Odyssée, Fred Pallem & Le Sacre du Tympan (Train Fantôme)

En concert le 9 novembre 2018 à LES GÉMEAUXScène nationale de Sceaux + release party le 24 janvier 2019 à la Gaîté Lyrique.

 

Crédit image@Fred Pallem & Le Sacre du Tympan

Le Son by Les Gens Pressés #2

yes.gif

Enfin !

Tout chaud, bien barré, fièrement indé, follement éclectique comme un frigo post réveillon de Noël, la playlist est de retour pour un deuxième round !

Le rendez-vous sera désormais mensuel et vos recommandations sont bruyamment attendues.

La thématique de ces 16 titres sélectionnés tendrement, comme un cubi chez Lidl une fin de mois : l’amour sexy/collant/fiévreux/distant/sur la fin/ébloui/gênant/apaisé.

mindy.gif

A vos casques…

 

 

Le Son by Les Gens Pressés #1

J’apprécie la compagnie des objets sonores singuliers, de ceux qui donnent du relief à chaque instant du quotidien, lequel muterait soudain en une sorte de clip permanent…oui, j’aimerais vivre dans un épisode de “Glee” le temps d’une journée, mais c’est une autre (longue) histoire…

glee directeur gif.gif

Du coup, voici la toute première vraie bande-son des Gens Pressés: élaborée sans aucun fil conducteur particulier cette semaine, si ce n’est la touche “aléatoire” de la bibliothèque musicale universelle, je vous ai sélectionné seize titres pulsants, inattendus et habités, loin du potage mainstream (même si un petit minestrone peut avoir du bon, parfois, hein).

soupe gif.gif

Selon votre ressenti à vous, cher(e) lectrice/lecteur/passant(e), ce pourrait devenir un nouveau rendez-vous bi-mensuel, mensuel, avec ou sans thématique…j’attends donc vos retours avant de plancher sur la prochaine!

 

 

NIGHT KNIGHT / “GOD IS A MOTHERFUCKER”: FIRST ALBUM

Sooner than expected, Athens will have the duty to erect new deities statues. What the f*?, you’re asking? I’m talking about Night Knight, one of the most exciting rock release of the season.

1

Since the first listening of Nadia, the space is totally gathered by Manolis Giannikios’s virtuoso drums, symbiotic with Serafeim Giannakopoulos (vocals and guitar), Stelios Provis (vocals and bass) and Minas Liakos (guitar).

The band offers a soft and genuine rock, luminous. Each melody remains thoroughly chiselled, making a point of giving a particular place for each instrument. Listening to Set it on fire, you can’t feel anything but your heart beating harder and tears in your eyes, instantly. The fault is in those songs, which radiate friendship and an uncanny tenderness for good sounds.

Their first album, God is a Motherfucker, will be release this January 29 (Inner Ear Records). In advance, I’m shivering as it is so certain the audience will levitate when heard in live. Beware, upcoming masterpiece here!

Tracklist:

1.Born Again

2.Turned back blues

3.Us

4.Between my legs

5.Crystal rivers

6.The story of a fool

7.God is a motherfucker

8.Hang me out to dry

9.Turn back time

10.Nadia

11.Set it on fire

NIGHT KNIGHT / “GOD IS A MOTHERFUCKER”: PREMIER ALBUM

Athènes devra bientôt ériger de nouvelles statues de divinités. A qui l’honneur? Night Knight, la découverte rock la plus excitante de la rentrée.

1

Dès l’écoute de Nadia, l’espace est complètement rempli par la batterie virtuose de Manolis Giannikios, en symbiose avec les riffs et élancées vocales romantiques de Serafeim Giannakopoulos. Minas Liakos (guitare) et Stelios Provis (voix et basse) complètent le (beau) tableau.

2

Le groupe offre un rock authentique, lumineux, d’une incroyable classe. Chaque mélodie est minutieusement ciselée, en mettant un point d’honneur à offrir une place de choix à chaque instrument. Ces titres là respirent l’amitié, une tendresse inouïe pour le bon son.

Leur premier album, God is a Motherfucker sortira ce vendredi 29 janvier chez Inner Ear Records. De mon côté, j’ai installé ma chaise longue en face de chez eux pour les convaincre de jouer en France, très, très bientôt, vous voyez le genre?

Tracklist:

1.Born Again

2.Turned back blues

3.Us

4.Between my legs

5.Crystal rivers

6.The story of a fool

7.God is a motherfucker

8.Hang me out to dry

9.Turn back time

10.Nadia

11.Set it on fire.

Sam Dew / Premier EP “Damn Sue”

Sam Dew fait partie de ces artistes dont on est fier de parler lorsque sa notoriété explose enfin. Son style, l’imagerie qui l’accompagne, ses textes, autant d’éléments qui participeront à bâtir sa légende.

1

Le natif de Chicago a déjà écrit pour Rihanna, Jessie Ware, Mary J Blige, collaboré avec Skrillex. Ses influences vont de Curtis Mayfield à Hans Zimmer, en passant par Radiohead et Nine Inch Nails.

Auteur, compositeur, interprète, il nous offre, selon ses propres mots, une “soul déformée”. Son premier EP, Damn Sue, co-produit par Dave Sitek (TV on the Radio) ramène à ces diverses influences, nimbé d’un indéfinissable bliss.

3

Sam Dew nous offre ses amours rêvés et ses désirs sur un plateau. Et en ce lundi, décrété par d’obscures instances, “jour le plus déprimant de l’année”, il est temps d’égayer nos tympans comme il se doit.

 

DAMN SUE Tracklist :

  1. Desperately
  2. Air
  3. Lie
  4. Rewind
  5. Reincarnation
  6. Victor