• La une

    Le dernier verre

    Des mois que je fantasme cet instant : fin de soirée, tout le monde est un peu échaudé par les tournées de bières et de cocktails acidulés. Je note son regard posé sur moi, intense, illuminé un bref instant par la flamme de son briquet chromé. Qu’est ce qu’il peut être beau, figé au milieu du tumulte nocturne. Je me prépare à partir, ou plutôt, je m’agite sur ma chaise en espérant attirer son attention. Tournée de bises générales, y compris au vigile du bar qui ne me connaît pas et me constate d’un air suspect, alors que j’attaque sa deuxième joue, mal assurée sur mes compensées de huit en raphia.…

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    Trouver sa voie

    On la connait tous. Cette personne qui, depuis la maternelle, sait exactement ce qu’elle attend de la vie. Plan de carrière, vie conjugale, ville ou campagne, nombre d’enfants et prénoms attitrés, couleur d’yeux de la nounou, elle a tout prévu. D’ailleurs, elle possède un carnet de bord rempli de cases à cocher. Et plus les années passent, plus les cases sont noircies. Et puis, me voici. J’aurais aimé que trouver sa voie soit aussi aisé qu’au cinéma. En général, le personnage principal ne se pose aucune question : concentré sur son objectif professionnel, déterminé, plein de motivation, prêt à surmonter les obstacles les plus inconcevables. En réalité, tout cela demeure…

  • Credits : Stephanie Hofmann
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    Qu’il est bon d’être une femme…

    J’ai un souvenir très précis du jour où je suis devenue une femme. À dix ans tout rond, un peu par hasard. Jusqu’alors, ce que ma famille m’avait inculqué se limitait au savoir-vivre, sérieux à l’école, respect des aînés, VTT tous les samedis, et à une montagne d’interdits (ô, doigts dans le nez, délice injustement banni). Côté style, j’oscillais entre le Prince de Bel Air, Princesse Sarah et Bob Marley (la fashion police a été créée par la suite). Mes héros étaient Nicky Larson, Pégase (Chevaliers du Zodiaque represent), le Grand Meaulnes, Terminator, la sœur aînée des Cat’s Eyes, et Michael Jackson. A l’école, je me battais, jouais avec mes…

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    Les Gens Pressés sont sur Radio Néo !

    Les Gens Pressés ont poussé les portes de la radio associative Radio Néo depuis le mois de septembre, dans le cadre des émissions Chaos et Chaos sur le Ring. Désormais, mes nouvelles chroniques entendues dans Chaos sont à (ré)écouter en podcast, sur tout support et en toutes circonstances  : tablettes, mobiles, voiture, trottinette, soirée, fin de soirée, gueule de bois, walk of (no) shame, after party malgré la gueule de bois et walk of shame, finalement, oui… A intervalles (ir)régulières, vous pourrez également savourer ma défense acharnée d’un album que j’ai aimé (et, corrélativement, descendre tous les autres !) dans Chaos sur le Ring, également en podcast. Bonne écoute, et…

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    [J’ai testé pour vous] Tomber amoureuse

    A force d’être agressée physiquement par des posters géants Meetic, d’être l’objet de dîners avec « invité surprise » (il suffit de visualiser l’enfant qu’auraient pu avoir Edward aux mains d’argent et le chanteur de Slipknot pour identifier le prétendant qu’on m’a réservé…non, imaginez juste le chanteur de Slipknot, en fait) de me sentir paria à ma propre fête d’anniversaires où même la salière et le poivrier sont assortis, de constater que mon chat était dans une relation stable en trouple avec la siamoise borgne du 6ème et le chartreux mythomane du 1er,  j’ai décidé, moi aussi, de tenter ma chance au grand bingo du love. D’office, j’ai éliminé l’étape Tinder. Bien…

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    Un peu moins aujourd’hui qu’hier

    AUJOURD’HUI Je n’avais pas l’envie. D’attendre, de t’attendre, de te voir hésiter, faire un bout du chemin sans y croire, si lentement. Je n’avais pas la force. Te savoir. Avec elle. Toi, du haut de ton piédestal démesuré. Bâti de mes propres mains. Je n’avais pas l’attention. Déficit chronique, digne conséquence de ton regard. Ces yeux-là, mon Dieu. Je n’avais pas la patience. Comme si chacun de mes mots – épurés, hésitants, condensés – provoquaient effroi et malaise. Je n’avais pas la bonne distance. Venir vers toi, c’était comme une de ces épopées solitaires. On s’y perd autant qu’on réapprend à éprouver son endurance. Que je n’ai pas. Je n’avais…